‹ Le dernier IrlandaisChapitre 133 sur 149 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

qua ces signes d'une profonde confusion. L'alnë se dégagea des étreintes du prêtre, et se touruant vers Jack et Irwing, iJ dit d*un ton irrité :

— Vous avez contrevenu h mes ordres; vous m'avez trahi. Ne vous avais-je pas recommandé de ne révéler ii qui que ce fût le secret de ma retraite et surtout...

— Mon frère, s'écria Angus avec dignité, n'accusez personne d'un tort dont je suis seul coupable. Depuis longtemps déjà j'avais le plus ardent désir de découvrir votre demeure ; mais je n'y fusse jamais parvenu peut-être, si dans un de mes voyages à travers les comtés voisins, un whiteboy mourant, auprès duquel j'avais été appelé pour remplir les devoirs de mon saint ministère, ne m'avait donné quelques renseignements incomplets sur le lieu où vous vous étiez réfugié. En rencontrant près d'ici Toni Irwing et Jack Gunn, dont je sais l'attachement à votre personne, je les ai forcés, par des considérations tirées de votre propre intérêt, à me conduire près de vous... Richard, j'avais espéré que vous trouveriez dans votre cœur des motifs d'excuse pour la faute de vos serviteurs.

Ces mots, prononcés d'un ton de reproche • mélancolique, parurent toucher Richard.

— Vous avez raison, Angus, dit-il en lui ten-

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dant la maio, el je vous remercie de votre dé- T4wemeQl. Vous saurez bientôt... Mais que faiteS'Yous ici? s'Interrompît-il en se tournant yen Gunn et vers Tom Irwing; allez vous mettre en observation derrière les rochers de la terrasse : s'il arrive qudqne chose de nonveau, venez me prévenir. Surtout gardes qa*on ne vous aperçoive.

Il leur adressa d'autres recommandations à voix basse, et ils sortirent avec leurs fusils.

P^idant cette conversation, Angus s'était approché furtivement de Nelly.

— Courage! miss Avondale, uit-il à voix basse ; bientét, je l'espère, vous serez libre.

La jeune fille le regarda fixement, comme si eHe n'eût pas compris ces paroles; mais aussitdt le prêtre s'éloigna et revint vers Richard, qui l'observait d'un air de soupçon.

— Mon frère, lui dit-il d'un ton grave, les circonstances où nous sommes n'exigent pas beaucoup de paroles. Vous voyez quel danger vous menace, car il est évident que c'est à vous particulièrement qu'on en veut. Il ne vous reste maintenant qu'un parti à prendre, c'est de fuir et de me laisser le soin de réparer une grande injustice, un cri«ie dont je vous aui incapable 1

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— Uo Gfime, Aogus?

— Oui, un crime. Comment appellerles-TOiM aatrement le sentiment qui vous a fait ravir une fille à son père, dans un but de haine et de vengeance, au risque de la déshonorer aux yeux du monde? Aujourd'hui vous portez la peine de eet acte coupable. On n'eût jamais songé à envoyer des régiments, presque une armée dans ces montagnes inaccessibles, s'il n'y allait du sort d'une jeune dame de haute naissance, dont renlèvement a excité une extrême indignation dans les trois royaumes. J'ai la certitude que c'est lord Avondale qui a décidé

^le vice-roi d'Irlande à cette expédition, de laquelle sir Ge<H*ge Clinton fait sans doute partie. Vous savez, Richard, à quoi vous devriez vous attendre si vous tombiez entre les mains de pa* reils ennemis.

— Oui, oui, répliqua le' proscrit avec amertume, je connais la sentence qui m'a frappé et à laquelle mon frère a applaudi peut-être... Mais rien ne prouve que le secret de ma de* meure ait été révélé aux troupes royales; les gens du pays sont liés par de formidables serments, et le chemin de Fairy-Mount fut-il connu des Anglais, les moyens de défense ne me man-

m LC DEBHIEft IBLARDÂIS.

qaeraient pas , vous pouvez en donner l'assurance k vos amis.

— Ne parlez pas ainsi, mon frè.j, s'écria Angus les larmes aux yeux ; ne dites pas que je pourrais partager les sentiments de ceux qui vous ont réduit & la condition misérable où je vous vois ! Ne soyez pas injuste et cruel envers moi, quoique ce soit. le tort ordinaire des malheureux aigris par la persécution d'accuser de leurs souffrances ceux qui en sont tout à fait innocents ! Raisonnons plutôt. Quel parti comptez-vous prendre? Essayerez-vous d'une résistance inutile ou bien profiterez-vous des passages inconnus dont ce bâtiment cache l'entrée, pour fuir et aller chercher une retraite à l'étranger? Ce serait le parti le plus sage; mais alors il faudrait renoncer à votre prisonnière ; car il serait inhumain, sinon impossible, de l'obliger a vous suivre.

— Eh bien, mon frère, dit Richard avec ironie, puisque vous êtes en train de faire des suppositions, pourquoi n'en traînerais- je pas aussi miss Avondale dans ces souterrains dont moi seul au monde, depuis la mort du vieux chef whiteboy qui m'a conduit ici, conn»>(' *« secret? Pourquoi ne l'y retiendrais-je pa

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