REPRISE DU CHOECR GÉNÉRAI
Hymen , hymen , viens encor nous sourire , Suis l'ange de la mort qui descend dans ces lieux, Et le front ceint des palmes du martyre , Remonte avec lui dans les cieux.
Tu consens à l'hymen de ces jeunes amans , Botzaris ?
BOTZARIS
C'est mon vœu, c'est mon unique envie.
Il devait faire, hélas! le bonheur de ma vie; Qu'il charme la douleur de mes derniers niomens.
THÉMÉHS.
Toi , défenseur de la patrie, Général. George Capsali,
(66) Réponds : Chrysa, fille chérie Du polémarque de Souli Est l'épouse que tu veux?
CAPSALI.
THEMELIS.
Oui.
Et toi , Chrysa , fille chérie Du polémarque de Souli, 5 Le défenseur de la patrie , Ce héros, George Capsali, Est le mari que tu veux?
CHRYSA.
Oui.
THEMELIS.
( 11 unit leurs mains, et étend les siennes sur eux. )
Au nom de la patrie, et sous le? yeux d'un père , O mes enfans , je vous unis.
Dieu vous hénira, je l'espère , Comme aujourd'hui je vous hénis.
(Capsali et Cbiysa s'inclinent : Thémélis lève les mains au ciel.)
I' Répands sur ces époux les trésors de ta grâce, * « O mon sauveur, ô notre unique appui!
n Ils ne t'implorent pas pour ce bonheur qni passe a Et qu'on oublie alors qu'il s'est enfui;
» Au moment de franchir le passage terrible , (( Leurs regards s'élèvent vers toi!
(' Dans leur ûme brûlante et d'amour et de foi
« Verse', car lu le peux, une force invincible :
« Efïiîce de leurs cœurs les regrets superflus, « Et l'espérance mensongère :
u Qu'ils sentent, dans cette heure où le temps ne vit plus,
* Ces vers sont retranchés à la roprésenlalion.
(67) a Leurs jours s'évanouir comuie une ombre légère « Dans la splendeur de tes élus ! »
( Les époux se relèvent. )
« Allez en paix : dans un temps plus propice «Vous auriez partagé le pain du sacrifice, « Et le cristal humide eut fait luire à vos yeux
« Un vin pur, doux présent des cieux.
« Hélas! pour ranimer nos forces épuisées,
« Nous n'avons que des joncs flottans
« Sur la fange de nos étangs ;
« Et l'eau des célestes rosées
« Vient seule, en ces nuits de printemps, « Rafraîchir un moment nos lèvres embrasées. »
Ne perdons pas des instans précieux ; Le soleil , descendu sur les rocîiers d'Ithaque . Va pour toujours disparaître à nos yeux; Avec la nuit doit commencer l'attaque.
{ A la foule. )
Femmes, vieillards, enfans, il faut vous retirer
C'est au milieu de cette enceinte
Que nous allons délibérer,
Sui"Tetre sort soyez sans crainte, Dieu nous protège encore, et va nous inspirer.
( La foule se divise , et s'éloigne peu à peu. )