LXXI1I
Que Vanda fût ou non la femme de sir James Nively, pour les domestiques c’était madame.
Aussi, à sa vue, tous les beaux projets de fuite et de vol s’évanouirent, et tout rentra dans l’ordre,
Vanda, avant d’entrer, avait renvoyé cette voiture de maître qui l’avait amenée.
Elle alla droit à sa chambre à coucher, et dit à sa femme de chambre :
— Déshabil!cz-moi.
Une demi-heure après, Vanda, en peignoir d’intérieur, dans une chauffeuse, au coin du feu, prenait l'atlitude oisive et nonchalante d’une femme qui ni autre chose à faire qu’î» attendre l’homme qu’elle aime.
Les gens de l’office, pendant ce temps, se regardaient d’un air consterné, et le cocher reprochait au valet de chambre de n’avoir pas pris les trois mille francs aussitôt qu’il les avait découverts.
Une heure après l’arrivée de Vanda, un nouveau bruit de voiture se fit entendre à la porte.
C’était le grand cûupé de maître à deux chevaux qui revenait.
Cette fois, ce fut un homme qui en descendit.
Les domestiques reconnurent cet homme qui s’était
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dit l’ami de sir James et les avait si fort dominés de son regard .‘.c’est-à-dire Rocambole.
Le major Avatar était en toilette de ville, cl d’une élégance parfaite.
Aussi calme que Vanda, il ne paraissait même pas se souvenir du danger qu'ils avaient couru tous les deux, quarante-huit heures auparavant.
Rocambole entra dans l’Iiêtel, comme un maître, et, celte fois, il ne demanda pas ce qu’était devenu sir James.
11 se borna à cette question :
— Madame est-elle dans sa chambre ou au salon ?
— Dans sa chambre, répondit la camérière.
Rocambole y alla tout droit , baisa la main de Vanda et s’assit auprès d’elle.
Quelques minutes après, la camérière descendit aux cuisines et dit :
— Est -ce que vous comprenez quelque chose à tout cela, vous autres ?
— Rien du tout, dit- on d’un commun accord.
— Cependant, moi, fit le cocher, j'ai une idée.
— Voyons?
— Madame n'était pas mariée avec sir James.
— Bon ! c'est comme ça.
— Elle l’a fianqué à la porte.
— Bon!
— Et c’est l'autre qui prend sa place.
— C’est mon idée aussi, dit la camérière : tout h l'heure je me suis glissée dans le cabinet de toilette et je me suis mise à écouter ce qu’ils disaient.
— Eh bien !
— Mais je n'ai pas compris un mot.
— Ils parlaient anglais ?
— Non, allemand ou russe, je ne sais pas trop.
an
— Ça fait, dit le valet de chambre , que maintenant nous ne sommes plus au service de madame f
— Mats au service de cet autre qui voua bride les yeux quand il vous regarde ?
— Oui.
— C’est drôle, tout de mime.
— Non, dit le cocher, puisque madame est chez elle; îi preuve que lorsque nous somme» entres, noua avons eu tous affaire b elle.
— C'est juste. Après tout, pourvu qu’on noua paye. Le valet de chambre soupira, en parlant ainsi, après
les trois rouleaux de mille francs.
Or, voici quelle était la conversation de Hocautbole et de Vanda qui causaient en langue russe, ce qui n'avait pas permis il la eamérièra de comprendre ce qu'ils disaient :
— Maître, disait Vanda, B s'est passé tant de choses étranges depuis quatre jours, que je me demande encore si je ne rêve pas.
— U est certain que nous l'avons échappé belle, dit Rocambole : sans Marmouset, nous étions perdus.
— Enfin, dit Vanda, nous n'avons plus rien à craindre, ni du Pâtissier, ni de Timoléon.
— Timoléon est mort, et le Pâtissier ne vaut guère mieux.
— Je crois qu'il est blessé mortellement, dit Vanda.
— C'est du moins l'avis du médecin de l'hospice dans lequel on l'a transporté. Dans tous les cas, s'il sun it, il demeurera idiot, et nous n'avous rien â craindre de ses révélations. Mais, acheva Rocambole, qui ne put réprimer un léger frisson, il était temps que Marmouset arrachât la mèche. Dix secondes de plus et nous étions morts,
— Maître, reprit Vanda, me diraa-tu maintenant pourquoi tu as voulu que je revinsse ici ?
— C'est fort simple. Cette maison est â toi. Le contrat de vente n'a-t-il pas été passé en ton nom ?
— C’est juste... mais... sir James!
— Eh bien ! sir James habitera l'hôtel aussi.
Vanda regarda Rocambole avec étonnement.
— Comment ! dit-elle , est-ce que tu ne vas pas le laisser dans les caves de la rue du Vert-Bois ?
— Non.
— Tu veux donc lui rendre la liberté f
— Pas davantage.
— Alors, je ne comprends pas.
■— C'est fort simple, pourtant : sir James demeurera ici et il sera ton prisonnier.
— Sur parole ? fit Vanda d’un air de doute.
— Non, sous la garde de Milon.
— Mais les domestiques?..,
— Ah ! les domestiques, répondit Rocambole , tu vas les congédier ce soir même en leur donnant un mois de gratification.
— Tous ?
— Sans doute.
- — Mais sous quel prétexte ?
— Le prétexte le plus naturel du monde : tu n'aimes plus sir James et lu Cas congédié.
— Bon I
— Tu m’aime» et je prends h place de sir James.
— Alors, je fais maisou nette pour t'ètre agréable !
— Justement , et nous prenons pour domestiques tou» nos gens à nou», Noël, la Mort-des-Braves, Mita et le Chanoine. lai belle Marton devient ta femme de chambre; Gipsy passe pour la jeune sœur; Marmouset est mon neveu. La maisonnée est complète, et les Champs-Elysées deviennent notre quartier général.
— Après! fit Vanda.
— Comment 1 après ? mais tu sais bien que notre œuvre n'est point terminée.
— C'est juste.
— Et qu'il uous faut enfin les millions de la bohémienne.
— Oui, mais commenl les aurons-nous ?
— Pour le moment, c'est encore mon secret, répondit Rocambole.
Qu'était devenu sir James Nively ?
Marmouset et Milon, partant sur le» pas du chie.», à la recherche de Timoloou et p tr conséquent de Hocaittbole, l'avaient laisse soug la garde de la Mort-des- Braves et du fruitier.
Sir James était un homme de prodigieux sang-froid.
Il eut la sagesse de ne faire aucune rési- tance, rt de se laisser aller avec un Itegme tout britannique sa Courant des événements.
D'ailleurs, il n'avait pas d'armes, et -ses deux gardiens étaient de force à l'assommer d’un coup de poing s’il avait essayé de leur ccliapprr.
II ne chercha puint à briser ses liens et demeura couché sur le parquet, avec la résignation d'un fakir indien.
La nuit s'écoula. Personne ne revint.
La Mort-des-Braves et le fruitier se regardaient avec inquiétude.
Qu’était devenu le Maître?
Toute la question était là pour eux.
Enfin, vers huit heures du matin, Milon arriva, suivi de Marmouset.
A leurs visages émus, mais triomphants, le fruitier et la Mort-dcs-llraves comprirent que Rocambole était sauvé.
Milon voulut parler ; mais il ne le put.
Ce fut Marmousot qui te fit l'historien de eetlc nuit d’émotions qui avait failli être la dernière nuit de Rocambole.
Sir James ne perdit pas un mot de ce récit.
Timoléon était mort, le fait était certain ; Rocamboie était vainqueur, et, par conséquent, lui, sir James, il n'avait plus â compter que sur lui-inème pour continuer une lutte désormais inégale.
Mais cet homme était bien trempé; il ne se décou-
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rageait jamais, et il avait une Coi aveugle dans l’avenir.
Marmouset dit au fruitier :
— * Le Maître ne viendra pas. mais j'ai ses instructions.
— Qu 'ordonne-t-il? demanda la Mort-dcs Braves.
— Vous allez descendre l'Anglais dans la cave.
— Bon J
— Et vous l’y garderez à vue, jusqu’à ce que le Maître ait pris un parti le concernant.
Les volontés de Rocambole furent exécutées de point en point.
Sir James toujours garrotté fut transporté dans le caveau du fruitier et la Mort-des-Braves s'installa «uprès de lui.
On lui déliait les mains pour le faire manger ; puis, quand il avait pris son repas, on rattachait do nouvoau.
A la fin de la première journée, la Mort-des-Braves fut remplacé par le fruitier qui passa la nuit auprès du prisonnier.
Le lendemain matin, la Mort-des-Braves reprit se faction.
Trois jours s’écoulèrent.
Sir James n'était pas plus abattu que le premier jour; il comptait sur le hasard, en vrai fataliste qu'il était.
Enfin, le soir du troisième jour, au lieu du fruitier, ce fut Milon qui parut.
Le colosse portait sur sa tète une grande caisse carrée qui ressemblait à ces emballages grossiers dans lesquels on enferme des meubles destinés à voyager.
11 posa la caisse à terre et dit à la Mort-des-Braves :
— Voici le nouveau domicile de notre prisonnier.
Sir James regarda la caisse avec un étonnement qui tenait d* la stupeur.
— Nous allons vous faire voyager, lui dit Milon.
— Où me conduisez-vous ?
■ — Le Maître désire causer avec vous. Or , reprit Milon, vous conduire en fiacre est dangereux : vous pourri *z jeter des cris et attirer L'attention d'un sergent de vilh. Nous allons vous faire passer à l'état de colis.
La caisse était percée sur le coté de trois ou quatre petits trous destines à donner de l’air à l'intérieur.
Sir James s'était fait le serment de n'opposer aucune résistance.
Il se laissa bâillonner de bonne grâce et placer dans la caisse.
On posa le couvercle dessus.
Ensuite, sir James fut secoué assez violemment et comprit que Milon et la Mort-des-hraves emportaient la caisse qui, des profondeurs de la cave, remonta à la surface du sol.
Les bruits extérieurs parvenaient assez facilement aux oreilles de sir James, grâce aux trois trous percés dans la caisse.
11 entendit le fruitier qui disait ;
— Vous ne rencontrerez pas grand monde. 11 est deux heures du matin et il pleut à verse.
A la porte de la maison était un camion, comme il y en a dans les grandes entreprises de roulage, et sur lequel se trouvaient déjà différentes caisses.
On plaça parmi elles celle qui renfermait sir James, et Milon monta à côté du cocher, qui u’éiail autre que Noël.
— En route 1 dit-il alors.
Sir James fut secoué pendant le trajet à perdre la respiration.
Mais il était bâillonné et ne pouvait crier.
Ensuite, Noël faisait claquer son fouet avec un bruit assourdissant, qui eût couvert les piailles de sir James s’il eut essayé d'en pousser.
Mais sir James était résigné.
Comme le tigre des jungles indiennes fait prisonnier durant son sommeil et qui s'est éveillé dans une cage, il attendait que l’occasion de reprendre sa liberté arrivât.
Le camion roula une heure environ.
Au bout d'une heure, il s’arrêta un moment ; mais, se remettant en route, il réveilla les échos sonoros d’une voûte.
Sir James comprit qu'il entrait dans la cour d’une maison et venait de passer sous une porte cochère.
Puis le camion s’arrêta de nouveau.
Alors on reprit la caisse à bras et on la porta dans l'intérieur de la maison.
Enfin sir James entendit une voix qui disait :
— Déclouez la caisse. Il doit étouffer là dedans.
Le couvercle sauta au troisième coup do marteau.
Sir James, couché sur le dos. ouvrit alors les yeux
et vit un plafond doré qu'il reconnut.
C'était le plafond de sa chambre a coucher du petit hôtel de la rue Marignan.
En môme temps Milon le prit à bras le corps et le tira de la caisse.
Sir James se trouva alors en présence de Rocambole qui lui dit ;
— Je vous demande mille pardons, milurd, de la façon excentrique employée pour vous faire voyager.
Et il fit un signe à Milon, qui délia les mains et les jambes du baronnet.
Rocambole tenait à la main le même poignard dont sir James avait essayé de frapper Vanda, cinq Jours auparavant.
— Vous le voyez , dit-il , vous êtes revenu chez vous.
Sir James s'inclina silencieusement.
— Et si vous le voulez bien, ajouta Rocambole, nous allons causer. Peut-être finirons- nous par nous enleudre.
— Je le souhaite, dit froidement sir James.
Et il attendit.
Sir James et Rocambole avaient échangé entre eux ce regard de deux adversaires qui vont croiser le fer e« engager une lutte suprême.
— Milord, dit Rocambole, vous avez dû souffert beaucoup ces jours-ci, et je vous en fais toutes mes
excuses, mais les gens que j’ai à mon service sont grossiers et manquent d'éducation.
« Ils ne savent pas garrotter un homme sans lui meurtrir les poignets ; ils savent moins encore engager une lutte avec lui et le terrasser sans déchirer ses vêtements. »
Sir James écoutait avec un sang-froid tout britannique.
Rocambole poursuivit :
— Comme notre conversation peut être longue et que certainement vous devez avoir soif et faim, perrnettei-moi de vous faire servir à souper.
11 secoua un gland de sonnette et peu aprèfc la porte s’ouviit.
Milon et Noël reparurent.
Seulement, ils avaient revêtu une belle livrée rouge et or, une vraie livrée de gentleman anglais qui vient en France avec toute sa maison.
Ils roulaient devant eux une table toute servie.
Un pâté du Périgord, une volaille froide, du vieux vin de Médoc, une gerbe de flacons de Mme Amphoux, composaient ce souper improvisé.
— Milord, dit encore Rocambole, vous devez avoir besoin de changer de linge et de vêtements, votre cabinet de toilette est là et on n'a point louché à votre garde-robe, ne vous gênez pas...
En même temps, il s’assit au coin du feu qui pétillait et flambait sous l'influence d’un temps sec et froid.
Sir James remercia d’un geste et accepta avec empressement.
Le cabinet de toilette attenant à la chambre à coucher était une petite pièce carrée prenant jour sur le jardin par une fenêtre.
11 s'y trouvait un bahut dans lequel sir James se souvenait d’avoir serré, en prenant possession de l’hôtel, un paire de ces jolis revolvers à six coups du colonel Hoff, que jamais les arquebusiers français ne parviendront à imiter. Ce souvenir avait traversé l’esprit de sir James avec la rapidité de l’éclair.
Mais son visage ne manifesta aucune émotion et il répondit avec son flegme habituel :
— Je vous remercie raille fois de votre courtoisie, monsieur, et j’accepte votre offre... car je suis vraiment mal à l'aise dans mes vêtements déchirés et mon linge qui n’a pas été renouvelé depuis plusieurs jours.
— Faites, dit Rocambole d’un signe.
Sir James poussa la porte du cabinet de toilette avec une indifférence parfaite et la referma sur lui avec la même lenteur.
11 avait pris un flambeau sur la cheminée de la chambre et l'avait posé sur la large tablette de marbre qui faisait vis-à-vis au hahut.
Celui qui eût vu sir James en ce moment n’eût pas soupçonné que l'espérance d’une évasion l'envahissait tout entier.
En effet, il revint vers la porte qu'il avait fermée, et tenant d’une main un pot à eau dont il vida bruyamment le contenu dans la cuvette il poussa de l'autre le
verrou de sûreté de la porte, qu’il fallait désormais enfoncer pour pénétrer dans le. cabinet de toilette.
Cette pièce était dans l’état où sir James l'avait laissée, et rien n’indiquait qu'on y eût pénétré.
Le bahut qui renfermait les revolvers était fermé.
Sir James avait l’habitude d’en mettre la clef bous le socle d'un petit vase de Chine posé sur une étagère.
Il souleva le socle et trouva la clef.
Dès lors il pouvait compter sur ses revolvers.
En outre, la fenêtre dont les rideaux étaient tirés, donnait, nous l’avons dit, sur le jardin.
Sir James eut bientôt arrêté son plan d’évasion.
Essayer de passer sur le corps de Rocambole était folie. Il pouvait bien le tuer d’un coup de revolver, nuis Milon accourrait, et Noël ensuite ; et, bien qu’il eût li vie de douze hommes dans ses mains, une telle nwusqueterie ne mettrait-elle pas tout le quartier en émoi.
L’évasion par la fenêtre était une chose plus simple, et ses revolvers ne devaient servir qu’à protéger si fuite.
Sir James ouvrit donc le Iwhut, y plongea les roiins, et rencontra ses revolvers qui étaient cacliés sous une pile de mouchoirs.
Il les mit dans sa poche et courut à la fenêtre.
Mais là, une surprise désagréable l'attendait.
Quand il eut tiré les rideaux, il s’aperçut qu'on anil posé à la fenêtre des volets intérieurs assez semblables à ces rideaux de tôle qui descendent le soir, devant 1« cafés, à l'aide d’une roue d'engrenage, et qui forment la plus solide et la plus inattaquable des fermetures.
Sir James eût en vain usé ses ongles sur cette surface polie.
Il fallait donc, s’il voulait sortir, sortir par la porte et s'ouvrir un passage les armes à la main.
Sir James n’hésita pas.
Il tira sa toilette, changea de linge et s'habilla avec ce rigorisme de confort et d’élégance un peu roide qui caractérise les Anglais de haute vie.
Les deux revolvers étaient dans ses poches.
Quand il eut Fini, il fit courir le verrou dans sa gâte et ouvrit la porte.
Rocambole, assis au coin du feu, fumait tranquillement une cigarette espagnole, un papelitos, coma* on dit.
Milon, une serviette sous le bras, se tenait debout devant la table.
— Tu peux aller te coucher, lui dit Rocambole. Milord et moi nous avons à causer assez longuement.
Milon fit un pas vers la porte.
— Dis à Noël d’en faire autant, ajouta Rocambole.
Sir James tressaillit d’aise.
— A table, milord, dit encore celui que Milon aoplait le Maître.
— Il parait, pensa sir James en s’asseyant que b fenêtre murée n’est pas la seule précaution qu'on ait prise.
Ht il faisait cette réflexion en jouant avec un de* couteaux de table.
• Ils étaient ronds par la bout, à lame d’argent, tout a*
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Néinai.i#», la fruitier le reconnut (Pire *65).
plus bons à couper de la croûte Je pâté, et il ne fallait pas que sir James songe.il à s'en servir pour perforer la poitrine de Rocambole.
— Mais, se dit-il encore, il a compté sans mes revolvers.
Et il se plaça vis-à-vis de Rocambole, mettant toute la largeur de la table entre son adversaire et lui.
Puis, avec une urbanité parfaite :
— Je suis maintenant, monsieur, tout disposé à vous entendre.