CHAPITRE II
tant ne peut, ne doit pas enchaîner votre avenir. Oubliez-moi, laissez-moi achever seul ma triste destinée^ je vous rends vos promesses, vos serments.
Miss Âvondale retira vivement son bras et s'éloigna d'CByrne avec colère.
— Laissez-moi, dit-elle ; je comprends maintenant, pauvre folle que j'étais! Vous ne m'aiitiez pas, vous ne m'avez jamais aimée !
— Moi, Nelly? répliqua Richard avec feu. Ah ! si vous pouviez savoir ce qui se passe dans mon âme !
— Non, vous dis-je! répliqua la jeune fille en comprimant à peine les éclats de sa voix sous son épais capuchon. Si vous m'aimiez, n'auriez-vous pas deviné ce que je suis et ce que je veux? Je m'étais dit, dans mon naïf orgueil, que peut-être mon amour vous compenserait l'injustice de mes aïeux, les crimes de mes parents, la mort tragique de votre sœur, la ruine de vos patriotiques espérances, l'exil, la proscription, la pauvreté. En acceptant ce titre de fiancée, je l'avais accepté avec toutes ses exigences, tous ses devoirs, tous ses sacrifices, et j'étais prête... Mais à quoi bon vous avouer jusqu'où m'avait poussée cette exaltation funeste, puisque vous ne m'aimez pas?
H LE DERNIWK IBLAHDÂIS.
— NeUy, Dieu mTest téoioiii...
— Je ne vous croU plujs, répliqua miss Ayondale avec égarement; eb bien! donc, puisque vous me repoussez, que mon sort s'accomplisse! De nouvelles lettres me sont parvenues ce matin, Ricbard : l'une, de cet hompae qui nous a causé tant de mal; Tautre, de mon père. Sir George m'annonce qu'il est dans le voisinage et qu'il compte me voir aujourd'bui même à Neath ; mon père, de son côté, m'apprend son retour prochain et me presse de consentir à un mariage pour lequel j'ai toujours manifesté une invincible répugnance. Ce mariage, on me l'affirme, pourra seul réparer la brèche profonde faite à notre fortune par le désastre de Stone- House. J'écouterai donc la voix de l'ambition» je me soumettrai aux convenances, j'obéirai à mon père, j'épouserai cet hon^me... oui, je l'épouserai , dussé-je mourir de bonté et d'horreur, le jpur même de mes noces !
— Ne dites pas cela, NeUy, interrompit Richard avec violence, ne m/c dites pas q^e cet infâme assassin pourrait encore devenir... Savez-vous, miss Avondale, ajouta-t-ii d'une voix profonde, que je serais capable de vous tuer?
— Tuez-moi donc, Richard ! la mort se*