‹ Le dernier marquisChapitre 9 sur 17 · I.F. «ERNIKU MAKOIIS · texte numérisé non relu

I.F. «ERNIKU MAKOIIS

trariait singulièrement ; on m'a lait attendre une demi-heure dans un bureau, j'ai parlementé avec le commis : Monsieur n'était pas visible, Monsieur consentirait peut être à me recevoir dans un instant, Monsieur ne le pouvait absolument pas , c'était pis qu'une négociation diplomatique ; vous verrez qu'il faudra demander à quelle heure il fait jour chez un banquier.

— Et vous retournerez chez ce banquier, » dit madame de Niéville.

« Dieu m'en préserve. »

Elle respira plus librement.

« Mais vous, Madame, » ajouta-t-il après un instant de silence, « ne voulez-vous pas prêter six mille francs au comte de Versae sur ma signature ?

— Marquis , vous savez bien que cela est impossible. »

Le marquis appuya plus fortement l'ongle de

son pouce sur sa bonbonnière cl en fit crier les charnières.

« Vous êtes en colère, marquis , vous m'accusez, n'est-ce pas? vous pensez que je dépense follement l'argent; vous avez raison après tout, m

Elle se leva alors, et passant devant le marquis :

« Adieu, Marquis, » dit-elle, «j'ai besoin de repos. »

Elle ouvrit la porte de sa chambre à coucher et la referma sur elle, tandis que le marquis de l'Eglantine poussait violemment le ressort de sa drageoire et prenait du bout des doigts une praline vanillée.

«Étrange femme,» dit-il, quand elle fut sortie, «conçoit-on qu'avec 60,000 fr. de revenus nous ne puissions nous suffire; si je faisais Ses folies, à la bonne heure! mais un enfant tic vingt ans n'est pas pins sage que moi: je me restreins, je me prive, je m'abaisse presque,

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