‹ Le dernier IrlandaisChapitre 63 sur 149 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

OD Dous le réserve encore ; ne nous en plaignons pas. Aussitôt que l'appel de guerre aura retenti dans nos montagnes, il se répétera de proche en proche, depuis Dublin jusqu'à Galloway, depuis le cap Malin jusqu'au cap Mizen, j'en ai l'assurance positive. Croyez-vous que nous trouverons ici d'assez robustes poitrines pour le faire entendre à cette distance?

— Peut-être, milord ; vous avez vu aujourd'hui la puissance de votre nom et de la haine de rAngleterre sur les paddys de nos vallées. Depuis quelques heures seulement vous êtes parmi nous, et déjà le pays entier vous reconnaît pour maître. N'avez-vous pas remarqué avec quel profond respect, quel dévouement sans bornes vous accueillaient ceux de ces pauvres gens à qui vous vous êtes fait connaître? En ce moment on ne parle dans les cottages , à dix milles à la ronde, que du grand comte Richard O'Byrne qui va délivrer les pauvres chrétiens et chasser l'étranger hérétique. Les hommes se conoerteilt entre eux et dérouillent leurs vieux fusils , cachés si longtemps dans la fougère; les femmes et les filles vous comblent de bénédictions et prient pour vous.

-Vousuvez raison, William, dit Richard it le visage s'illumina d'espérance, et j'avais

bien jugé des dispositions de ces braves gens. En vérité, i]s semblaient aujourd'hui vouloir m'adorer comme un dieu , et je ne devais pas compter sur un succès aussi complet, aussi prodigieux. Eh bien, mon vieil ami, si ceux que nous devons voir cette nuit au rathe du Lord- Abbot ont la moitié de l'enthousiasme de nos amis de Glendalough, la cause de l'Irlande n'est pas désespérée, et les patriotes de tous les comtés ne regretteront pas de nous avoir laissé l'honneur de frapper les premiers l'odieuse Angleterre ! Mais nous perdons un temps précieux; n'oublions pas qu'on nous attend.

— En eflFet, milord, nous devrions déjà être en route, car la nuit est noire et les bogs ne sont pas surs. Mais, s'il faut l'avouer, j'attendais l'arrivée d'un des délégués de Neath qui doit nous accompagner au rendez-vous. J'ai déjà parlé de lui à Votre Honneur. C'est Tom Irwing, un de ces pauvres diables qui ont été expulsés aujourd'hui de leurs cottages par le bailli de lord Avondale. Mac-Tool etO'Mahonny, les deux autres délégués, sont déjà ici avec les représentants des populations environnantes ; Tom seul se fait attendre.

— Et cet homme, est-il bien sûr?

— Oh ! pour cela, oui, milord. Hier encore je

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