‹ Le dernier IrlandaisChapitre 142 sur 149 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

d'fms^ beau , d'assez cher pour elle. Ses acquisitions se font à Paris ou à Londres ; eUe se croirait déshonorée d'acheter quoi que ce fût dans la pauvre Irlande. Croyez-moi donc, demain^ continuez votre route sans aller i Stone- Souse; vous y seriez mal reçus, surtout si vous êtes Irlandais et catholiques, comme vous paraissez réti

U y eut jiu luoment de silence dans le cottage. Reni: idy s'était tourné vers son maître comme poui prendre son avis.

— Non, dit enfin Foster avec effort, je n'aurai pas affronté inutilement tant de fatigues, tant de dax ers!... Il faut que je la voie, ne fut-ce qu'uii instant !

— Votre Honneur devrait suivre le conseil de cette temm^y dit Kennedy d'un tc^ de regret; mais puisque vous l'exigez absolument... Vous l'entendez, mes braves dames, continua 4-il en s'adressont aux commères, mon maître ne veut pas avoir perdu son temps et ses peines en venant dans ce pays. Et au fait, si l'on ne vend rien a mil idy Clinton, on pourra vendre d^ moins aux lutres daines de sa compagnie ou aux gens ue service. Quelqu'une de vous ne saurait-eUe trouver moyen de nous introduire au château ? Vous devez connaître un ooncierget

i84 LE DEREflER IRLANDAIS.

un domestique influent de milady, et peat-étre parviendrai t-on, grâce à son appui... Tenez, je suis sur que mon maître ne refuserait pas de donner une belle robe de toile peinte à celle qui lui procurerait l'entrée de Stone-House.

Cette promesse excita au dernier point la convoitise des trois vieilles femmes. Aucune d'elles, dans sa longue existence, n'avait possédé une robe entièrement neuve ; la plus privilégiée, aux temps de ses beaux jours, n'avait porté que ces méchantes robes de rebut que l'on va vendre en Irlande quand les femmes de chambre d'Angleterre n'en veulent plus. Malheureusement, ce splendide cadeau était à un prix auquel deux d'entre elles ne pouvaient atteindre.

— Ah ! pauvre corps que je suis, commença Jenny en levant les yeux au ciel, la belle robe ne sera pas pour moi î Tous ces domestiques du château semblent m'avoir en horreur; l'autre jour que je me tenais près de la grille, espérant voir passer les gentlemen et les ladys pour leur demander de quoi acheter un peu de tabac, M. Clareuce, l'ancien valet de chambre du vieux lord, aujourd'hui intendant de iStone- House, m'a menacée de sa canne s'il me ^ jamais k cette place... Je m'en suis allée

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