‹ Le dernier quartier: comédie en deux actes en versChapitre 32 sur 40 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

« Ne pourrons-nous jamais dans l'océan desâges.,. Jeter... Fancre... un seul jour? »

RAYMOND, mélancoliquement.

C'est beaul n'est-il pas vrai, ma chère?

La Bible seule et lui, ce poëte des pleurs, Ont ces accents qui vont à toutes les douleurs.

JEANNE, stupéfaite, à part.

Hein I qu*est*ce qu'il dit donc ! à présent, il Tadmire!

RAYMOND

a Que tout ce qu'on entend, Ton voit ou Ton respire.

Tout dise : Ils ont aimé! »

Ah ! beau cygne blessé, plaintif amant d'Elvire !

JEANNE, se lerant et aliantà son piano.

Ohl mais, il faudra bien qu'il y vienne I... En avant La romance ad usum pueUœ du couvent!

(Elle ouvre son piano, s'assied deyant et dispose sa moiiqnd.)

RAYMOND, qai rôve sans la roir.

« Tout dise : lisent aimé! > Soupir charmant d'une âme heureuse d'ôtre trisle I

JEANNE

A cel ëpreuve-ià, nous verrons s'il résiste.

(Elle chante & contre-temps et regarde son mari») c Si vous croyez que je vais dire, Qui j'ose estimer?

Je ne saurais pour un empire Le confesser 1 »

(Silence. Jeanne reprend plus haut, en s'aciompagnant plu fort.)

<K Le confesser! »

(Nouveau silence. Jeanne se tourne vers son mari et dit plos fort.) « Le confesser I »

(a pan.) C'est étonnant ! cela le crispait ce matii^«

RAYMOND

Mon Dieu! tronquer les vers est mauvais, c'est certain. Excusable pourtant. C'est de cette manière Qu'on garde aux jeunes cœurs leur cliastetë première, Et, qu*épouse plus tard, la jeune femmo encor

(Bas.)

Vit pure^ irréprochable, aimée... el sans ténor.

JEANNE, dépitée.

11 prend tout au rebours! Mais que faire? que faire? Je ne suis pas heureuse. Essayons du Trouvère. (Elle alUqae bnisqnement le Miserere,)

RAYMOND, loirant la mesure.

Bien, ma chère, très-bien 1 votre jeune talent S'affine chaque jour et devient excellent.

JEANNE, forieose et |oaant toujoon.

Il ne va pas du tout I

RAYMOND

Verdi 1 chantre robuste!

Biais on peut chanter fort^ lorsque l'on chante Juste.

JEANNE, ioojours joaaoi*

Rien ? nous allons bien voir!

RAYMOND^ à lui-même ayec mélancolie.

Âh! la dernière fois Que j'entendis cela, j'étais... je m'y revois, Aux Bouffes, dans sa loge, assis à côté d'elle ; Le mari dormait, lui ! vraiment elle était belle I Je lui tenais la main pendant qu'elle écoutait.

(Se lerant.) Eh 1 parbleu, mais c'était ce Brenti qui chantait.

(n marche avec agitation.)

JEANNE, qoi le soit des yeax.

Enfin!

(Elle Joue plas fort.)

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