LB DE&NIER OUUNDAIS
devoir, Fergus vécutpaisibleii^Atà Dlublia avec les débris de sou opulence passée ; et il finît par épouser une jeune fille d'oQe ancienne et noble famille, comme la sienne, dont il eut trois enfants qui firent le charme de sa vieillesse.
Ces trois enfants sont appelés à devenir les personnages principaux de cette histoire.
Fergus les avait élevés, comme il avait été élevé lui-même, dans ua dévouement sans bornes à la cause nationale, et iJ avait été aidé dans cette tâche par sa sainte et digne compagne jusqu'au jour où elle fut ravie prématurément à sa tendresse. Richard, r«\iné, fut destiné à la carrière des armes; le père, dans ses illusions gàiëreuses, espérait toujours que sa patrie finirait tôt ou tard par prendre sa revanche sur l'Angleterjre ; et il voulait qu'un de ses fils fut prêt k tout événement pour soutenir ces intérêts sacrés. Richard était impétueux, hardi, plein d'opiniâtreté et 4*énergie; enfin il avait pré^^ sèment le caractère qui convenait à son rààe possible dans l'aveni^^ Il fit donc des études pour se rendre apte a obtenir une commission dans l'armée anglaise* Mais au moment de rén- User ce plan , un scrupule arrêta le fils et le père : comment servir cette Angleterre qui opprimait depuis tant de siècles leur chère
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Iriande? La difficulté f^t tonrnëe en acceptant du service dans Tinde, terrain neutre où la conscience da jeune enthousiaste ne pouvait être engagée. Rtcbanl était donc parti pour le pays des nababs en qualité de lieutenant d'un régiment de dragons alors emploj^ dans les guerres de l'Afghanistan et il n'avait pas tardé h s'y distinguer d'une manière brillante.
ÂngnS) le cadet, avait désiré entrer dans les ordres; aussi, dès l'âge de dix-sept ans avait-il été envoyé au séminaire de Maynooth pour y feire ses études théologiques. Â vingt-cinq ans, il était prêtre et il obtenait la modeste cure de Neath qu'il avait vivement sollicitée. Doux et persuasif dans ses paroles, il se montrait ferme et inflexible dans ses actes. Connaissant parfaitement les passions ardentes qui travaillent les masses en Irlande, il avait compris le sacerdoce eoomie une magistrature morale chargée de discipliner les âmes et de les adoucir. Aussi, grâce à sa triple autorité de ministre du Christ, de descendant des anciens rois du pays et d'homme de bien, exerçait^il, comme nous l'avons vu, un pouvoir presque absolu sur les pauvres INiddîes de sa paraisse; mais il n'usait de ce rnîr que dans un bot de paix et de concilia- 1 espérait que Dieu consentirait à émanci-
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per Je peuple dès qu'il serait meilleur et plus pur ; il s'efforçait donc sans relâche del'améliorep et de le purifier.
Enfin Julia, la jeune sœur de Richard et d'Angus, ëtait une bonne et timide créature , pleine de candeur, de modestie et de résignation simple et charitable ; elle oubliait de quelle gran— deur sa famille était déchue pour plaindre ceux qui étaient tombés plus bas qu'elle. Sans ûel contre les oppresseurs, elle aimait avec dévouement la cause des opprimés. Aussi , quand Fergus, plein de jours, s'éteignit obscurément entre les bras de sa fille, se félicita-t-il de laisser à son pays, dans la personne de ses enfants, les trois choses dont l'Irlande avait le plus besoin : un bras vigoureux pour la défendre, une voix éloquente pour la consoler, une âme tendre pour sentir ses malheurs.
Puisque nous avons fait connaître au lecteur les principaux personnages de la famille O'Byrne, disons aussi quelques mots de la famille rivale à l'époque où commence cette histoire.
Le comte Hector Avondale, dont le mécontentement inspirait tant de frayeur aux habitants de Nealb et à leur pasteur, était un vieillard de soixante-et*dixansqui ne paraissait s'être jamais distingué par de grandes vertus ou par de grands