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fini tant que je suis yivaut I A cheval mes amis! à Naples ! à Naples.
— A Naples ! cria toute la troupe.
Et le prince , enfonçant l'éperon dans le ▼entre de son cheval, partit comme la foudre suivi par deux cents cavaliers.
On verra dans le chapitre suivant la catastrophe, qui mit fin au règne de M. de Guise , et la suite de ses aventures.
tandis que M. de Guise prenait Nisita , Gennare Annese avait donné avis aux Es* pagnols de son absence , et leur ouvrait la porte d'Albe. Don Juan d'Autriche et le comte d'Ognate , nouveau gouverneur nommé par le roi , entraient avec toutes leurs troupes à la faveur de la nuit. En quelques heures Naples fut entièrement reprise. Mateo d'Amore et plusieurs com* mandants français se firent tuer à leurs postes. M. de Forbin et quelques autres coururent au-devant de Son Altesse à travers les balles espagnoles. Le prince les rencontra comme ils sortaient par le fau-> bourg de Ghiaia. Un régiment royal les suivait de près. On rebroussa chemin à la
hâte. Des Essarts proposait de gagner le Pausilippe et de s*enibarquer pour Rome.
— Je croyais que tous étiez mon ami»
répondit M. de Guise.
Et il ne fut plus question de fuir. On suivit les murs de la ville au milieu d'un feu terrible, qui abattit beaucoup de monde.
En arrivant à la porte fie Noie, Son Altesse n'avait d'autre . escorte que ses gentilshommes français. Deux Bohémiennes se présentèrent en dansant avec des contor^ sîODS étranges et crièrent :
— Prison ! prison !
Le prince demeura étonné un moment et répondit ensuite:
^-T Point de prison ! Mais mort ! mort!
Il courut à la porte Capuane ; elle était fermée. Une ciécharge de mousquets ré-r pondit aux cris de Son Altesse. Il fallut se retirer. On arriva aii pont de la Madeleine.
M. de Guise laissa ses hommes derrière lui « et s'avança jusqu'à la statue de saint Jan« vier. De làil ap^çut, au bout d'une rue, lea troupes royales qui défilaient. Il vit son drapeau Jeté k bas du tourjon des Carmes
et te8 couleurs d'Espagne qu'on y arborait»
Il entendit les tambours battre de tous côtés , les cloches en branle et la joie du populaire, qui semblait aussi extrême pour l'entrée de don Jùan d^ÂUtriohe qu'elle l'avait été cinq mois âupai'ayânt à son arrivée. De tristes pensées roulèrent dans la tète du prince. Il resta longtemps immobile à contempler sa chute précipitée ; puis il caressa son cheval et lui dit :
— Celui que tu portes n'a plu6 de royaume , mais c'est encore Henri de Lor^raine ; allons chercher une autre fortune.
M. de Guise salua la statue de saint Janvier et s'en fut rejoindre son escorte* Il forma le ptf'ojet de se rendre aux montagnes et d'y appeler à lui les partisans ; mais le bruit de la prise de Naples s'était répandu dans la campagne, et les dangers Croissaient à chaque pas. On se battait dans les villages. M. de la Botellerie , qui commandait à Giugliano , arriva suivi de douze Français , et chassé par la population. M. de Mallet fut obligé de quitter Averse. Les environs de Naples n'étaient pas plus sûrs que la ville
( lee)
méine, et l'on ne savait où traverser à gué le Yulturne pour gagner le large. Les paysans qui avaient baisé cent fois les pieds du prince en l'appelant leur sauveur, s'assemblaient pour le tuer au passage, et vou^ laient porter sa tête à don Juan; mais la Providence n'aurait eu garde de permettre une telle horreur, et M. de Guise rencontra de ces misérables auxquels il montra un si fier visage qu'ils n'osèrent approcher. Le valet de chambre Caillet supplia le duc de changer d*habits avec lui. Au moment où il mettait sur sa tète le chapeau de Soq Altesse , qu'on reconnaissait aisément par le grand nombre et la beauté de ses plumes, une troupe d'Espagnols parut sur les bords d*un chemin creux où marchaient les Fran^ çais.
— M. de Guise est-il parmi vous ? de* manda le commandant.
— Il n'est pas loin , répondit le prince lui-même.
. Ces hommes tirèrent tous à la fois sur Caillet. Le malheureux tomba , si criblé de })alles qu'il n'eut pas le temps de pousser un soupir.
En traversanl la route d'Averse , M. de Guise aperçut un courrier qui venait de cette Tille. On l'arrêta au passage, et on lui prit ses papiers. Il était envoyé à don Juan par Philippe Palombo, l'un des chefs les plus animés contre l'Espagne , et sur le dévouement desquels Son Altesse avait le plus compté.
— Que pensez-vous de ces Italiens ? dit M. de Guise à ses amis. Leurs basses façons de sentir n'entrent point dans nos esprits.
Je n'étais pas né pour régner sur un pareil peuple. ^
Des Essarts voulait tuer ce courrier ; mais le prince le fit seulement lier à un arbre et poursuivit sa route. On rencontra un détachement déNapolitains d'environ deux cent» hommes. Celui qui les menait vint saluer Son Altesse et faire serment de mouirir avec elle. On mît ces gens à l'arrièregarde, et on se jeta au travers des champs pour éviter les partis qui battaient les chemins. Comme on descendait un coteau d'une pente assez rapide , le prince entendit ces Kapolitains crier: c A mort! à mort les
Français ! • Âu lieu de ftiir , M. de Guise fit ToHe-face et obligea les traîtres à recu-^ ler, puis il partit au galop. Trois fois il exëcuta la même maniBuvre et réussit à mettre ces lâches en déroute complètet On arriva deyant un bois épais et marécageia. Le prince voulut s'y jeter : des fantassins espagnols en gardaient les bords. On reçut leur décharge presque à bout portant; mais ils tirèrent mal , et les Français enfoncèrent le bataillon entier.
Cependant , aux bruits dû combat , reo^ nemi s'amassa sur ce point. Les bois furent cernés de toutes parts. Le tocsin tonnait dajis la oampagne , et les paydons se joi* gnaient en grand nombre aux Sspagnols.
On n'avait plus qu'une demMieue à par^ courir pour atteindre le YuUurne. Il Cailaît marciher k découvert , et le feu de U^ nomh quefcerie devenait effroyable. Le oc^ur du prince saignait de voir que tout le monde avaR quelque Uesaure. Le marquis 49 Chabaa portait ua bras ea écbarpe ; le ebe*' wMttéb Yissedetle avait un trw i Is^ léle$ La Botellerie férvait avec ton moueboif
ane large plaie par où le sang ruisselait de son épaule, et ce« braves jeunes gens faisaient encore des prodiges. Le cheval de
M. de Rouvrou eut les reiiîs cassés.
— Chevalier, lui dit M. de Guise , allez vous rendre aux ennemis et les prier de ma part qu*ils vous accordent bon quartier.
Vous leur montrerez mon écharpe. Elle est aux couleurs de M^^* de Pons.
— Non, par Dieu ! répondit Rouvrou qui sauta en croupe derrière Des Essarts. Je ferai comme les dragons ; je courrai à cheval et me battrai à pied.
Le baron de Mallet roula par terre avec sa monture. Des Espagnols s'allaient jeter sur lui. M. de Guise voylait revenir en arrière et le dégager ; mais ne le voyant plus remyer , il le crut blessé morteUaiQent et continua sa retraite»
Desmarets , aumônier du dii(À> demanda si Son Altesse ne jugeait pas prijulent de se Confesser tout en marchant.
— C'est inutile , répondit M» de Guise ^ je ne vois point que je dOK? e mcwrir , et fai besoin de mon attention pp«tr bien diriger nos manœuvres.
Le feu allait toujours augmentant. Quatre fois le prince sentit des balles effleurer son Yisage ; il n'en parlait pas au bonhomme Desmaretsqui, ne songeant guère à lui'-méme , priait Dieu intérieurement de ne point appeler à lui T&me de Son Altesse dans un moment où elle n'était pas préparée. On se trouva, au détour d'un rocher, en présence de deux cents paysans armés qui couchèrent en joue M* de Guise.
— Altesse ! s'écria Desmarets , Toici YOtre instant suprême. Souffrez que je tous donne l'absolution à tous risques.
Mais le prince avait poussé son cheval hors des rangs, et s'avançant seul , à dix pas de» mousquets, il cria, en accompagnant sa voix d'un geste impérieux où l'on reconnaissait l'Ame altière de son aïeul François:
— Paysans , baissez, les armes ! je vous défends de tirer. Je suis Henri de Lorraine.
Vous m'aimiez encore hier et vous vouiez me tuer! Fi! méchante et vile canaille 1 retournez à vos maisons et ne vous mêlez point des affaires des Espagnols.
Les paysans, dominés par l'accent de Son
Altesse , baissèrent les armes et livrèrent le passage. M. de Forbin , racontant plus tard à la cour cette périlleuse rencontre, disait qu'il ne rêver rait de sa vie un regard aussi beau que celui du prince en ce moment , et que, pour sa part, il s'était cru déjà dans les bras de la mort, tant elle lui avait paru inévitable.
A cent pas de là, on trouva des ennemis rangés sur une ligne fort étendue. M. de Guise , mettant son épée entre ses dents , tua deux hommes avec ses pistolets et traversa au milieu des Espagnols. La rapidité de ce mouvement ayant mis ces gens en confusion , ils tirèrent en différents sens et si gauchement, qu'ils s'entre-tuèrent. Avant qu'ils eussent rechargé leurs mousquets, ce qui était alors une opération fort longue , les Français étaient loin.
Malgré tous ces efforts, la position ne tarda guère à devenir fort critique. Les troupes royales entourèrent M. de Guise si complètement , que la résistance était une folle. Le prince perdit son cheval.Un officier espagnol lui. vint mettre la main sur ses
aiguillettes. M. de Guise le poignarda ; mAH il comprit bien que tout était fini.
— C'est le moment de mourir en gens de cœur, mes amis , dit Son Altesse à haute vbix, non pour les Napolitains qui ne le méritent point , mais pour notre honneur et celui de la France. A présent ^ tirez sur moi , messieurs les Espagnols.
— Ne tirez point ! cria un seigftcur fort empanaché. Croyez-moi , monsieur le duc, il vautinleux être prisonnier que de mourir.
Si ce n'est pour sauver votre vie , que ce soit au moins pour celles de vos gentils^ hommes. Je vous reçois tous à quartier sans vous prendre vos épées. Ce n'est pas d'aiK leursà un Espagnol que vous vops rendrez; je suis le duc de Yisconti.
— Allons l répondit le prince , je vois quil en faut passer par cette extrémité. Je tne rends k cause de votre courtoisie, seigneur duc. Où m'allez-voùs conduire ?
— A Capoue. Veuillez accepter un de mes chevaux.
Chemin faisant, le prince et M. de Yisconti causèrent fbrt amiéalement. Le chevalier
«le Vîsséolette les interrompit dans levât coo)rersalion pour parler à toîx basse à Son Altesse.
— Je TOUS fais mes adieux, dit-il; tua blessure n'est pas dangereuse ; j^'ai une bète d'Angleterre qui court admirablement. Je Tais jouer la ehance de mouril* contre celle d*être libre.
— Tous ne le pouvez point sans me eompromettre , Gheralier : la parole que j*at donnée tous engage comme moi. »
— Votre Altesse a raison. Il faut que je demande à M. de Visconti la permîssioitde m'enfuir.
' Le chevalier s'approcha de Visoonti* .
— Monsieur le duc^ lui dit-il, si l'un de iious essayait de s'échapper, est-ce que vous en feriez reproche à Son Altesse?
— Non , assurément. M. de Guise n'en saurait être responsable; mais gardezrvous de tenter cette folle entreprise, monateur^ car mes hommes ont leurs armes chargées et ils vous coucheraient par terre.
— Je vous remercie, monsieur le duc 4 vous pouvez leur commander le feu ,
car je tous souhaite bonne vie et santé.
Le cheyalier partit comme un trait. On tira plus de vingt coups de mousquet sur lui sans Fatteindre. Au moment d'entrer 4lans un bcHs qui le mettait à couvert, ii agita son chapeau en signe d'adieu et d'allégresse et disparut.
— Tout est possible à vos Français , dit M. de Yisconti. Ce jeune homme a^oué son tour si gentiment,: que je n'ai pas regret qu'on l'ait manqué. Puisse-t-il à présent gagner son pays sans accident !
A Capoue » M. de Guise fut bien joyeux de retrouver le baron de Mallet , qu'il croyait mort et qui était prisonnier comme lui.
M. de Poderigo, gouverneur de cette ville, mit un genou en terre devant le prince, et le reçut avec des témoignages d'estime et d'admiration.
— Il y a longtemps , dit-il , que je brûle de voir ce héros qui nous a dopné tant de peines. Je voudrais partager le malheur de Votre Altesse à la condition d'avoir aussi U moitié de sa gloire.
Le prince embrassa -ce galant homme ,
el Ton 86 milà table où l'on fit bonne cbère. Pendant une semaine qu*il demeura dans Capoue 9 M. de Guisè Téeut aussi agréablement qu'il fût possible avec la pensée de sa mauTaise fortune. Un jour qu'on discourait sur les derniers événements, un ofiîcier qui arrivait de Naples assura que le peuple s'était cru abandonné de Son Altesse.
— ' Pourquoi dire ces choses qui affligent M. le duc? s'écria Poderigo. ri'a-t-il pas assez de soucis d*être prisonnier? N'en croyez rien, Altesse ; il se peut faire que le peuple ait eu cette idée; mais à présent qu'il doit savoir la vérité, je vous réponds qu'il vous regrette.
L'ordre arriva de Naples d'envoyer le prince à Gaïette avec un seul de ses gentilshommes.. On tira au sort pour décider qui l'accompagnerait et ce fut Des Essarts qui eut ce bonheur. La séparation ne se fit pas sans bien des larmes.
— Mes amis , dit M. de Guise en embrassant ses compagnons, si je retourne en France avant vous, comptez bien sur moi pour payer vos rançons, dussé-je vendre pour cela mon argenterie.
Utieesooi^te de douze cayaliért conduisit Son Altesse à Gaïette. Avant d'arriver dans cette Tille , on s'arrêta au bord de la mer pendant les heures ou la chaleur était trop ardente. Ces hommes se couchèrent sous des arbres à la mode de leur pajss , et s'endormirent tandis que les deux prisonniers se promenaient sur la plage. Une felouque aborda ; elle était menée par des Napoli* tains. L'occasion de s'enfuir à Rome était belle. Des Essarts fit tout au monde pour engager le prince à en profiter $ mais M. de Guise n'y Voulut jamais consentir :
— Chevalier , dit*il , c'est une pensée cruelle pour n!ioi que de savoir les gens de Naples disposés à croire que je les abandonnais. Ils en demeureront persuadés Si je me tire ainsi des mains de ^Espagne. Je préfère aller en prison afin qu^on né doute point de ma loyauté. S'il doit m*en coûter la vie , l'histoire dira quelques mots en ma faveur. /
Malgré tout ce qu'il eut à souffï^ir pendant sa captivité , no'us n'âtvons jamais vu que M. de Guise se fût repenti d'avdir tenu
cette noble conduite , bien qu'on le puîMe avec raison trouver aussi foo en cette occasion que dans le reste de sa vie. On le connaît d'ailleurs assez pour ne point s'é-* tonner de le voir agir , sinon nnieuz » du moins autrement que le reste des hommes.
A Gaïette, les choses prirent une tournure fort sombre. On enferma les prison^ niers dans la citadelle , et leurs armes leur furent ôtées. Le commandant don Alvar de la Torre était un brutal. Il leur donna des chambres froides et étroites où le jou^ venait par des meurtrières. Il eut soia d'a^* vertir M. de Guise que la sienne était oo^ cupée la veille par un cousin de Masaniel qu'on avait mené pendre tout à l'heure.
— Le lit ^ dit-il , est encore chaud; mais on en changera les draps , quoique je m'aie reçu aucune instruction à ce sujet.
— Ce début promet , répondit le prince^ et je vois qu'on ne laisse pas à. votre seir gneurie des pouVoit^ fort étendus, puis< qu'oR ne s'en rapporte pointa elle-dâlns ces simples détails. Çà ! dites-moi , don Alvar , est'il besoin d'envoyer à Naples pour sa?
voir si TOUS pouvez me donner à manger?
- Le commandant fit une méchante grimace et sortit. On apporta un diner exécrable dont les prisonniers jetèrent la moitié par la fenêtre. Gomme ils demandèrent des livres , on leur envoya la Préparation à la mort 9 du savant Érasme, et V Histoire du prince Conradin, avec la relation de son supplice et de ses derniers moments^
Des Essarts en devint pâle et ne voulait pas ouvrir ces volumes; mais M. de Guise le rassura du mieux qu'il put, en lui disaat que, si véritablement on avait dessein de les faire mourir, on ne s'amuserait pas ainsi & tâcher de les effrayer. II prit ensuite TEistoire de Conradin et en fit lecture à haute voix. Don Âlvar, qui Técoutait , lui vint demander insolemment s'il ne pensait point que le trône de Maples lui porterait malheur comme à celui dont il lisait les aventures.
/ — Je pense , répondit le prince , que ce sont là des questions d'État qui ne regar^ dent pas un officier d'aussi. bas étage que vous. .
Il n'était pas de moyens que ce don Al* Tar n'employât pour vexer ou incommoder ses prisonniers. Il entrait à toute heure du jour et de la nuit dans leurs chambres et Tenait voir s'ils ne cherchaient point à s'évader. M. de Guise avait naturellement peu de patience; il menaça cet homme de le battre, et lui jeta un flambeau à la tête , dont il faillit Fassommer. Le résultat de ces querelles fut que le prince mena une vie fort dure. La chère devint si mauvaise qu'il ne pouvaifpresque plus manger.
Henri de Lorraine était en plus grand péril qu'il ne le croyait. Le conseil de la vice-royauté délibéra sur ce qu'on devait
faire de lui. Le comte d'Ognate et les conseillers collatéraux opinèrent pour la mort« à l'exception du vieux duc de Tursi , qui se souvenait de^ bons procédés que Son Altesse avait eus pour lui; Cependant l'arrêt eût été prononcé si don Juan, d'Autriche ne s'y fût déclaré contraire.il représenta qu'on ne devait point faire tomber la tête d'un prince sans écrire au roi d'Espagne, et prit sur lui la responsabilijlé du délai. Tandis
qu^on expédiait un courrier à Madric1 1 don Juan envoya son secrélaire àQaïettede^ tnander sî M. de Guise, n'avait point envie de présenter un mémoire écrit pour sa défense. Son Altesse répondit parle billet suivant :
« Vous êtes prince comme moi , et fort désireux de gloire. Si l'occasion s'offrait à vous , de faire comme j*ai fait , vous n'késiteriez point. Descendez donc en vous-même et me jugez selon votre grand cceur. Ne voulant m'abaisser jusqu'à demander la vie k personne , je ne vous dirai pas comment j'agirais en votre place. Je suis absous au tribunal de ma conscience et à celui dii moiide; quelle justification pourraîB^je dpno donner? C'est de la politique espagnole que mon sort dépend , et je la connais mal , ayant l'âme française. Quel que soit l'arrêt du conseil , je vous prie de croire à l'admiration pour vos belles qualités et à l'estime particulière de votre aGRectiqnné
» Henri de Lorraine. »
Un second courrier porta cette épUre à Madrid , accompagnée d'une lettre où don Juan suppHait le' roi de prendre en conû* dératiod le grand nom, le courage et le cfl* ractère aimable du prisonnier. Il ajouta que 81 on condamnait H. de Guise^ il en anrai t un remords éternel ^ comme s'il l'eût tué de ses mains. La réponse fut longtemps à venir de la cour d'Espagne , en sorte que le prince demeura deux mois à GaïeUe dans une incertitude qui dut lui être fort pénible* . Lorsqu'on apprit ^ en France , la chute de Henri de Lorraine , un c^i général d'indignatîon s'éleva contre M. de Masarin.
Son Altesse Royale Gaston d'Orléans, qui venait d'épouser en troisièmes noces Mii« de Giâse, fit des plaintes à la reine et demanda qu'au moins on ne laissât pas périr son beau-frère. M. le cardinal avait de la ré* pugnance à prendre des partis énergiques, mais non pas à mener les a£EaireS par négociations. 11 fit tout au monde pour se* courir dans son malheur cdui qu'il avak abandonné , puissant et heureux. On pria le pape d'intervenir, et on écrivit k Phi-