UNE VOIX
Crois-tu que j*ai donné la lyre à ta misère Pour Faller profaner aux choses de la terre ,
Et , quand mon nom est insulté , Que tu dois follement f élever dans ta gloire ; Et, quand du Dieu vivant s^efTace la mémoire ,
Rêver une inunortalité?
Quand les honunes ont mis ma défaite en leur bouche, Qu'ils se sont dit : Pour voir son astre qui se couche ,
Il faut monter sur les hauteurs !
Quand tout est plein d'espoir pour cette ntiit coupable, Tu ne montrerais pas d*un doigt inexorable
Iles inextinguibles lueurs?
A LE DERNIEE JOUE.
Quand le siècle s^épuise en de vaines disputes , Que son front criminel est meurtri par ses chutes ,
Que ma voix l'avertit en vain ; Que Fesprit, loin de moi, puise Fintelligence ; Que le monde chancelle, ivre de la science ,
Ainsi qu'un homme pris de vin;'
Ta lèvre resterait au silence asservie !
Toi que j'avais extrait conune un reste de vie
Des vastes débris de la mort, Et que j'avais armé d'une voix redoutable , Afin de voir baigner toute robe coupable
Des froides sueurs du remord.
Je t'avais préparé d'illustres destinées ,
Tavais mis dans tes mains au travail condamnées
La harpe des divins concerts
Je t'environnerai d'orgueilleuses ténèbres, Et j'inscrirai ton nom parmi ces noms célèbres
Qui font la «rloire des enfers.