CHAPITRE V
de leurs aifiins rinfurtunéc miss O'fiyrne ; mais dès qu'ils virent son frère lui-même renier sa cause, accepter cet acte de violence légale, leur ardeur torabn, et ils se regardèrent avec désespoir.
Le bailli et les constables , profitatit de ce moment, voulurent entraîner le frère et la sœur; mais au moment où un soldat porta la main sur Julia,e]lc poussa un cri déchirant et se débattit avec force.
— Ne me touchez pas! s'écria- t-elle, je ne veux pas aller en prison !... Prenez garde, il me vengera!... Malheur k ceux qui attireront ^a vengeance sur leur tête !
Une voix puissante, qui semblait répondre à la sienne, retentit h quelque distance :
— Arrêtez! criait-on. Misérables! je vous défends de faire un pas de plus... Julia 0*Byrne, courage ! ... me voici !
Aussitôt ces milliers d'individus qui remplissaient la plaine se soulevèrent comme un lac attaqué tout à coup par un vent furieux. L'assemblée oscilla en divers sens. Un grondement formidable, mêlé à des cris de détresse, partit f^**^ toutes parts ; puis une troupe d'hommes, fendait comtne un torrent désordonné cette le mobile, vint heurter lea constables, qui
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furent dispersés et presque culbutes du clioc. Ils tentèrent de se rallier, mais ils se virent cernés par des gaillards robustes, à figures menaçantes, armés de bâtons, de coutelas, de fusils même, et qui n'avaient plus rien de raspcet débonnaii^edes paddys. Il y eut des rixes, des luttes partieUes; dont le bruit fut couvert par le tumulte général.
A fa tète de cette bttn<le était Richard O'Byrne en uniforme de capitaine de cavalerie, il avait pénétré dans l'enceinte formée par les soldats de police, et, entourant de Tun de ses bras la taille de sa sœur, il brandit de l'autre main un pistolet.
— Que l'un de votis ose porter la maîn sur elle, dit-il aux èonstabies, et il va mourir t
Cette menace était inutile; les gens de justice, déconcertés par t^ette attaque soudaine dont un officier d'un grade élevé semblait être le chef, ne songeaient plus à employer la force. Aiigus, qui avait envisagé le nouveau défenseur de Julia, s'écria au comble de la surprise :
— Grand Dieu! serait-il possible!... Mon frère Richard, est-ce bien vous que je vois?
— C'est moi, Angus, répondit Richard d'un ton sévère; je viens réparer vos fautes.
— Ma conscience ne me reproche rien, mon
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frère, répliqua le prêtre avec calme; mais puisje savoir. ••
— Tou4 à riieure ; d'autres soins me réclament, dit Fainé d'un ton farouche.
A quelques pas de là se trouvait une grosse pierre ; Richard n)onta dessus, en portant toujours sa sœur qui se laissait aller comme une morte. De ce poste élevé, il dominait rassemblée et pouvait & son tour être aperçu de tous ceux qui remplissaient la place. Sitôt qu'il parut avec son gracieux fardeau, un immense applaudissement édata dans la plaine ; mais Richard agita la raain, et le silence se rétablit comme par enchantement.
— Irlandais 1 s*écria-i-il d'une voix qui semblait scM^ir d'une poitrine de bronze et qui retentit jusqu'aux extrémités de la vallée, vous me connaissez... Je suis Richard O'Byrne et je viens défendre ma sœur.
Un hourra plus bruyant que le premier accueillit ces paroles. Puis, Richard continua :
— -Savez-vous quel crime a commis cette enfant que lord Avondale et son digne collègue, le ministre Bruce, veulent faire traîner a la
■son ^u comté comme une vile criminelle? rai le courage de vous le dire, moi sqn frère, le rejeton des anciens rois du Munster, nuïi
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à qui ilionneur de ma raee est plus cher que la vie... Miss O'Byrne a été victime d'un acfe de violence abominable, consomme par sir George Clinton, le descendant des usurpateurs, des traîtres et des assassins!...
Un rugissement d'indignation et de rage l'in* terrompit. Ce cruel aveu avait bien coûté à Richard ; sa voix était rauque , ison visage crispé ; ses yeux, injectés de sang, semblaient prêts h jaillir de leurs orbites. La pauvre créature qu'il tenait dans ses bras palpita faiblement , comme si elle eût senti ce nouveau coup , puis elle retomba inerte et inanimée.
— Cela est faux , mon Dieu! vous savez bien que cela est faux! s'écria le prêtre en regardant le ciel ; la passion politique l'égaré. Mais devaitil donc lui sacrifier l'honneur de sa famille?
— Oui, oui, cela est faux! répliqua John Morris haletant, le poing tendu ; mais si cela était, il faudrait la venger au risque même de la damnation éternelle.
Ângus n'entendit pas ce blasphème. Richard reprit avec un nouvel élan de colère :
— J'ai voulu déjà défendre ma sœur, moi, le fils et l'héritier direct de Brondubh et de Feag- MaC'Hugh, le héros sans peur du comté de Wiclow. (Applaitdissements.) J'ai cherché sir