‹ [Le Dernier mot de RocamboleChapitre 99 sur 100 · I.BS CHEVALIERS DD CLAIR DE LUXE · texte numérisé non relu

I.BS CHEVALIERS DD CLAIR DE LUXE

Hélas ! habent sua fata libelll , et vous allez voir quelle devait être la destinée de ce nouveau roman.

À partir de ce moment, comme vous le pensez bien, les personnages des premiers récits disparurent.

Pour me conformer au désir que m’avait exprimé Rocambole, le dénoftment du dernier épisode avait été tran-p irté en Espagne, bien que, en réalité, il eût eu lieu en France.

Rocambole n’était pas au bagne de Cadix, mais à celui de Brest.

11 fallait donc, absolument, trouver une intrigue de fantaisie et des personnages imaginaires, puis un beau matin, c’est-à-dire à la fin d’unr feuilleton quelconque, faire apparalire Rocambole.

Je me conformai à ce programme, ne sachant point combien je le regretterais un jour.

Toujours pour satisfaire mon héros mystérieux, je l’avais défiguré, ce qui, je l’avoue, était tout à fait faux.

La comtesse Artoff n’avait point poussé l’amour de la vengeance jusqu’à cet acte d’atroce barbarie.

Mais Rocambole ne songeait point alors à sortir du bagne, et j’avais dû lui faire cette concession, toujours en vue de dérouter la plupart de ceux qui auraient intérêt à savoir s’il avait ou non existé réellement.

Je ne vous raconterai pas les Chevaliers du clair de lune, et cela pour deux raisons : la première, c’est qu’ils ne vous amuseraient pas ; la seconde, c’est que je ne me rappelle guère que ceci :

Un coquin titré avait besoin un jour d’un homme habile. Il se rendait rue de la Michodière et trouvait dans une manière de bureau de placement, un monsieur qui changeait dix fois de costume, de perruque et de visage en dix secondes.

C’était le Rocambole imaginé pour les besoins de ce nouveau roman.

Les Chevaliers du clair de lune eureut un succès médiocre, dès le début.

Cependant j’espérais mettre la main sur quelque épisode inédit de l'histoire des Valets de cœur ; et void sur quoi je fondais mes espérances.

Pas plus dans les notes de Rocambole que dans celles de Timoléon, je n’avais trouvé un mot, ni un fait qui se rapportât à ce mystérieux garçon de salle du pavillon d’Arinenonville, qui avait été la cause première de la publication des Drames de Paris.

— Ah! me disais-je quelquefois, si je pouvais seule-

LE DERNIER MOT DE RüCÀMBOLE

ment retrouver cet homme, je saurais bien le faire parler.

Et je courais tous les cafés, tous les restaurants de Paris, espérant le découvrir.

— Je trouverai toujours bien le moyen de l’intercaler dans mon roman, me disais-je.

Et les Chevalier s du clair de lune paraissaient toujours.

Il y a sur le boulevard Montmartre, au numéro 17, un office de changeurs sur la porte duquel on lit :

Charles Manteaux et Benjamin Lunel.

Entrez-y à quatre heures, et vous tous qui avez entendu dire tant de singulières choses de ce qu’on est convenu d’appeler les gens d'argent, vous serez hien étonnés, je vous l’affirme.

Voua entendrez parler du dernier livre de madame Sand, de la dernière pièce de Dumas fils et du violoncelliste en vogue, et de mademoiselle Patti qui nous a fui, et de notre cher maestro ÛITenbach qui nous Ta vit chaque soir sur deux ou trois théâtres à la fois.

Cet homme au sourire spirituel , à la barbe blonde, \ l’air aimable que vous voyez à son bureau, c'est M. Monteaux.

Vous l’avez rencontré à la première des Idées de madame Aultray , vous le verrez demain à la représentation de gala de l’Opéra.

Il sait tout et cause de tout. Il aime les gens de lettres, les artistes et les auteurs, il leur donne d’excellents conseils pour le placement de leurs petites économies, et quelquefois des conseils fort judicieux et marqués au coin d'une saine critique pour leurs livres.

A côté de lui, cette figure brune, accentuée, mélange de la race bordelaise et du sang portugais, est celle de M. Benjamin Lunel, le gentleman qui fait courir, l’habitué, comme son associé, de toutes les solennités artistiques.

Que si vous entrez à quatre heures, vous trouverez assis autour d'eux une demi-douzaine de flâneurs tous connus, sinon célèbres, depuis Habban le courriériste, plein d’humour du Charivari , qui nous fait rire aux larmes en signant Castorine, jusqu’à Lafont, l’inimitable comédien.

Notre pauvre Lambert Thiboust y venait souvent et il y a fumé bien des cigares.

Or donc, un soir, à quatre heures, j’étais chez Monteaux, comme on dit, à fumer et à m’enquérir des nouvelles du jour, lorsqu’un homme entra et demanda la monnaie de mille francs.

J’étouffai un cri à sa vue et lui sautai presque au collet.

C’était mon garçon de salle du pavillon d'Armenonville.

— Cette fois, lui dis-je, je vous liens, et vous ne m’échapperez pas I

11 pâlit, balbutia et me dit ;

— Monsieur, ne faites pas d’esclandre. Je suis prêt à vous suivre.

Et il sortit en effet. Mais je le tenais par le bras à la grande stupéfaction des personnes qui avaient assisté à cette scène.

Quand nous filmes sur le boulevard, fl me dit :

— Je sais qui vous êtes... Vous êtes l’ami de Kocambole...

Je fis une légère grimace qu’il ne comprit pas, et il poursuvil :

— Si vous voulez m’emmener chez vous, je vous dirai tout.

— Vrai ?

— Je vous le jure.

Et il tremblait en parlant.

Je l’emmenai , chez moi, et il me suivit sans résistance. Mais, quand nous fûmes dans mon cabinet et bien seuls, il se jeta à mes genoux :

— J’aime autant, me dit-il, en finir tout de suite.

— Comment! en finir?

— Sans doute, Rocambole a juré ma mort... Eh bien! tuez-moi !...

Je voulus le rassurer; mais il secoua la tête:

— Non, me dit-il, j’aime autant mourir... la vie que je mène est affreuse... tuez-moi... seulement, ne me faites pas souffrir...

Je commençais à comprendre que j'avais un fou devant moi.

Mais comment ce fou était- il en liberté ?

Comment avait-il dès billets de mille francs en sa possession ?

Il y avait là une énigme que je me jurai d’éclaircir.

Et, feignant d’abonder dans son sens, je lui dis :

— J’ai des ordres sévères, et je ne sais pas encore ce que Rocambole décidera. Cependant je vous promets de remplir ma pénible mission avec humanité. En attendant, vous allez rester ici.

Une idée lumineuse m’était venue.

— Timoléon , m’étais-je dit , doit connaître cet homme.

Et, tandis que le malheureux se tenait devant moi dans l’attitude d'un patient qui attend l'heure de son supplice, j’écrivis à Timoléon quelques lignes, en le priant de venir sur-le-champ.

Mon domestique partit avec ma lettre, et j’avoue que l’heure qui s'écoula me parut longue.

On n’est pas en tète^-téte avec un fou avec l’esprit aussi calme et le cceur aussi joyeux que si l'on avait affaire à une jolie femme.

Pendaut cette heure-là, mon fou se promena de long en large dans mon cabinet, comme une bêle fauve dans une cage.

Quelquefois il s’arrêtait et me regardait moitié farieux, moitié tremblant.

Puis il recommençait sa promenade, d'un pas inégal et brusque, marmottant des paroles sans suite au milieu desquelles revenait sans cesse le nom de Rocambole.

LA VÉRITÉ S UH ROCAMBOLE

Drus o« irait findins (lie jf cottUtoti* t peine. (P«e sis.)

I n moment, il me fit frémir.

J'avais sur ma cheminée un joli revolver de Lcfaucheux, arme toute nouvelle, et qui commençait à faire une concurrence sérieuse aux pistolets américains du colonel Kolt.

Le fou s’en approcha, le prit et le tourna plusieurs fois dans ses mains.

Le revolver était muni de ses six cartouches.

Le fou essaya de l'armer ; heureusement ce pistolet est muni d'une baguette qui forme broche et qui empêche le cylindre do tourner.

Peut-être dus-je mon salut à cette circonstance.

Je me précipitai sur cet homme et je lui arrachai lo revolver des mains.

II n'opposa du reste aucune résistance.

— Je voulais me briller la cervelle, me dit-il avec calme et presque en souriant.

— Ou me tuer, lui dis-je.

Il se jeta h mes genoux et protesta de la véracité de ses paroles.

— Non, non, me dit-il, je suis incapable d’un meurtre. Je ne suis pas un valet de cœur, moi.

Il prit une chaise et s'assit, puis il posa sa lé'.o dans ses deux mains, les coudes sur ses genoux et parut résigné h attendre que Rocambole eût décidé de son sort. Car il ne doutait pas que la lettre qu'il m’avait vu remettre H mon domestique ne lui Rtl destinée.

Enfin, j’entendis le bruit d'une clef dans la serrure de l'antichambre.

C’était mon domestiquo qui rentrait, et je compris qu’il n'était pas seul, car d’autres pas que les siens se firent entendre.-

La porte s’ouvrit et Timoléon parut.

Il s'arrêta stupéfait, sur le seuil, à la vue de mon prisonnier.

A sa vue aussi, mon homme, qui avait levé la tête , eut un geste de surprise.

Puis, une grande joie se peignit sur son visage ;

— Ah ! dit-il, vous venez me sauver, aYst-ce pas?

Timoléon me regarda :

— Que faites-vous donc de cet imbécile ? me demanda-t-il.

— Cet imbécile ?

— Oui, c’est mon ancien secrétaire.

— Hein?

— Il est devenu fou en écrivant sous ma dictée l’histoire de Rocambole.

— Que voulez-vous donc dire ?

— Je le vois bien. Sa folie consiste à ae croire une victime des Valets de Cœur dont il n a Jamais entendu parler autrement que par moi.

— Comment! il n’a jamais vu Rocambole?

— lamais

— Il no lui est arrivé aucune aventure... fâcheuse ?

— Aucune. •

J’étais abasourdi.

— Mais enfin, lui dis-je, d’où vient-il ? que fût-il? comment s’appelle-t-il?

— Je l’avais pour secrétaire, je l’ai renvoyé.

— Bon !

— 11 a fait alors tous tes métiers ; il a été cocher, chasseur, valet de pied, m^jordonje. Pour le moment , je crois qu’il est au service de la princesse D..., une Russe qui habite la rue Drouot.

Ceci m’expliquait le change du billet de mille francs.

— Enfin, acheva Timoléon, il se nomme Joseph Roux, mais il a la déplorable manie de se faire appeler Venture, en souvenir d’un des hommes de Hocambole.

— Bien!... j’y suis.

Comme on le voit, ma dernière espérance venait de s’évanouir.

Néanmoins les Chevaliers du clair de lune poursuivirent leur carrière à travers mille péripéties et mille ennuis.

Les esprits frappeurs avaient complètement envahi les bureaux de la Patrie.

Dénoncé par l’un d’eux comme se livrant à des opérations hasardeuses, le bon caissier, qui était venu «1 souvent à mon aide, avait été congédié.

Une foule de morts illustres s’élevèrent contre le Rocambole de fantaisie qui traversait mon roman.

Ui) jour M. Delamarre me fit venir et me dit;

— 11 faut faire disparaltro Rocambole.

— Pourquoi ?

— On a consulté de nouveau Fénelon.

— Ah !

— Et Fénelon persiste dans son opinion.

— Mais Charlemagne ?

— Charlemagne, me répondit gravement le direc-

teur de la Patrie , a bien d autres chats à fouetter que de s'occuper de vous.

Rocambole disparut. I.c roman fut long, trop long même, car les esprits achevèrent de me perdre dans celui de M. Delamarre.

J’avais été l’enfant gâté de la maison, j’en devins le paria.

Mon roman terminé, je quittai la Patrie, et. j’émigrai successivement à la demi-douzaine de grands journaux politiques qui n’étaient point fréquentés par les gens de l’autre monde.

Je passai de l'Opinion nationale au Cons titu lionne / , et du Pays à la France.

Sept ou huit années s’étaient écoulées et je ne songeais plus ni à Rocambole ni aux esprits qui m’avaienA chassé des colonnes de la Patrie, lorsque, un soir, comme je rentrais chez moi, on me remit une carte.

Elle portait un nom qui m’était inconnu ;

Le major Avatar.

Mon domestique me dit :

— Ce monsieur reviendra demain. Mais si monsieur soupe totgoiffs avec M. Gustave Claudin au Café anglais, il est possible que monsieur rencontre cette personne.

— Au Café anglais ?

— Oui.

Je n’avais guère envie de souper, mais la curiosité m’entraîna et je pris la route du Café anglais, où j’étais certain de trouver Claudin et Xavier Aubryet, encore un esprit charmant et paradoxal que vous connaissez tous.

Qu’était-ce donc que le major Avatar ?

Claudin n’était pas au Café anglais. Aubryet non plus.

Deux ou trois gandins que je connaissais à peine achevaient de souper dans un coin du petit salon du premier.

J'appelai Philippe.

C’était le garçon qui nous servait d’ordinaire.

— Connaissez- vous le major Avatar ? lui dis-je.

— Oui, monsieur, me répondit-il. C’est un officier russe qui vient ici depuis quelques jours; mais je crois bien qu’il est parti.

— Depuis quand ?

— Je ne sais pas. Tout ce que je puis vous dire c’est qu’il a parlé avant-hier de son prochain départ.

— Ah!

Comme cette exclamation m'échappait, un homme entra.

— Le voilà, me dit Philippe.

Je vis un homme de trente-six à trente-huit ans, mince, avec de petites moustaches brunes, d’une mise élégante et simple qui vint droit à moi et me dit :

— Je vous demande mille pardons, monsieur, de vous avoir dérangé.

LA VÉRITÉ SUR ROCAMBOLE

Et il s'assit à ma table.

Je le regardais avec curiosité et je me disais :

« 11 me semble que j'ai déjà vu ce personnage quelque part. »

11 fit un signe au garçon qui se retira discrètement, et nous demeurâmes seuls.

— Monsieur, me dit-il alors en souriant, je vois que vous ne me reconnaissez pas.

— En effet, répondis-je.

— Rassemblez bien vos souvenirs...

— C’est ce que je m’efforce de faire... mais..

— Mais vous n’y parvenez pas ?

— Je vous l’avoue en toute humilité.

— Vous me connaissez pourtant beaucoup , bien que vous m’ayez vu deux ou trois fois à peine.

Cette voix claire, bien tranchée, sympathique, ce regard franc et fier achevaient de me dérouter.

U se mit à sourire :

— Voyons, me dit-il, avez-vous oublié votre voyage en Bretagne?

Je tressaillis.

— Et la rue Jean-Bart, poursuivit-i!, et le forçat Cent-Di x-Sept ?

J’étouffai un cri.

— C’est moi, me dit-il.

— Vous I

— Oui.

11 posa un doigt sur scs lèvres :

— Chut ! on pourrait nous entendre...

Et comme je lui témoignais une véritable inquiétude, non pour moi, mais [tour lui, il se hâta d'ajouter, sans rien perdre de son calme :

— Oh ! rassurez- vous... je n’ai rien à craindre...

— C’est donc vous ?

— Sans doute.

— Mais vous étiez condamné à perpétuité? ?

— Oui.

— Alors on vous a gracié ?

— Non. Je me suis évadé. ,

— Et vous dites que vous n’avez rien à craindre ?

Un sourire mélancolique vint à ses lèvres :

— Absolument rien, me dit-il, j’ai acquis le droit de rester libre.

— Comment cela ?

— Oh I fit-il, c’est une histoire trop longue pour

que j’entreprenue de vous la raconter ici, il nous faudrait plus d’une nuit pour cela, mais j’ai des notes à votre adresse. .

— Vraiment?

— Et vous pourrez faire un nouveau roman, que vous appellerez ma Résurrection.

Je le regardais avec une sorte de stupéfaction.

— Monsieur, reprit-il , mon évasion n’a rien qui doive vous étonner, si vous vous souvenez comment je suis allé vous voir à V Hôtel des Voyageurs à Brest.

— En .effet, balbutiai-je.

— Seulement je me suis évadé non du bagne de Brest, mais de celui de Toulon, où l’on m’avait transféré.

— Mais observai-je, ne m’aviez-vous pas dit que vous vouliez mourir au bagne

— C’est vrai.

U pencha un moment la tête sur sa poitrine, et je devinai qu’il était en proie à une véritable émotion.

Puis il reprit : -

— Tant qu'elle n'a rien su, je suis resté au bagne.

H faisait allusion à cette femme que dans le roman

j’ai appelée Blanche de Chamery et qu’il avait fini par aimer comme sa sœur.

— Mais ello sait tout, maintenant, continua-t-il, et elle m’a pardonné. Alors, puisque j’avais le pardon de l’ange, j’ai voulu avoir celui des hommes. J’ai voulu mettre au service du bien cette intelligence, ce courage, cette énergie que j’avais eus pour le mal. Vous le verrez par la note que je vous laisse.

— Mais, lui dis-je, vous quittez Paris ?

— Oui, je reviens de Londres et je vais dans l’Inde.

— Dans l’Inde 1

— J’ai line mission... une tâche plutôt, que je me suis imposée... et je veux la remplir... Après...

11 hésita.

— Après ? fis-je.

— Si Dieu ne veut pas m’accorder le repos de la tombe, je continuerai à marcher droit devant moi, allant partout où il y aura des oppresseurs'et des victimes, pour terrasser les premiers et relever les autres.

Il me dit cela simplement, san9 emphase ; mais, en ce moment, il me parut haut de six pieds, et je me demandai si c’était vraiment le même homme que j’avais vu couvert de la livrée de l’infamie.

— Je serais allé chez vous demain, poursuivit-il si je ne vous eusse rencontré ici. Je pars demain soir.

— Et vous allez dans l’Inde ?

— Oui.

— Mais vous en reviendrez ?

— Dans deux ans, à moins que je ne fasse naufrage ou que jo meure.

— Et vous m’apportez des notes ?

— Un homme qui m’est dévoué et qui a été le compagnon assidu et journalier de cette seconde période de ma vie que vous ne connaissez pas encore, vous les portera demain.

11 sc nomme Milon.

Sur ces derniers mots, il se leva, et me salua.

Je voulus lui tendre la main.

— Non, me dit-il, pas encore. Je ne suis pas réhabilité.

Et il sortit, me saluant une seconde fois, et me laissant véritablement stupéfait.

Le lendemain, en effet, je reçus la visite de Milon.

Il m’apportait les notes de Rocambole.

Je mis huit jours à les lire.

Elles s’arrêtaient à la fin de la Résurrection, c’est-àdire au moment où Yanda et Milon, suivant Rocambole

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