CHAPITRE PABMIER
ainsi les dévastations de Stone-House. Puis, les décharges reprenant de plus belle, les trembleurs étaient bien obligés de reconnaître que le combat durait encore, mais alors c'étaient les plus sombres hypothèses sur l'issue probable de cette lutte et sur le sort de chaque paddy qui y prenait part.
Cependant le vieil aveugle Sullivan , appuyé d'un côte sur un bâton noueux et de Tautre sur le petit Pat Irwing, parcourait la longue rue de Neath, s'arrétant devant chaque cottage pour prononcer des paroles de consolation. Dans son langage pittoresque, tout rempli d'images et de réminiscences du temps passé , il annonçait la victoire comme certaine , et citait à l'appui de cette opinion une foule de circonstances où se manifestait, selon lui, la prédilection de la Providence pour la cause des opprimés. Il joignait à ces considérations générales des considérations particulières sur le caractère et les habitudes du père, du mari , du frère dont on regrettait l'absence; celui-ci était prudent et prendrait garde de s'exposer inutilement; tel autre, au contraire, avait une hardiesse extrême, mais le grand comte, qui était un père pour les hommes on clan, veillerait sur lui et saurait Tempe- ' d'être victime d'une folle témérité. On
b LE OSUflER IBLAIIDAIS.
écoutait William avec déférence ; sa voix onctueuse ramenait ud peu de calme dans les es-* pràs. Néanmoins ceux qu'il cherchait à encourager ne pouvaient s'empêcher de remarquer que le vieillard lui-même paraissait bien triste, que le son de sa voix, son geste abattu, démentaient ses paroles. Quand on lui en faisait l'observation , William étendait la main vers la demeure du ministre catholique et disait avec yn accent de profonde douleur :
— Ne savez-vous pas ce qui se passe là ? L'Irlande sera sauvée peut-être, mais la race d'O'fiyme sera pkmgée dans le deuil... Priez pour elle.
Et il continuait sa tournée, laissant pour un moment ceux qu'il venait de visiter en proie à de tristes pensées qui n'avaient plus eux-mêmes pour objet.
C'est qu'en effet un nouveau malheur menaçait l'illustre famille si chère à toute la population du voisinage. Julia O'fiyme , à la suite de la terrible scène de la place du marché , avait été transportée à k mense dans l'état le plus alarmant. Le chagrin, des agitations incessantes minaient depuis longtemps déjà sa conslitution; les événements de k veille et ceux de (a journée lui avaient porté le dernier eoup. A peine