‹ Le dernier IrlandaisChapitre 36 sur 149 · CHAPITRE TI. 17 i · texte numérisé non relu

CHAPITRE TI. 17 i

toor, et on jugeait que !à uraient du se trouver des bâtiments considérables ; mais, excepté les deux ou trois arceaux où William ayait établi sa demeure, ils étaient maintenant au niveau du S0I9 et leurs restes se confondaient avec la montagne grise aux flancs de laquelle ils s'élevaient autrefois.

En revanche on jouissait à Lady's-Church d'un des plus magnifiques panoramas que puisse oSnr l'Irlande, si riche cependant en beaux paysages. Des accidents de terrain cachaient complètement le village de Neath, l'église de Saint-Patrick et les somptueux massifs clôturés de murs de Stone-House. De ce côté, tout paraissait rude et sauvage. Partout s'élevaient des rochers pour la plupart nus, sans verdure, dont les cimes se dessinaient sur le ciel sombre en découpures capricieuses. Au milieu de ce chaos s'enfonçait une vallée creuse, profonde, ou le soleil semblait ne pouvoir pénétrer ; on eût dit d'un cirque immense, de forme elliptique, auquel on ne voyait d'abord aucune issue. Seulement, vers le nord, une montagne plus élevée que les antres était partagée en deux et nrésentait une large brèche; on l'appelait le » »-Cuty l'entaille du géant. Le peuple attri- ■fitte ouverture au géant Fin-Marc-Cool,

172 LE DERNIEE IRUNDilS.

qui, dans un montent de bonne humeur, avait fendu le roc d'un seul coup d'ëpée, afin de donner une idëe de sa force au roi Brian-Born. Les guides de Gavarni expliquent d'une manière analogue l'existence de la Brèche de Roland dans les Pyrénées. Sur toute la surface de l'Europe, les légendes populaires ont les mêmes allures naïves et poétiques.

La vallée elle-même présentait un caractère âpre et mélancolique. Un lac noir, aux eaux immobiles, en occupait une partie resserrée dans son bassin de granit; ce lac était bordé d'un côté par des rocs à pic qui en assombrissaient encore les teintes; de l'autre, par de grands roseaux dans lesquels une population nombreuse eût pu se cacher. Plus loin s'étendaient des bruyères rongeât res parsemées de touffes de houx toujours verts ou de genêts à fleurs jaunes. Çà et là on distinguait des places verdâtres, unies, que le pied semblait devoir choisir de préférence sur ce sol tourmenté et rocailleux : c'étaient les tourbières ou bogs, abimes cachés qui eussent englouti le promeneur assez imprudent pour s'aventurer sur leur perfide surface. On n'apercevait aucun village de quelque importance ; cependant ces misérables cottages, dépendant de la paroisse de

Page 1