MAISON A VENDRE
Le lendemain, à midi, Macdougall, le front tout chargé des soucis de la veille, descendit de son appartement de garçon pour visiter les marchands de pierreries dans Sakeville-Street. En passant devant le monument de Nelson, il tomba dans les mains d'Albin de Servian. Exclamation d'usage entre les deux amis. La joie dépensée à cette rencontre suspendit le flux et retlux des passants.
— J'arrive àl'instant, et j'allais chez vous, dit Albin ; je vous croyais encore en Amérique; j'allais prendre des informations auprès des gens de votre maison.
— Ce cher Albin ! dit Macdougall en regardant son ami de la tête aux pieds, comme le voilà daudy ! J'ai reçu votre lettre en débarquaut, et vous aviez raison, je ne vous aurais pas reconnu. La santé maintenant est bonne, j'espère?.. Il y a encore un peu de pâleur sur le visage, mais cela vous va bien avec cette moustache noire. .Moi, comme vous voyez, je suis toujours un gros garçon, bien réjoui. En mer, nous faisions trois repas. A chaque repas, de la viande fraîche et du clairet à discrétion... Ah çà! vous arrivez à propos, vous me servirez de témoin.
— Vous avez un duel? dit Albin avec une physionomie bouleversée.
— Oui, avec une femme!
Et Macdougall, satisfait de son esprit, foudroya les passants arrêtés d'un éternel éclat de rire en si bémol; puis ajouta dans un entr'acte :
— Vous serez mon témoin au temple, dans sept jours. Je me marie dans sept jours... Eh! que ditesvous? je mène lestement la besogne, n'est-ce pas?
Tout le plan du jeune comte de Servian menaçait d'échouer par sa faute, à ce moment suprême. Albin le sentit. Par un effort énergique de volonté, il se donna le courage du post-captain qui va mettre le feu aux poudres et faire sauter son vaisseau, et riposta par l'éclat de rire le plus faux qui ait agité la poitrine d'un diplomate au désespoir.
— Dans sept jours, cher Macdougall, dit-il, vous vous mariez ! Vous menez les choses rapidement et sans vous arrêter en chemin. A-t-on publié vos bans au district?
— C'est fait, mon cher Albin, j'ai une licence spéciale. Il y avait à choisir entre vingt et un jours et une semaine, mais ma belle épouse a choisi la semaine.
— Le fat de Macdougall ! comme il dit cela d'un air triomphant!
— Que le diable me caresse, si je mens ! au reste, la belle veuve vous le dira elle-même de sa belle bouche; alors vous le croirez.
— Oh ! les femmes ! dit Albin d'un ton singulier.
— Eh bien ! quoi, les femmes! que trouvez-vous là d'étonnant, Albin ?
— Moi, rien ne m'étonne, Macdougall, rien... surtout avec vous. Depuis longtemps vous êtes habitué à tous les genres de bonheur... Ahisi, dans sept jours vous voilà marié.
— Oui, mon ami, dans sept jours.
— Eh Lien! mais sept jours, c'est demain.
— Oh ! non, mon cher Albin, j'ai bien besoin de ce temps et, ce n'est pas l'embarras, mais j'aurai encore de la peine à tout terminer dans ce court délai; mais il le faut, il le faut, mistress Lavinia l'a décidé ellemême, et dussé-je doubler la semaine, en ne pas dormant, je serai prêt.
— Lacorbeille de noces est-elle achetée, Macdougaîl ?
— Toutes nos emplettes sont terminées... ou à peu près.
— Eh bien ! alors, Macdougall, vous trouverez encore vos sept jours trop longs.
— C'est que vous ignorez ce qui m'arrive, mon cher Albin.
— J'ignore tout; il y a deux heures à peine que je suis à Dublin. Que vous arrive-t-il?
— Une catastrophe, Albin ; rien que cela... ma petite maison de Phœnix-Park est mhabitable.
— Celte charmante maison que vous avez fait meubler? ce bijou?., inhabitable?..
— C'est un vrai lac, mon cher Albin ; l'emplacement devait être mal choisi; il y a sans doute des inaltrations du grand canal de la ville. Bref, c'est inhabitable. J'avais dépensé là, pour ameublement, deux mille livres au moins. Tout est perdu.
— Que me dites-vous là, Macdougall ? dit Albin en s'arrêtant au milieu de la rue, connne cloué sur le pavé par l'étonnement. Ah ! maintenant, je conçois votre embarras... et qu'allez-vous faire? avez-vous\m projet? Si vous appelez les maçons à votre aide, vous vous marierez dans un an.
— Diable ! cela n'amuserait pas trop Lavinia, cher Albin; ellequi, déjà, aime mieux septjours que vmgtetun.
— 11 faut cependant que vous preniez un parti.
— C'est ce que je me dis depuis hier, et je cherche comment je pourrai me tirer d'affaire, mais je ne trouve pas.
— Mon Dieu ! pourquoi mettez-vous votre esprit à la torturo, mon cher Meicdougali? votre appartement de Saheville-Slreet est très-convenable, très-décent, pour de nouveaux mariés.
— Y songez-vous, Albin ? j'y étouffe, moi, et je suis seul. Trois pièces larges comme la main et meublées d'échantillons de canelle, de poivre, de campeche, de girofle, de sang de dragon !
— Oui, c'est juste, je me le rappelle maintenant, dit Albin en s'arrètant comme pour réfléchir, en regardant le pavé, et il simulait très-bien la réflexion ; s'il eût pu le voir, en ce momentson père aurait étécontent de lui.
— Voyons ! queferiez-vousàmaplace, cher Albin?.. Notez bien que vous n'avez que sept jours devant vous.
— Ma foi ! cela ne s'improvise pas, Macdougall... il faut voir... il faut examiner... Dul)iin ne manque pas de maisons...
— Oui, Albin, mais je ne puis prendre une maison au hasard ; il me faut une maison choisie, une maison ad hoc...
— Je comprends... je comprends, dit Albin, toujours de plus en plus absorbé par ses réflexions ; une maison qui ne soit pas une tente de passage, une hôtellerie d'un jour; une maison qui ne vous expose pas aux ennuis d'un déménagement dans la lune de miel; une maison que vous puissiez garder.
— Justement, Alhin.
— Écoutez, Macdougall, dit Albin en relevant vivement son front, comme s'il eût reçu une inspiration soudaine, écoutez; nous voilà dans le voisinage de l'office de Dublin-Chronicle ; achetez quelques numéros de ce journal et lisez les annonces de la semaine. Vous trouverez peut-être quelque chose à votre convenance. Les annonces disent tout. C'est une grande chance que vous oflTre le hasard.
— Bien pensé, Albin... où est l'oflice?
— Là, au coin de la rue, à vingt pas. Macdougall entra au bureau, et sortit avec les derniers numéros de Dublin-Chronùlc.
— Mettons-nous un peu à l'écart, dit Macdougall, là, devant la grille du Square, et parcourons la série des immeubles àvendre... A vendre... maison àquatre étages pouvant servir d'usine.,, maison garnie, ancien h ôld du Lion-Rouge... maison avec les eaux du canal... Merci!.. Maison d'éducation avec dortoirs... etc., etc., etc.. Tout dans le même genre... Ah! voici peut-être quelque chose !. . Maison meublée avec joli jardin et cottage, 21, Saint-Martin square...
— Je n'aime pas les logements sur les squares j moi, dit Albin... ce n'est pas assez animé; on ne voit passer personne dans la rue.
— AJi ! nous ne sommes pas du même avis, dit MacdougalL.. j'aime le calme, moi, quand je dors le matin... et puis, quand on se marie avec une jolie femme, il y a toujours assez de passants dans la rue... Au reste, qui nous empêche de voir cela ?
— Voyons cela, si cela vous amuse, dit Albin d'un air indifférent ; Saint-Martin square est ici tout près.
XXIÏ.
LE PROPRIÉTÂIEE.
La maison indiquée par l'annonce du journal avait une fort belle apparence. Elle était séparée des maisons voisines par deux pi'tites cours. Les deux façades principales regardaient le nord et le midi : exposition la plus désirab'e. Un toit conique, couvert d'ardoises vertes, donnait à cette maison une physionomie pleine de gaieté.
LE DERNIER FANTÔME. \iO
Un gilet rouge, animé par un valet de pied imperceptible, ouvrft la porte au troisième coup de marteau, et introduisit Albin et Macdougall dans un salon, du côté du jardin.
Le gilet rouge sortit en indiquant, avec ses maaches, qu'il allait avertir le maître de la maison.
— Ma foi ! dit Macdougall , voilà un salon délicieux. Cette pièce est d'un bon augure pour le reste.
— Ce Macd ugall est étonnant ! dit Albin en regardant un tableau avec négligence. Ce Macdougall s'enthousiasme avec une facilité incroyable! le voilà maintenant à genoux devant ce salon... Il paraît, Macdougall, que vous avez oublié le luxe et le bon goût de votre salon de la maison de Pliœnix-Park.
— Eh bien ! Albin, franchement, je préfère celui-ci.
— 7V la bonne heure ! comme vous voudrez. Certauiement, ce salon est bien ; mais il n'y a pas de quoi crier au miracle.
Sur ces mots, entra le maître de la maison.
C'était un homme d'environ trente-six ans, vêtu avec le plus grand soin, calme et grave dans sa démarche, et dont la figure joyeusement enluminée formait un contraste assez singulier avec le maintien solennel du reste du corps.
— Cette maison est à vendre? dit Macdougall en saluant.
— Oui, répondit le maître, avec la concision économique d'un propriétaire.
Albin, après avoir salué, continuait négligemment rinspection des tableaux.
— A vendre tout de suite ? demanda Macdougall.
— C'est-à-dire après les formalités légales...
— Bien entendu... Vous la vendez ainsi, toute meublée?
— Au choix de l'acheteur... Je ne vous cache pas
que je tirerais mieux parti des meubles, si je pouvais les vendre à pajt... Une maison que j'ai pris la peine de décorer, le mois dernier, de la cave au toit, et que je suis obligé de vendre !... non par besoin... mais par l'effef de ma nouvelle position... Une lettre de Calcutta, reçue le 26 du mois dernier... Mon oncle maternel, Luke Barlow, est mort, et il m'a institué son légataire universel aux Indes... Il faut partir... il faut quitter Dublin, et pour toujours. J'avais meublé cette mai-on en vue d'un établissement. Dans ce monde, on a beau former des projets... ab !
— Enfin, monsieur, dit Macdougall gaiement, si l'héritage a quelque valeur, on peut se consoler de perdre le reste.
— C'est un héritage dans les colonies ; vous savez ce que c'est. Il y a toujours beaucoup à rabattre sur l'estimation des hommes de loi, qui sont toujours intéressés à grossir leurs dossiers. Mon oncle, d'ailleurs, négligeait ses plantations, à ce qu'on dit. Je compte sur une indigoterie qui ne rendait pas mal. Enfin, nous prendrons ce qu'il y aura. Si ma présence aux Indes n'était pas indispensable, je resterais à Dublin ; oh ! bien sûr, j'y resterais!
— S'il vous plaît, monsieur, de nous faire visiter votre maison, dit Macdougall ; Albin, nous accompagnerez-vous ?
— Monsieur, dit Albin au maître de la maison en lui d''signant les tableaux qu'il avait regardés avec une curiosité d'amateur, vous avez là deux eaux-fortes assez belles.
— Elles sont d'Hogarth, dit le maître en mettant le pied sur l'escalier du preinier étage; j'ai quelques autres morceaux assez précieux dans mon cabinet. Mais ce sont là des curiosités que je me réserve dans la vente.
— Eh! des eaux-fortes d'Hogarth, dit Albin en se
dandinant sur la rampe de rcscalier, je crois bien qu'un amateur doit y tenir. Je donoerais, moi, une maison pour ces bagatelles.
— Voici mon "{premier étage, dit le propriétaire en introduisant les deux visiteurs; vous verrez un ameublement simple, mais propre. Personne n'a mis le pied ici... je me suis fait, pour moi, une petite chambre de lit sous la toiture... Eh! mon Dieu! quand on n'a ni femme ni enfants, on est bien partout.
— Voyons la chambre du premier étage, dit Macdougall...
Cette pièce était meublée avec un goût exquis. Il y avait un luxe croisé de velours, de mousseline, de broderies, d'édredon, de soie transparente, de toutes les fantaisies flottante-, inventées pour séduire les jeunes femmes et leur donner l'amour du chez soi. Un parfum léger, doux comme l'essence du cinname, était l'atmosphère de ce voluptueux réduit. En y entrant, tout vous engageait à ne plus en sortir. Pas un coin anguleux, pas une étoffe rude, pas un meuble lourd n'y chagrinait les yeux. Tout s'arrondissait en inflexions suaves, au regard, et sous la main. La lumière, brisée sur le vert mat des persiennes, s'infiltrait dans l'alcôve avec des reflets tranquilles, et tremblait mollement sur les fleurs sans nombre des rideaux.
Albin s'assit dans un fauteuil, prit une pose américaine et promena son lorgnon dans toute la chambre.
— Voilà certainement, dit le propriétaire, la pièce que je regrette davantage... J'avais une idée en la faisant décorer ainsi !.. Hélas !
Le propriétaire parut essuyer quelques larmes, et Macdougall en fut ému un instant.
— Oui, dit-il après sa légère émotion, cette chambre est en effet très-bien...
— Un peu colifichet, dit Albin.
— Monsieur, dit le propriétaire, sans daigne i l'ô-
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garder Alhin, cette critique ne peut s'adresser à moi. C'est le fameux décorateur Barber qui a fait le dessin de cette chambre. Les meubles sont deThorn; les tentures de Lawson. Voilà J'espère, trois Doms connus à juste titre^ et ils ne signent pas des colifichets.
Albin s'inclina, et jMacdougall fit un signe d'approbation en examinant avec son œil, habitué à saisir promplement les moiadres détails, toutes les pièces de l'ameublement, et par un calcul rapide les réduisant à leur juste estimation.
Les autres appartements, quoique décorés dans des proportions inférieures de luxe, étaient en harmonie exacte avec la chambre principale. Macdougall visita tout avec un soin méticuleux; et, sur un signe que lui fit Albin, il modéra sa satisfaction, pour ne pas donner trop d'orgueil au propriétaire, qui, se prévalant de la position qu'il aurait devinée, pouvait lui demander un prix exorbitant.
Macdougall fit le signe qui veut dire, je comprends, c'est juste, vous avez raison.
Le propriétaire avait gardé le jarcÊn pour le morceau final de l'exhibition. Ce jardin ne craignait aucune comparaison. Il était découpé en petites allées capricieuses, formées d'arbres superbes. Le parterre étalait à l'ombre toutes les familles des nobles fleurs. Deux gerbes d'eau jaillissaient sur la terrasse, en réjouissant l'oreille et les yeux.
— Il faut quitter tout cela, dit le propriétaire avec un soupir; oh! la vie est une étrange chose !
— Voyons, messieurs, dit Macdougall en rentrant, asseyons-nops' et causons un peu... Là, sans marchander, à quel prix raisonnable pourrais-je avoir cette maison, si je voulais sérieusement l'acheter?
— Monsieur, dit le propriétaire, en appuyant sur chaque mot avec une lenteur prudente, avant toute autre condition, 3t vu mon prochain départ, je de-
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manderais à être payé comptant... vous comprenez...
— C'est compris, dit Macdougall; cela ne ferait pas obstacle..
— Vous me cédez les meubles? demanda le propriétaire.
— Eh! que ferez-vous des meubles? si j'achète, j'achète tout, meubles et maison.
— iMonsieur, le3 meubles ne me gêneraient nullement; je trouverai toujours à m'en défaire et à un prix avantageux. Mais puisque vous désirez ma maison telle qu'elle est, je vous demande un instant de réflexion.
Le propriétaire se recueillit ; il regarda le })arquet, puis le plafond, et remua ses lèvres , agitées sans doute par im calcul mental.
— Sans marchander, monsieur, dit le propriétaire en faisant descendre ses yeux du plafond, je vous laisserai le tout, meubles et maison, au prix de quatre mille deux cents livres.
Albin de Servian bondit sur son fauteuil et fit une pirouette, en fredonnant un air inconnu: puis, s'inclinant devant le propriétaire :
— Monsieur, dit-il, nous avons l'honneur de vous souhaiter un bon voyage aux Indes... Venez, Macdougall, allons faire un tour de parc avant diner.
— Pardon, messieurs, dit le propriétaire avec une inflexion de voix maligne, veuillez bien me dire lequel de YOQS deux est l'acheteur?
— Moi, monsieur, dit Macdougall.
— Alors, poursuivit le propriétaire, c'est avec vous seul que je dois traiter.
— Monsieur Macdougall est mon ami, dit Albin, et il doit m' être permis, j'espère, de lui donner un conseil, lorsqu'on lui demande quatre mille deux cents livres d'une bicoque qui n'en vaut pas la moitié. ^
— Voulez-vous la faire estimer, monsieur, cette
bicoque ? dit le propriétaire en se levant de dépit, vous me donnerez le prix d'expertise... Ah !
— Parbleu ! si vous nommez les experts, dit Albin en riant.
— Eh bien! je les laisse à votre choix... vous les nommerez, vous... Ah!
— Voyons, dit Macdougall, ne perdons ni notre temps ni nos paroles... Je me connais assez suffisamment en immeubles pour me passer d'experts, moi... Albin, mon ami, je m'entends aux affaires autant que vous, croyez-le bien... Monsieur, à quatre mille livres comptant, vous pouvez me toucher la main.
Le pied d'Albin froissa le parquet.
— Je vous déduirai cent livres, dit le propriétaire, et je ne livrerai pas ma maison à un crown de moins.
— Eh bien! dit Macdougall, pouvez-vous me céder votre maison, dans quatre jours, sous seing privé? Je vous donne votre prix comptant, et nous légaliserons cela, s'il y a lieu, avec votre procureur fondé. Que vous importe ! vous tiendrez l'argent.
Albin fredonnait devant la fenêtre un autre air qui ne peut pas exister.
Le propriétaire consulta de nouveau le parquet et le plafond, puis :
— Dans quatre jours, dit-il ; c'est aller un peu vite.
— Eh ! que risquez- vous, monsieur? dit Macdougall; je suis connu à Dublin, et, ce qui vaut mieux, je vous apporte dans trois jours votre argent... en avez-vous bc'soin demain ?
— Il y a dans le jardin, dit le propriétaire, un hibiscus en boutons, et j'aurais voulu cueillir quelques roses de Chine pour...
— Belle dilliculté! on vous gardera les fruits de votre hibiscus; dans sept jours, je me marie, et je T ous invite à mon bal, si vous n'êtes pas parti.
Les propriétaires gardent un sérieux glacé tout le
temps qu'ils traitent une affaire ; mais, l'affaire conclue et les obstacles détruits, il? s'humanisent, et font des sourires affectueux.
— Monsieur, dit le propriétaire souriant, c'est une vente traitée de gré à gré, à la vieille mode d'Irlande; donnez-moi votre main, cette maison est à vous. Dans quatre jours vous pourrez entrer en possession.
Les deux mains se lièrent étroitement, en guise de paraphe et de signature, et l'achat fut consommé.