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LAME DUN ROI

La couronne me fut fatale ; L'ange des expiations Versa dans ma coupe royale Des flots d'humiliations.

D'un peuple avide de tout rêve Et que le moindre vent soulève Le malheur , hélas ! me fit roi ; Et ce peuple , dans son délire »

Voulut d'après lui se conduire , Et non , Seigneur , selon ta loi.

Pour dissoudre l'antique chaîne Qui me liait à mes sujets , Je vis l'imposture et la haine Dtaaturer tous mes projets ;

Quand , dans Tombre et dans le silenoe , Je m'inclinais en ta présence , On redoublait d'affronts mortels , Et y fouillant dans ma vie intime , On osait m'imputer à crime Jusqu'à Fombre de tes autels.

Mon trône , au souffle populaire ^ Découvrit ses ais de sapin ; Je subis jusqu'à la colère De ceux qui mangeaient de mon pain ; Hais , que ta bonté soit bénie , Mon Dieu ! de la force infinie Qu'en ce moment tu m'accordas , Alors qu'en ma douleur immense Tu fis descendre la clémence Pour tant de baisers de Judas !

Ma race , qu'on voyait naguère

Tout éblouir de ses splendeurs ,

Fit voir à l'envieux vulgaire

Ce qui couve au fond des grandeurs.

L'exil reçut mon agonie ;

Et ma triste cendre bannie

Apprend à tout superbe orgueil

Que, dans sa misère profonde,

Un des plus grands maître du monde

Reçut l'aumône d'un cercueil.

Mai^ mon âme enfin affranchie Quitta ce globe désolé Où , môme au sein d'une patrie , L'homme est encore un exilé ; Et , dans sa bonté sans mesure , Mon Dieu me rend avec usure Les vains honneurs que j'ai perdus ; Mon front retrouve un diadème Que la révolte , le blasphème Et les siècles n'atteindront plus !

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