‹ Le dernier oncle d'Amérique vaudeville en un acteChapitre 7 sur 31 · I.A PORTIÈRE · texte numérisé non relu

I.A PORTIÈRE

M. Anatole?..

ANATOLE

Qu’est-cc que c’est? encore une note? Je suis sorti , je ne rentrerai que très tard... bonsoir ! •

LA PORTIÈRE

Du tout. Monsieur, du tout... c’est une lettre!

Une lettre... donnez donc, donnez donc, alors...

LA PORTIÈRE

Donnez donc, donnez donc... et le coût de la lettre ?

ANATOLE

Quoi, le coût ! le coût, quoi?

LA PORTIÈRE

Le coût... le prix... le port... ‘je ne la donne pas de sans , je vous en avertis.

ANATOLE

Pas de sans ! Confiance qui m'honore. ( U foullk dans sa poche, et à. part.) Personne! quelle humiliation! (Haut) Au fait, gardez-la, votre lettre... vous n'aurez pas vos trois sons... à lias la poste! je destitue la poste!

LA PORTIÈRE

Comment, trois sous! Elle en coûte bien quatorze... ça vient des pays d’antre-mer.

ANATOLE

Hein? d’outre-mer... vous dites... voyons...

oui... (IcPAmérique, peut-être... Ah! moi Dieu !

JULIEN

Si c'était de ton quatrième oncle. . .

ANATOLE

J'y pensais... donnez , donnez... ma chère veuve Comu... je l'accepté, la lettre. v

LA PORTIÈRE

Vous l’acceptez-. . et le coût donc ? *

ANATOLE

Ah! maudite femme! là, là, dans le tiroir.

(H lui prend 1a lettre et l’ouvre à part) Va , va, cherche dans le tiroir , vieille vipère !

LA portière , allant à la commode.

Dans le tiroir.

ANATOLE

Voyons... ah! ciel! mes amis, mes bons amis... Galuchet existe... il existe. Galuchet!.. tocs.

H se pourrait...

ANATOLE

Ah! soutenez-moi... je crois que je vais m’évanouir... 11 revient, ce cher Galuchet... il est en France, Caluchet.. le monarque, le potentat des oncles... Vive Galuchet I" ! O ma grandmère , vénérable grand-mère , créatrice de mes quatre oncles, je bénis ta fécondité!

la portière. ,

Ah ça ! mais lequel de tiroir ? En voilà trois que je parcours, et je n’ai trouvé que deux faux-cols.

ANATOLE, avec hauteur.

Quoi? qu’est-eeque c’est ? qu'est-cc que. vous voulez , portière ? *

, LA PORTIÈRE

Comment, ce que je veux... eh bien! et mes quatorze sous, donc... qu’il n'y en a pas le moindre, dans ces tiroirs.

ANATOLE

Quatorze sous ! tu osés nu* réclamer quatorze sous... à moi... qui tiens mon quatrième oncle.

LA PORTIÈRE, CtOÛOée.

Son quatrième oncle!..

ANATOLE

A moi qui vais rouler sur l'or et sur l’argent.. Est-ce pour m’humilier, portière?

LA FORT1ÈRH.

Mais, Monsieur...

AÏS ATOLE.

Mais , mais J’aurai des chevaux, des voitures, des chamans... J'en aurai beaucoup de chamans, j’en aurai peut-être plus que vous des di amans , portière !

LA PORTIÈRE

Ah! bon Dieu du ciel!., qu’cst-ce que j’enternU... de la fortune, des diamans! Je cours l'annoncer au propriétaire. (f*u»c sortie.) .

ALFRED

Et nous, à tes créanciers...

ANATOLE

Cest ça ! j’espère qu’à présent on ne nous refusera plus à déjeuner.

LA PORTIÈRE, revenant a Anatole.

Dites donc. Monsieur, faudra pas vous gêner... ANATOLE.

Couitncul?

LA PORTIÈRE

Par rapport aux quatorze sous... toujours à votre service. Vot' servante , Monsieur.

(Elle sort.)

1 ANATOLE

Au revoir, mes bons amis î

Ai* : Val»* Itjtorv. (»■ «M'eut.

Oui, de rechef, le destin me seconde;

• Chacun voudra me plaire et me servir.

Ah ! mon bon oncle, enfin, de l’autre monde Que vous avez bien fait de revenir!

Dieu soit loué L Je tiens le quatrième ;

Je vais quitter cet horrible grenier...

ALFRED

Sois, cette lois, d’une prudence extrême,

El dis-toi bien : Quatrième et dernier.

ENSEMBLE

, un JBCNKs nets.

Oui, de nouveau, le destin le seconde; • Chacun voudra lui plaire et le servir.

Ah ! bon vieillard, enfin, de l'autre monde nue vous avez bien fait de revenir l

(Le* «fm> tarifât. }

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