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LA GUERRE

Accepte, ô puissant Jéhova, Mon homicide ministère ; Que ton verbe me dise : <i Va!

« Divise les fils de la terre ; »

82 LB IWINIBR JOim.

Fais, au son des trompes d'airain.

Ruer royaumes sur royaumes Et s'égorger des milliers d'hcmunes Pour ((uelques pouces de terrain.

LA FAMOTE.

A moi, tripte unH6 de l'Aire, A moi, pour mm oontent^meot.

De frapper tous tes fruits à naître D'un éternel avortement!

Que, sur leurs famiUesr livides, Expirant les entrailles vides.

Pères, mères, trouvent leur fin.

Et que la terre dépourvue Soit comme un cadiot sans issue Muré par les bras de la ikim!

LA PBSITB.

A moi de me faire uns proie De tout ce qui reste à mourir!

Que le trépas, sans qu'on le voie, Vole sur l'aile du zéphyr !

Après la moisson de mes frèies.

Dans les campagnes funéraires^

CHAHT QOAniteR. 83

Rigide glaneur du tombeau, Je veux encor que la mort frappe, Et, pour (pie nul épi n'échappe, Promener partout le r&toau t

Hais leur maître répond : Réprimez ce délire ; Jéhova désormais n'a plus besoin de vous ; Sa volonté suffit pour servir son courroux ; Vous savez châtier, il s'agit de détruire ; La ruine et la mort vous saisiront aussi ; La fin du monde aura la fin de votre empire.

Le triangle de feu soudain cessa de hiire, Et dit en s'éclipsant : « H en doit fttre ainsi. »

Le cercle des esprits prosternés en silence.

Entendant prononcer l'implacable sentence, Jette un cri de douleur ; el, d*un vol consterné. Chacun va retrouver son monde condamné.

Tels, quand l'horizon noir fait gronder le tonnerre. De timides ramiers réunis dans une aire Se séparent en hâte et regagnent la tour Témoin de leur naissance et chère à leur amour.

Mais à peine du ciel nous touchions la limite, Qu'un de ses messagers vint barrer notre fuite. Des plus belles couleurs dont l'aurore se teint Son Mie étincelait ; l'étoile du matin

Le suivait dans son vol, signe d'une victoire

Dont il avait à Dieu remis toute la gloire ;

Dans ses mains flamboyaient et le glaive et Técu

Par qui l'esprit rebelle autrefois fut vaincu ;

Un casque d'or pressait sa blonde chevelure ;

Je reconnus Michel à sa brillante armure.

(( mon frère, dit-il à mon ange, pourquoi

Des volontés de Dieu jconcevoir de l'effroi ?

A force d'être absent des célestes domaines,

Ton cœur a contracté les faiblesses humaines ;

Mais va te retremper en servant le Seigneur ;

En allant retrouver ton globe de malheur

Passe par les enfers, et dis aux mauvais anges

D'y conduire aujourd'hui leurs coupables phalanges ;

La demeure de l'homme est encor le séjour

Où réquité divine a fixé son grand jour. »

Il dit, et d'un élan de ses ailes rapides , L'archange se perdit dans les lointains splendides.

NOTES

DU CBAWT ÇUATRiiME

NOTE I"

Quand le temps échappé de Féternel présent Pour la Toir expirer sonna Theuré première.

(Page 78, vers i5 et 16.)

<i Vos années, 6 mon Dieu, ne vont ni ne viennent, ainsi que les nôtres vont et viennent, afin de se pouvoir toutes accomplir. Vos années demeurent toutes ensemble dans une stabilité immuable, parce qu'elles sont stables et permanentes, sans que celles qui passent soient chassées par celles qui leur succèdent, parce qu'elles ne passent point; mais les nôtres ne seront entièrement accomplies que lorsqu'elles seront toutes écoulées. Vos années ne sont qu'un jour, et votre jour n'est pas tous les

jours, mais aujourd'hui; parce que votre Jour présent ne fait point de place à celui du lendemain, et ne succède point à celui d'hier; et ce jour présent dont je parle est Tétcrnité. Ainsi, tous avez engendré dans une éternité égale à la vôtre celui auquel vous avez dit : « Je vous ai engendré aujourd'hui. » Vous avez donc fait tous les temps par votre puissance ; vous précédez tons les temps par votre éternité ; et pour vous, dans aucun temps» il n'y a eu de temps. Il n'y a donc point eu de temps où vous n'ayez fait quelque chose, puisque vous aviez fait le temps; et ni^ls temps ne vous sont coétemels, puisque vous demeurez toujours le même, et que le temps cesserait d'être temps, s*il cessait dé passer et de s'écouler.

a Qu'est-ce donc que le temps ? Qui le pourra dire clairement et en peu de mots, et qui sera capable de le bien comprendre lorsqu'il en voudra parler? Il n'y a rien toutefois qui soit plus connu que le temps, et dont il nous soit plus ordinaire de nous entretenir; et lorsque nous en parlons, nous entendons sans doute ce que nous disons, et entendons aussi ce que les autres en disent quand ils nous en parlent. Qu'est-ce donc que le temps t Si personne ne me le demande. Je le sais bien ; mais si on me le demande et que J'entreprenne de l'expliquer. Je trouve que Je l'ignore ; Je puis néanmoins dire hardiment que Je sais que, si rien ne se passait, 11 n'y aurait point de temps passé ; que, si rien n'advenait, il n'y aurait point de temps À venir, et que, si rien n'était, il n'y aurait point dt temps présoit. En qneUe manière sont donc ces deux temps; le passé et l'avenir, puisque le passé n'est plus et que l'avenir n'est pa$ encore? Et quant au présent, s'il était toi^ours présent et qu'en s'écoulant il ne devint point un temps passé, ce ne serait plus le temps, mais l'éternité. Si donc le présent n'est un temps que parce qu'il s'écoule et devient le temps passé, comment pouvons-nous dire qu'une chose soit, laquelle n'a autre cause de son être, sinon qu'elle ne sera plus? De sorte que nous ne pouvons dire avec vérité que le temps soit, sinon parce qu'il tend à n'être plus. » {Canfesi. de saint Augustin, 1. ii, c il et 14.)

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