CHAPITRE IK
portes , je l'espère, dans un grand mouvement national. Ils n'hc^siteront plus quand l'explosion se fera tout à coup sous leurs pieds et sur leur tète. Il s'agit de frapper un coup vigoureux, et nous le frapperons... dans quelques heures peut-être.
— Cependant, milord, il est dangereux de précipiter les choses quand il s'agit d'une aussi vaste entreprise. 11 vaudrait mieux attendre que toutes les précautions étant prises...
— Attendre ! répliqua Richard, etle pouvonsnous? Voilà le lord lieutenant instruit du complot, et d'ici à peu de jours l'Angleterre va remplir nos ports de vaisseaux, nos villes de soldats. D'un autre côté, les démêlés qui sont survenus entre les gouvernements de la France et de la Grande-Bretagne semblent devoir s'arranger bientêt ; que deviendrions-nous si la faculté de faire entrevoir à nos adhérents l'appui de la France nous était ôtée? L'Irlande, seule en présence de sa puissante ennemie, reculerait d'effroi ! Non, non, William Sullivan, les instants sont précieux, il faut en profiter. Il faut qu'avant huit jours, continua-t-il d'une voix sourde et pénétrante, nous arborions notre
ipeau sur la tour de Saint-Patrick, à Dublin, que nos corps soient enfouis dans les caveaux
58 LE DERNIBR IRLANDAIS.
de Saint-Michan avec ceux de John et de Henri Siieares !
— £h bien, milord, répliqua SuMvan avec fbrmeté, ce sort ne m'efifrayerait pas plus qu'il n'effraya jadis ces illnstres martyrs. Dieu sauve rirlande et confonde ses ennemis !
Richard sourit de nouveau.
— William, s'écria-t-il, communiquez cett-e ardeur à ceux qui nous approchent^ souvenezvous que \ous descendez de ees batdes intrépides qui aniknaient la jeunesse de nos clans dans les combats. Il est plus important q»e jamais d'exalter les têtes, d'échauffer les courages. Si j'en crois cette correspondance (et il iVappaif; dii doigt avee ironie les nombreux papiers étalés suv ia table), le résultat de la grandiî entreprke dépend de nous seu<I^s. Dans les comtés que y ai parcourus, l'on est prél à se soulever au premier sigBâl ; mais ce signal, q»i le donner»? Nos amis prétendent q»'il doit partir des codtirées dis cenb*e, d'oà sont partis de temps immémorial les premiers cris d'indépendance. C'est dans notre comté de Wielow, dans le TifK perary et le Connaaght, qu'oftt commencé, à toutes les époques, les insurrections heureuses ou fatates pour l'affranchissement de notre patrie. Ge beau rôle, qui était celui de nos père^