SCÈNE XII
Les Mêmes, £AMUSEAU, LUCIENNE.
CAMUSE AU, s’élançant ponr contenir Médard et Verpillon qni brandissent chacun une chaise, et s'cn menacent*.
Àbl ah! on se dispute.
PRUDENCE
Le blanchisseur! (Médard et VerpiUon ont remis les chaises où elles
étaient.)
CAMUSEAU.
Avance, Lucienne... n’aie pas peur!
MÉDARD
Oh! c’est mademoiselle Lucienne!
LUCIENNE
M. Médard! Tiens, comme vous ôtos drôlement fagoté ! Vous n’êtesdonc plus dans le bâtiment?
MÉDARD
Non. (Avec importance.) Je suis dans l’arithmétique!
Vous vous connaissez?
- MÉDARD
C’est Mademoiselle qui rapportait le lingo chez M. Tonquin, l’entrepreneur de bâtisse I
LUCIENNE
Mais, Papa, pourquoi que vous m’avez amenée ici ?
CAMUSEAU.
Je t’amène ici parce que M. Gaillard m’a parlé d’un mariage pour toi !
TOUS, moins Prudence-
Un mariage?
* Prudence, Médard, Camuseau, Lucienne, Verpillon.
VERPILLON.
Ce no peut être que pour son fils : il songe déjà à l’établir!... excellent père!
MÉDARD
Ça me va, moi! j’épouse!... Et vous, mam’zelle?
LUCIENNE
Je ne vais pas à l’encontre !
. camuseau *.
Moi,}’v vas à l’encontre ! (a Médard.) Il ne s’agitpas de vous... mais de M. Gaillard, qui veut se marier pour avoir un rejeton !
MÉDARD
C’esl bien hardi!
VERPILLON.
Ton père est un vieux fou!
CAMUSEAU.
Mademoiselle Prudence vous le dira.
LUCIENNE
S'il est vieux, je n’en veux pas!
MÉDARD
Très-bien ! je m’oppose au mariage dans l’intérôt de Papa !... Il en aurait des repentirs!
PRUDENCE
Co matin, M. Gaillard désirait un fils... mais, à présent qu’il en a un...
CAMUSEAU.
Il a un héritier?
VERPILLON.
Lejeune Médard... que voilà!
MÉDARD
Depuis ce matin !
Un fils qu’il avait oublié... et qu’ila retrouvé sur une échelle! LUCIENNE.
Je ne veux épouser que le jeune !
* Pmdenrft, Médard, Camasean, I.nrirnnu, Vorpillnn.
PRUDENCE
Elle a raison, cette petite! Ainsi, filez, Camuseau! on n’a plus besoin de vous 1
CAMUSEAU.
J’ardon... mais, tant que je n’aurai pas vu M. Gaillard et ' qu’il ne m’aura pas congédié...
PRUDENCE
Ce ne sera pas long : le voici!