CHAPITRE IT. iOl
Oui, VOUS et une autre personne... la pauvre ehère fille ! Mais elle est dans le pays des anges maintenant!
Le fraudeur reprit son outre , sa carabine , et se mit k marcher en avant , tandis que M. O'Byme le suivait en conduisant par la bride son cheval épuisé. Pendant quelques instants, les difficultés du sol rocailleux rendirent toute conversation impossible. Mais bientôt les voyageurs atteignirent un sentier durci par la gelée ou la marche devenait plus commode , et qui, tournant la bftse d*une des montagnes , semblait conduire à des régions plus favorisees*
Néanmoins aucun d'eux ne se pressait de rompre le silence. Irwing était soucieux ; évidemment certaines difficultés auxquelles il n'avait pas songé d'abord se présentaient maintenant à son esprit et le mettaient en garde contre les indiscrétions. De son côté , le prêtre catholique cherchait les moyens d'aborder un sujet pénible et délicat.
— Irwing, dit-il enfin d'un ton mélancolique, avant d'arriver h votre cottage , où nous pourrions être troublés, j'ai d^'importants renseignements à vous demander. Malgré vos fautes passées, dont vous subissez si durement la peine,
lit LE DEMfim WLAin>4I8.
¥Ous n'éCes pas méchant , oomrae vous le disiei tout à l'heure. Vous répoodrez donc avee franchise, je Tespère, aux questions que je vais TOUS adresser. Irwiug, en tous reoeontrant ici par hasard, la pensée m'est venue que tous pourriez me donner des nouvelles de mon maK heureux frère, et... d*une personne qui rac<* eompagne. Me serais-je trompé?
Tom le regarda en dessous d*un air soumoîs, puis fl répliqua résolument :
— Votre frère, M. O'Byrne! Et comment 5aurais^e,moi, pauvre homme, ce qu*est devenu un grand lord comme votre frère? II est en France peut-être, ou bien...
— Ne mentes pas, interrompit Angus avec sévérité; je sais d'une mani^ certaine que Richard est caché dans le voisinage, et vos mes** songes ne serviraient qu'à perdre votre âmè^ sans changer ma conviction. Tenez, Irwing, ajouta*t-il d'un ton plus dou^ , ne craignez pad de vous fier h moi ; je suis venu iei accomplir une mission de salut. Vous n'ignorez pas sans doute quel danger court Richard et quelle condamnation terrible...
La voix lui manqua et ses yeux se rempl***"* de larmes.
— Oui, oui, reprit le paddy avec émc
cHAnTU nr. 111
im déeerleur nous a apporté dernièrement le journal de Dublin , et nous avons tous pu lire k seoteneedela cour des sessions* Qu'on veuille envoyer par dei& les mers un pauvre diable comme moi^ ça se comprend, quoique personne ne puisse afiSrmer qu'on m'a vu tirer un coup de funl ou arracher une poignée de cheveux à qui que ce soit; mais il y a la chose du cottage incendié à * "lelle je n'aurais rien à répondre: D'an Butte ...J, que Jack Gunn et tant d'autres aimit été j — es bons pour être pendus, ils s'y attendaient ^t la nouvelle n'a pas du trop les surprendre ; mais que ces lords de la cour aient osé eondai ner un homme comme le grand comte au si ^plice des coquins et des mendiants^ c'est une v 'ritable infamie ! Ensuite, me direzvous^ que peuvent attendre les francs Irlandais de ces jug ss venus d'Angleterre? Ah! Votre Révérence, le plus heureux dans tout ceci a été ce pauvre vieil aveugle, M. William Sullivan, celui qui avait fait un sort à mon petit Pat ; il est mort de^s leurs prisons après avoir témoigné hautement ^our l'Irlande.
Us marchèrent en silence, accablés l'un et l'autre par de douloureuses pensées.
Le paddy reprit d'un air de défi :
-^M'importe, n'importe I on a beau condam-
IIS LE DBUIIBR lELàHDÀIS.
ner là*bas k Dublin, il peut y avoir loin de Ift corde au cou. Voyez-vous, M. 0*Byrne, les gens de justice ne viennent pas souvent dans le Cunnemara, et s'ils y venaient pour faire ezëculer leurs fameuses sentences, ils pourraient bien ne se trouver ni les plus fins ni les plus forts !
— Ne vous y fiez pas, Tom, dit Angus en hochant la tête ; je connais l'espèce de privilège dont jouit ce pays, mai&il est des cas où ce privilège n'arrêterait pas Tautoritë. Richard n'est pas un ennemi ordinaire; l'administration anglaise redoute extrêmement son influence, son habileté militaire, son indomptable courage; elle veut se débarrasser à tout prix d'un conspirateur aussi dangereux. D'ailleurs, mon frère, en s'emparant comme otage d'une jeune fille appartenant à une des plus grandes familles d'Irlande , a soulevé des haines implacables. Je sais que lord Avondale presse le vice*roi de prendre des mesures énergiques pour retrouver miss Nelly et punir son ravisseur. Hier, k mon passage dans la ville de Calway, on préparait une nombreuse expédition dont le but était inconnu; je tremble qu'elle ne soit destinée k fouiller ces montagnes, et que d'un moment à Tautre... Je vous adjure donc, Irwing, si v connaissez la retraite de Richard, de m'y o