‹ Le dernier IrlandaisChapitre 141 sur 149 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

SCS tenanciers? Elle était bonne autrefois; maintenant qu'elle est maîtresse à Stonc-House, elle doit répandre autour d'elle les aumônes et les bienfaits?

— On voit bien que Votre Honneur ne connaît pas les grands! répliqua Jenny avec aigreur; oui, en effet, quand milady était encore jeune fille^ elle se montrait assez compatissante pour le pauvre monde, et j*ai passé bien des heures h la guetter pour lui demander une pièce de six pence... Mais depuis qu'elle s'est échappée des mains des whiteboys du Gunnemara et { irtout depuis son mariage, elle est bien chai ^ée. Elle ne vient que rarement à Stone-Hoi et quand elle y vient, elle a toujours un ige de ces grandes gens de Londres ou u] .. ^arde de laquais galonnés qui empêchent d "approcher. C'est une joyeuse dame qui ne so ^c qu'à rire, chanter et se divertir. D'ailleurs, comment lui resterait-il de l'argent pour des aumônes? On dit qu'elle dépense les yeux de h Ue en parures, en carrosses et en dentelles, »^dis que milord se ruine, de son côté, en chevaux, en paris et en maîtresses. Le pauvre Dick Mahony, que nous avoips enterré ce matin, a fait la malheureuse expérience que lady Clinton ne valait pas miss Avondale. Der-

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nièrementf il est parvenu, je ne sais eommeat, jusqu'à elle^ et ii lui a exposé sa détresse, ea loi insinuant que s'il ne pouvait sortir d'affaire, il serait poussé peut-être k se détruire et h perdre ainsi à la fois son oorps et son âme. Qu'a fait milady ? Elle lui a mis dans la maio une demi-couronne en lui disant : « Tenez, mon pauvre Mahony, vos jérémiades vont m'attrister pour le reste de la journée... Je n'aime pas à entendre parler, de la misère. » Li*dessus elle est sortie,, avec le beau Français, se promener dans le parc, et le lendemain on a trouvé Dick pendu k un arbre de son encloa«. Poster porta la main k son front, comme s'il venait d'y recevoir un coup violent. Afin qu'on ne remarquât pas cette rechute de son maître, Kennedy s'empressa de prendre la parole.

— Votre portrait de milady Clinton n'est pas flatteur, brave femme, dit-ii ; nous avions l'intention d'aller k Stone-House lui offrir nos marchandises, mais vous ne nous encouragez pas à tenter une pareille démarche.

— Et vous aurex raison, maître Kennedy, de ne pas la tenter, car on vous chasserait impitoyablement aussitôt que vous auriez dépassé la grille. D'ailleurs, quel besoin pourrait a^ milady de vos marchandises? Vous n'auriev

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