‹ Le dernier IrlandaisChapitre 136 sur 149 · CHAPITRE ▼. i · texte numérisé non relu

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fréquemment la parole. Un peu en avant, un homme ayant le costume d'un paddy marchait entre quatre soldats et servait de guide.

Au premier coup d'œil, Richard n'eut plus de doute sur la trahison. Les assaillants suivaient exactement la route sinueuse qui conduisait h Fairy-Moun' '^arfois, ils disparaissaient tout à fait dans les ^..j du terrain, et on pouvait croire . encore qu'il '^talent égarés au milieu des obstacles dont owl était hérissé ; mais cette erreur n'était pas L jgue : ils reparaissaient bientôt au point précis qui était seul praticable. Cependant ils avançaiéijt lentement, soit à cause de l'incommodité du ;hemiu, soit par mesure de précaution, car SOI vent les regards se tournaient, d'un air soucieux, vers la corniche de rochers, et on se montrait ^i doigt ces masses sombres d'où la mort pou „,t sortir d'une minute à l'autre.

— L'attaque est bien combinée , dit Richard froidement: des sentinelles ont été posées partout e% gardent les passages des montagnes. Sans cette maudite grotte et ses souterrains inconnus, nous étions pris comme des renards dans leur trou. Ce guide a bien gagné son salaire.

En ce moment, l'homme qui marchait entre quatre soldats se trouvait, à une courte distance, en droite ligne de la terrasse, quoique le chemin

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fit encore de nombreux détours pour atteindre l'unique entrée de Fairy-Mount. II s'en aperçut, et craignant sans doute qu'en s'approchant trop une balle vint récompenser sa trahison, il s'arrêta et se contenta de désigner par signe le reste de la route h suivre. Ses craintes se trouvèrent confirmées par une tentation qu'éprouva Jack.

— Milord, dit-il à voix basse en abaissant son fusil, voici Pat Firmont qui vient à bonne portée; j/B vais, avec votre permission, essayer ma poudre et mon plomb contre ce traître.

— Laisse-le, répliqua Richard en haussant les épaules ; un traître de plus ou de moins dans le nombre, qu'importe?

— Och ! milord, dit Irwîng à son tour, nous ne leur permettrons pas d'entrer ainsi à Fairy- Mount ; je vais rouler les roches qui sont là-haut afin de fermer le passage, et, pour ce soir du moins, les sassenaghs s'en retourneront comme ils sont venus.

— Non, Tom, répondit le proscrit, nous ne ferons pas de résistance, je l'ai résolu.

Irwing et Jack se regardèrent stupéfaits. Tout à coup Nelly poussa une exclamation de joie.

— Richard, Votre Révérence, s'écria-t-elle en désignant du doigt, h travers les créneau

rels de la terrasse, le personnage enveld

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fourrures que nous avons indiqué comme chef de l'expédition, ne vous semble-t-il pas... je croîs reconnaître... Oh ! mon Dieu ! serait-il possible?

— C'est votre père, c'est lord Avondale luimême ! dit Angus avec chaleur; voyez, rien n'a puTarréter, ni l'âge, ni l'intempérie des saisons, quand il s'agissait de retrouver sa fille chérie !

— Il est vrai, s'écria Nelly; pauvre père! comme il parait faible et chancelant ! Oh ! cet acte d'attachement et de courage efface le souvenir d'une autre époque. Il m'aime! je suis sure qu'il m'aime !

— Et n'avez-vous pas remarqué aussi, miss Avondale, reprit Richard avec ironie, cet officier qui accompagne votre père et semble nous menacer de son épée de parade ? Vous le connaissez aussi sans doute, et il partagera la joie de votre délivi ie\

La jeune e rougit et baissa les yeux.

— Nelly, ajouta le proscrit plus bas , vous souvenez-vous des paroles que vous prononciez quand je vous emportai du cimetière de Rhefeart? u Plutôt que de me remettre entre les mains de ce monstre , disiez-vous, tuez- moi ! » Nelly, vous êtes bien changée !

— Vous vous trompez, murmura miss Avondale avec énergie ; celui-là je le hais toujours î

Cependant les assaillants avaient sans doute aperçu quelque mouvement derrière les rochers, et ignorant le nombre des ennemis qui les attendaient dans la petite forteresse, ils avaient fait prudemment halte pour concentrer leu^s forces. Le danger devenait iouninent.

— Mon frère, reprît Angus avec agitation, il n^y a plus un instant à perdre ; il faut songer à votre sûreté.

— Vous avez raison, Ângus, répondit Richard d'un ton ferme ; il est temps de nous séparer. Gunn et vous, Irwing, vous m'accompagnerez, car, si l'on vous trouvait ici, vous savez quel sort vous attend. Irwing pourra se contenter de rester caché tant que les soldats seront dans le pajs ; après leur départ, il retournera à son cottage, où il n'aura plus à craindre d'être inquiété, du moins de longtemps. Quant à vous, mon pauvre Jack, continua- t-il en s'adressantà Gunn, vous êtes libre de me suivre, si misérable que doive être désormais ma condition. Y consentez-vous?

— Gomment, si j'y consens ! s'écria l'ancien trompette avec effronterie; je voudrais bien voir que Votre Honneur allât quelque part sans traîner Jack Gunn à ses trousses ! Mes prt^ tifs, à moi^ ne seront pas longs , tout mon b^

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