COURT ÉPILOGUE
En 4835, dans une fête au village de la Loggia^ chez madame Catalani, on me montra dans un quadrille le comte et la comtesse de Servian : ils étaient dans leur soleil de miel, et leur bonheur réconciliait beaucoup d'hérétiques avec le mariage. A la mt:;:::e époque, tous les soirs, au coup de minuit, au palais
de la noble comtesse Lipona, Pex-reine de Naples, on psalmodiait des histoires de revenants ; et une invitation auguste m'accordait souvent l'honneur d'être l'historien de tous les fantômes. Après deux mois de ces contes nocturnes, j'avais épuisé mon répertoire, assez riche pourtant. Un matin, le comte de Sorviaa me communiqua son aventure de Dublin, et c'est par elle que je terminai mon cours de fantasmagorie. Neuf ans après, le mois dernier, à Paris, j'ai revu au Salon le comte de Servian et sa femme. Ils ont conservé la môme jeunesse et le môme bonheur. La comtesse tenait par la main une charmante demoiselle de six ans, portrait en miniature de la mère: c'est le plus beau produit de race croisée humaine qui se puisse voir. M. de Servian, dont le véritable nom n'a que deux lettres de plus, a lu cette histoire en manuscrit, et en a autorisé la publication,