CHAPITRE PREUE». ti
sent calmes, pleins de joie, et qai soDt encore plus à plaindre que vous.
Elle fit un signe d'adieu et s'éloigna rapidement au milieu des bénédictions des assistants qui soupçonnaient dans quel but cet ange de consolation Tenait d'apparaître ainsi parmi eux.
Tom s'était empressé de cacher la pièce d'or, mais il tournait et retournait le schelling dans sa main ; il cherchait à se persuader que la politesse lui faisait un impérieux devoir d'offrir un verre de wiskey chez la mère O'Flanagan à son hospitalier voisin. Pendant qu'il ruminait le cas, une large main se posa sur son épaule. Le paddy se retourna et se trouva face à face avec Sullivan, que le petit Patrick conduisait comme s'il eut été déjà son conducteur en titre.
Ce tableau épanouit le cœur du pauvre Ir* wiDg.
— Ah! Votre Honneur, dit-il avec explosion, vous avez donc enfin consenti...
— Paix ! interrompit l'aveugle en posant mystérieusement le doigt sur sa bouche; prenez mon bras et renvoyez Patrick. J'ai à vous parler.
Irwing administra une taloche à son héritier, s'enfuit au plus vite, tout surpris que ses itions de guide fussent sitôt interrompues ;
52 LE DEBHIER UUANDÂIS.
puis il glissa son bras sous celui de William, et tous les deux s'éloignèrent en causant avec animation.
Cependant Julia O'Byrne, après s*étre acquittée de sa tâche charitable^ s'était hâtée de reprendre le sentier de Neath pour se dérober aux observations des gens de Shanakill. Bientôt elle atteignit une partie de la route où des buissons devaient la délivrer des regards importuns. Néanmoins elle ne ralentit pas sa marche rapide ; plus elle approchait du lac, plus son pas , au contraire, devenait léger en même temps qu'une vive émotion faisait palpiter son sein. En effet, Julia, en se rendant chez le paddy, avait aperçu de loin sir George Clinton, occupé à pécher dans le lac, et l'occasion lui paraissait favorable pour exiger du parent de lord Avondale cette entrevue qu'elle sollicitait depuis longtemps sans pouvoir l'obtenir. Dans cette explication qu'elle recherchait, la jeune fille mettait son espérance suprême, et elle était impatiente de voir son sort se décider.
Aussi, quel fut son chagrin quand, parvenue à cette partie du chemin d'où l'on découvrait le noble pécheur un moment auparavant, elle ne le retrouva plus! Elle crut d'abord que sir George, ayant eu connaissance de sa visite