‹ [Le Dernier mot de RocamboleChapitre 28 sur 100 · ISI · texte numérisé non relu

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Le commodore tin un cordon de sonnette.

Frantz entra.

n échangea avec sa jeune maîtresse un coup d’œil rapide, et sans doute qu’elle comprit l'éloquence de son regard, car elle eut l’héroïsme d’étouffer un cri et de ramener sur son visage un calme menteur.

— Votre soeur se marie dans un mois, dit brusquement le commodore. Tâchez de ne pas être malade, i cette époque.

— Je tâcherai, murmura miss Ellen.

Mais elle jeta, à la dérobée, un regard de haine à son père.

Celui-ci se leva, prit sa canne et son chapeau et dit encore d’un ton dur :

— n est tard... je vous engage à rentrer dan9 votre chambre et â passer une bonne nuit.

Miss Ellen ne répondit pas.

Le commodore sortit du salon et regagna son appartement.

Mais à peine eut-il laissé sa SUe seule que celle-ci se mit â pousser des cris.

Frantz revint.

— Mettez votre mouchoir dans votre bouche, lui dit-il, et mordez-le... ou nous sommes perdus.

Ces paroles firent éprouver i miss Ellen une telle épouvante qu’elle cessa de crier, regarda Frantz d’un oeil hébété et lui dit :

— Crois-tu donc que l’heure approche?

Frantz fit un signe de tête affirmatif.

— Mon Dieu ! murmura-t-elle affolée... et fut... qui ne vient pas !...

— U sera ici avant trois jours.

Et Frantz prit miss Ellen dans ses bras.

Elle poussa un nouveau cri. Mais ce fut le dernier. Elle avait mis son mouchoir dans sa bouche et le mordait avec fureur.

Frantz l’emporta comme il eût bit d’un enfant.

— Votre chambre est trop près de celle de votre père, dit-il. Je vais vous transporter au second étage.

Le commodore Perkins avait, comme on a pu le voir, une haine instinctive pour misa Ellen.

Cependant à de certaines heures, quand l'expression de cette haine était allée trop loin, il se calmait et avait honte de sa conduite.

Ce soir-là, quand il se lut mis au lit, il se souvint d'avoir rudoyé la jeune fille et il en eut des remords.

Au bout d’une heure qu'il eut éteint la bougie, il n'avait point encore fermé l’œil.

Tout à coup il lui sembla que des plaintes étouffées arrivaient jusqu'à lui.

Le commodore se dressa sur son séant.

Les plaintes étaient plus distinctes.

Il se leva, passa sa robe de chambre, alluma un flambeau et se dirigea vers la chambre de misa Bien.

La chambre était vide.

Les plaintes paraissaient venir de l’étage supérieur.

Le commodore, la sueur au front, gagna l’escalier, arriva dans un corridor et toujours guidé par ces cris étoufTés qui venaient mourir à son oreille, il s'approcha d'une porte qui était entr'ouverte et par laquelle s'échappait un filet de lumière.

Puis 11 poussa celte porte...

Alors il eut sous les yeux un étrange spectacle.

Miss Ellen sc lordail sur un lit sana autre assistance que Frantz, dans les suprêmes douleurs de la maternité.

Et le commodore jeta un cri terrible et tomba à la renverse en murmurant :

— Misérable!

Comme Rocambole arrivait à cet endroit du rédt de Bob, le train entrait dans la gare de Paris. Il était minuit.

Rocambole remit à plus tard la suite de sa lecture et fourra le manuscrit dans sa poche.

Puis, en sortant de la gare, il monta dans une voiture de place et se fit conduire rue Saint-Lazare.

C’était là qu’il avait loué, au nom du major Avatar, un petit appariement.

Jacquot avait grimpé à côté du cocher.

Rocambole arriva chez lui.

Mais il ne se mit point au lit, il ne continua point la lecture du manuscrit qu’il serra précieusement dans le tiroir d'un secrétaire.

Tout au contraire, il se débarrassa de ses habits de voyage et fit une toilette de ville en se disant :

— Je crois bien que Bob, en mourant, a désigné Prantz, sous le nom du major Hoff.

« Or le major lloff est ÿu clqb des Asperges dont je fais partie.

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On sait ce qui s’était passé.

Rocambole, redevenu le major Avatar, était entré au dub des Asperges, cherchant des yeux ce mystérieux personnage qu’on appelait le major Hoir et qu’il se souvenait «voir vu.

Mais le major n’y était pas.

En revanche, Rocambole avait assisté aux dernières phrases de la querelle de Lucien avec le marquis de Kouquerolles, consenti à servir de témoin au premier, et il était parti sur l’heure [tour le bois de Boulogne.

Le marquis, nous l'avons dit, était tombé roide mort. L’épée de Luden avait rencontré le cœur.

Mais Luden s'était affaissé sur lui-mème, en vomissant une gorgée de sang.

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