‹ Le dernier IrlandaisChapitre 135 sur 149 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

turel, paraissait ajuster avec son fusil un objet éloigné.

— Malheureux ! ne tirez pas ! s'écria Richard d'une voix contenue; on ignore peut-élre encore où nous sommes ; ce serait nous livrer nousmêmes.

Tom redressa son arme.

— Oui, oui, laird, dit-il en grinçant des dents, Votre Honneur a raison... aussi bien une balle n'irait pas h moitié chemin de la plaine. Mais il y a de quoi perdre la raison à voir les sottises de ces endiablés dragons... Tout h l'heure il y en avait un [ui poursuivait ma pauvre Mary, une mère d^ cinq enfants, et c'est ce qui m'a tourné la t<' . Les scélérats ! ils ne laisseront pas dans m( i cottage une pomme de terre pour ma famille et une goutte de whiskey pour... mes amis.

Sans répendre à ses doléances, Richard écarta doucement Tom et se posta avec son frère et miss Avondale pour voir ce qui se passait.

La vallée des Trois-Sœurs était déjà plongée dans une obscurité complète, et c'était à peine si on entrevoyoit sa cascade comme une longue traînée blanche et flottante; mais au-dessous de Fairy-Mount, dans la plaine, un jour oblique et blafard permettait de distinguer, malgré la brume

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l^ère qui commençait h s'ëiever, les easqaes brillants, les uniformes écartâtes des soldats anglais. Le gros de la troupe ayait fait halte k quelque distance du cottage d'Irwing, ou des officiers avaient élu domicile, comme on pouvait en juger aux tourbillons de fumée qui s'échappaient du toit. De leur côté, les cavdiers se préparaient k bivaquer. Tandis que les uns établissaient les chevaux dans le creux des rochers et plaçaient devant eux des bottes de fourrage, les autres abattaient sans façon des sapins entiers afin d'entretenir un feu énorme pendant la nuit glaciale qui se préparait.

Outre ce corps principal et quelques dragons isolés qui galopaient à la poursuite des fuyards, on remarquait une troupe de gens à pied, composée de cpnstables irlandais et de policemen, une soixantaine de personnes environ. Cette troupe semblait vouloir mettre à profit le peu de jour qui restait encore pour atteindre le but de l'expédition, et elle s'avançait vers Fairy- Mount. Au milieu d'elle, se trouvait un personnage enveloppé de fourrures, qui semblait être le chef. Soit fatigue , soit faiblesse causée par l'âge ou la maladie , il s'appuyait sur deux robustes constables. A côté de lui se tenait un cier de cavalerie, répée nue, qui lui adr«^

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