‹ Le dernier IrlandaisChapitre 91 sur 149 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

iraiion îplaodatse... Hourra pour la liberté! houm pour l'Irlande ! Le Sassemigh «era vaincu et je mourrai Gantent.

— iHmiflra! répéta Pat .de sa voix claire.

— Hotnra! népétaTom en lançant en- l-air son Yieûx efaapeauisans fond.

i Et>il>ajoUta à voîxi basse :

--'Ah {voisin» William, si ce n'était, que je ne peux abandonner Votre Honneur au niiiicu de cette bagianre, 'quel plaisir f aurais d'appliquer un ou 1 deux coups de pied . à ce porc immonde de bailli Jameson 4|ui est li^^bas , tombé sur le nez, dans la poussière, et qui ne pourrait rien voir!» €■ est Une belle occasion; qucije perds. 'Mais ièlaUt savoir sacrifier ses f^isîrs à ramitié. Eh bien,! Pat, mon gavçon, continua-tvilt en s'adressatit h son fils, puisque je ne peux y aller, vas-y* du moins, toi! Pince-^moi rudement ce coquin iquÎ! nous a chassés de; notre >oottage, ^va lui lirepies-ebereux, le mordre, et prends garde de déchirer toil habit noir.

Leipoliason ne sc'fit pas répéter cette! invitation f il<se ^glissa avec agilité entre les jambes de» assistants pour exécuter les volontés paternnlleSi qui se trouvaient^ du reste, parfaitement Arménie avec son goût particulier. Mais ses ^tsvestèrent sains résultat ; avant qu'il eût

atteint le lieu de la lutte, Richard O^Byrnc était parvenu à dominer le désordre. Les voies de fait avaient cessé , et les constables , désarmés , le bailli en tète, défilaient lentement, sous bonne garde, pour gagner le temple protestant, où Richard avait donné ordre de les enfermer, tandis que quelques paddys emportaient furtivement les cadavres dans une autre direction.

O'Byrne était parvenu à asseoir Julia sur la pierre qui lui avait servi de tribune. La jeune fille donnait quelques signes de connaissance ; trop faible pour se soutenir, elle laissait tomber sa tète sur Tépaule de son frère. Les circonstan ces étaient trop graves pour que Richard put même jeter sur elle un regard de pitié.

— Et maintenant, amis, s'écria-t»il de sa voix puissante, hâtons-nous de nous rendre k Stone- House. Il faut empêcher que les magistrats ne sy réunissent pour lancer des mandats et des virarrants. En avant donc ! Surtout pas de cruautés inutiles, de pillage, de vengeances contre les personnes. Quiconque se rendrait coupable de tels crimes serait indigne de servir une sainte cause. Mais, afin qu'on ne nous prenne pas pour des nialfaiteurs, arborons le noble drapeau sous lequel nous devons marcher désormais.

CflAPITRE V. 469

Il fit un signe i Jack Gunn ; aussitôt celui-ci éleva dans les airs un drapeau vert sur lequel resplendissait une harpe blanche et dont une eroix dorée surmontait la hampe. Un souffle de la brise développa fièrement les plis de cet étendard national de l'Irlande, pendant que le soleil, arrivé à son midi^ lui jetait du haut du ciel des éclairs éblouissants.

Alors les cris d'enthousiasme devinrent de véritables hurlements. La joie semblait aller jusqu'au verti^çe dans ces âmes impressionnables, à la vue des couleurs si longtemps proscrites de la patrie. Il y avait des hommes qui s'embrassaient les larmes aux yeux ; des vieillards tombaient à genoux pour remercier Dieu d'avoir vécu jusqu'à ce jour ; les enfants se faisaient élever dans les bras de leurs parents pour mieux contempler ce symbole révéré de l'antique indépendance, et tous s'écriaient en battant des mains :

— Que Dieu le bénisse ! O'Byrne pour toujours ! Hourra ! En avant pour la vieille Irlande !

Jack Gunn agita son drapeau ; puis , sur un mot de Richard, il se mît en marche vers Stone- House. La foule s'ébranla pour le suivre.

chard lui-même voulait les précéder , mais ^' pouvait abandonner sa sœur évanouie.

179 LS DKMEDI IRL&imÂIS.

Cependant , eomme les grilles ée Stone-House «▼aient été fermées 4e nonveau, il espérait, pendant le temps néeessaîre pour les faire ouvrir on pour les foreer, trouva nne personne sûre à qui la confier. Il regardait autour de lui avec anxiété, Iwsque Angus, dont les yètements noirs étaient encore souillés de poussière, s'ap^ procha rapidement.

— ' Ab ! mon frère Bichard , dit-il avec nne douceur mélancolique, qu'aYea-vous fait ? Voyez , ajoutait-il en désignant la jeune fille évanouie, dans quel état vous avez mis l'enfant chérie de notre père. Eh bien! vo«s avez été peut-être plus cruel encore envers TMande !

— Dieu nous jugera, répliqua Richard d'un ton sombre , et l'avenir décidera qui de nous a le mieux compris les intérêts de son pays. Quant & notre sœur, est-ce moi qui l'ai perdue, ou vous, aveugle et imprudent, qui l'avez laissée exposée aux attentats de nos ennemis hérédiitaîres? Je ne recette pas ice que j'ai fait : si, pour opérer le salut de l'Irlande, il eut fallu imiter ce Romain qui tua sa fiUe Virginie en présence du peuple, je n'aurais pas hésité à accomplir ce sacrlfi^ce. Le mien n'a été ni moins grand ni moins douloureux peut^ti^ ! Mais il n'est pas temps encore, ajouta-t-il en se repre-

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