‹ Le dernier rendez-vousChapitre 15 sur 30 · PUY-DE-DÔME · texte numérisé non relu

PUY-DE-DÔME

Versailles, dimanche 28 juin.

Grâce à la protection de M. Lazare, que j'ai eu l'honneur de rencontrer dans la prison de Versailles, j'ai pu obtenir de mon geôlier qu'il desserrât un peu mes cordes.

Le spectre de Champollion te demanderait l'explication des rébus qui garnissent la chambre des ancêtres de Touthenès, tu ne serais assurément pas aussi embarrassé que je le suis aujourd'hui de comprendre la ridicule position dans laquelle je me trouve.

Je suis en prison, accusé d'avoir tué ma malade !

J'ai beau nie torturer la cervelle, reprendre mon histoire du juar où, pour mon malheur, j'endossai i'habit, la oerruque et le nom de Lebidois, je ne trouve rien, absolument rien qui m'éclaire un peu sur mon prétendu crime.

Voici, avec toute l'abréviation possible, ce qui s'est passé depuis l'instant où je fus introduit auprès de Louisa.

Pendant la première journée de l'exercice de ma nouvelle fonction, tout avait marché au mieux. On avait ponctuellement avalé mes infusions de mauves, cette innocente panacée que je me proposais bien de prescrire à quiconque viendrait me consulter. J'avais coupé à Louisa quelques mèches de ses beaux cheveux noirs ; un emplâtre de mie de pain et d'huile d'olive avait fait un premier appareil de pansement. Il était décidé qu'à moins d'accidents fort graves, on ne regarderait pas la blessure avant quatre ou cinq jours. Ma présence devenant indispensable de jour et de nuit, Mmc d'Alton m'avait fait prépare! une chambre au-dessus de cette de Louisa. Le soir, quand je fus installé, je M ne sentais plus d'aise, je fredonnais des chants rustiques de Pierre Dupont, je me tordais dans mon habit vert-pomme, j 'embrassais ma perruque, j'étais fou-ivre de mon rôh <J. Lebidois.

Le lendemain, je me présentai de nouveau avec ma physionomie doctorale auprès de Louisa. Je tâtai le pouls de la malade. — Vous allez beaucoup mieux, lui dis-je; vous devez avoir eu une bonne nuit?

— Mais, oui, Monsieur, répondit en souriant Mme d'Alton ; nous l'avons passée tout entière à causer ensemble, et madame ne s'est pas plainte une seule fois delà fatigue.

En un instant, je passai par toutes les couleurs du prisme. On n'avait pas déjà trop bonne opinion de moi dans la maison, et cette sottise me rendait, aux yeux de ces dames, plus ridicule que ne l'eussent été les médecins de Molière. Je remontai dans ma chambre et je tombai sur une chaise. J'étais hébété comme un pensionnaire de Bicêtre. Je retirais ma perruque qui devenait parfaitement inutile. Il ne me restait plus qu'à attendre l'instant où je pourrais me glisser le long des murs et disparaître sans être vu. Mais je n'étais pas au bout de mes humiliations. J'ouvris la fenêtre pour observer les mouvements de la place, et je recueillis Jette aimable phrase, adressée par une de ces James à la femme de chambre :

« Est-ce que ce M. Lebidois ne va pas bientôt partir? — Je rentrai précipitamment et, craignant

qu'on ne vînt me huer et me siffler comme un saltimbanque de quatrième ordre, qui aurait mis un faux-°ol pour jouer Hernani, je n'osai paraître fo la journée. En proie à des craintes terribles, je passais à chaque instant de ma chambre dans un cabinet attenant à l'alcôve. Lorsque Julie monta le dîner, je m'y retranchai si brusquement, que je donnai de la tête et des bras dans la porte d'une armoire qui céda sous le choc. Dois-je appeler cela une armoire ou une cave? Cette question est sans importance, sans doute, mais le fait est que je trouvai là une superbe collection de bouteilles baptisées au noms des crus les plus respectables. Les conditions d'esprit dans lesquelles je me trouvais ne me permirent pas de m'appesantir sur l'horreur d'un abus de confiance et de lèse-hospitalité. Quand je me fus assuré que Julie n'était plus là, je posai sur la table de quoi me faire envisager ma position sous un aspect infiniment plus agréable. Je bus une bouteille, deux bouteilles, h la troisième, je me proposai d'offrir des chaises à ces dames, si la fantaisie leur prenait de monter; a la quatrième, je n'y étais plus du tout. Je me voyais le pi us heureux des hommes ; on me trouvait charmant, je possédais Louisa et l'on me faisait un triomphe comme à Raphaël et Michel-Ange. Je

passai toute la nuit dans un oubli complet de raa position. Vers le matin, j'allais, je crois, m'assoupir, quand je fus tiré de mon apathie par un bruit épouvantable de voix et de meubles renversés. J'étais encore tout étourdi, j'oubliai mon habit, ma perruque et je me précipitai de l'escalier au salon J'y trouvai Mme d'Alton penchée vers une femme étendue à terre ; je vis du sang, puis des gens inconnus, puis tout tourna autour de moi et je ne vis plus rien. Lorsque je revins à moi, j'avais les mains attachées, j'étais dans une voiture entre deux gendarmes. Je ne pus arracher d'eux que ces phrases assez peu rassurantes : Vous êtes le second assassin qu'on a arrêté à Verrières depuis trois jours, votre affaire est claire, nous vous conduisons à la maison d'arrêt de Versailles. Je restai atterré.

Hier j'ai, comme disent les prisonniers, pris possession de ma maison de campagne. C'est un triste séjour, mon pauvre vieux, que celui où l'on vous fait traverser vingt corridors noirs et enfumés, où l'on ouvre vingt portes qui se referment à triple tour derrière vous, où le soleil est presqu'un mythe et 1© vin une simple question d'imagination!

Arrivant à l'heure de la recréation, on m'a introduit dans une grande cour carrée, enceinte de

murs hauts de quarante pieds au moins et garnis dune imposante couronne de tessons de bouteilles. On appelle cela le préau. Je me suis trouvé au milieu d'une vingtaine de têtes curieuses et joviales. Tous les gens qui sont là m'ont paru s'amuser beaucoup. Je les ai laissé me regarder tout à leur aise; après quelques minutes d'un examen silencieux, chacun a repris son travail, son jeu ou sa conversation, et je suis resté seul avec mon geôlier. Je marche de surprise en surprise, voilà que je suis en pays de connaissance, mon geôlier es1 cousin germain deM. Léonard Perdrizeaux, de Moulins, tu sais l'homme au portrait et à la tabatière. Cette rencontre m'a été du plus grand secours. Malgré l'aspect repoussant et la mine patibulaire de ce porte-clefs, je me suis mis tout de suite avec lui sur le pied de la plus vieille intimité. Je l'ai entretenu longuement des beautés de son pays, des améliorations apportées dans la capitale du Bourbonnais, j'ai fait de Moulins la seconde ville de France. J'ai aussi parlé dans les termes les plus avantageux de son imbécile de cousin, ce vieux débris do l'école de 1820, ces gens qui se flattaient de dire si bien U vers. Perdrizeaux avait presque des larmes ;lan« . > \ a quand j'ai raconté la fantaisie sublime de son cousin se faisant peindre dans un costume en

rideaux rouges. Après une demi-heure de causeries, j'avais capté l'amitié de mon farouche gardien. C'est bien, après son cousin, le plus drôle de corps que j'aie jamais rencontré. Il a conservé, comme Léonard, des allures théâtrales. — Monsieur, m'a-t-il dit en me prenant la main, j'espère que vous êtes ici pour longtemps. — Vous êtes accusé d'avoir assassiné une femme à Verrières, vous avez le numéro 2. Je suis vraiment enchanté que vous soyez chez nous. Figurez-vous, Monsieur, que, depuis un mois que Tarascon avait été dirigé sur Paris, je n'avais plus personne à qui m'intéresser. Rien que des vagabonds et des petits voleurs de deux sous ! ce n'était plus tenable.

— Qu'est-ce que M. Tarascon? lui demandai-je.

— Ah ! Tarascon ! c'était un grand ami à moi. Pauvre vieux ! il a été exécuté avant-hier. Ca a beaucoup contrarié M. Lazare , qui voulait le voir.

— Quoi ! lui dis-je en l'interrompant, M. Lazare est ici?

— Certainement; une fameuse pratique pour moi, allez... C'est le n° 1 de Verrières.

— Perdrizeaux, m'écriai-je, si vous voulez me ménager une entrevue avec ce M. Lazare, je vous

fais votre portrait en costume de geôlier, avec un trousseaude clefs à la main, un sifflet en sautoir et j'appose en bas du cadre, en grandes capitales, cette inscription :

Argus intelligent des nourrissons du crime, Aux humains égarés par des penchants pervers, Loin d'abuser des droits d'un pouvoir légitime En des chaînes de fleurs il sait changer leurs fers.

Perdrizeaux ne résista pas au plaisir de se voir dans son costume officiel, avec des clefs à la main et s'apprêtant à donner un tour de plus à la serrure d'un cachot.

— Enfin, me dit-il, j'ai attendu vingt ans qu'un homme comme vous, un peintre, tombât sous mes verrous. Je ne vous cacherai pas, Monsieur, que je désespérais d'en voir venir, et je disais, à part moi : — Perdrizeaux, les peintres, c'est du mauvais peuple pour les geôliers! Mais, Monsieur, je vous rends mon estime, je la rends à tous les peintres. Comptez sur moi. Vous me ferez mon portrait, et dans un instant je vous conduirai près de M. Lazare. C'est un drôle d'homme celui-là; vous rirez bien si vous ne le connaissez pas beaucoup. C'est ce que j'appelle un farceur! Du reste, fameuse pratique.... Sur ce, voilà quatre heures.

Oh ! hé ! mes petits amours ! rentrez chacun chez vous.

— Perdrizeaux accompagna cet exorde d'un vigoureux coup de sifflet. Les prisonniers se mirent sur deux rangs et rentrèrent prendre leurs places avec l'ordre et la tranquillité d'une troupe de collégiens rentrant en classe sous les yeux du principal.

Quand cette opération fut terminée, sa figure resplendissait de satisfaction.

— Hein! me dit-il, comme ça marche, c'est un plaisir ! c'est pourtant moi que les ai élevés comme ça! Ah! Monsieur, il m'a fallu bien du temps... Mais nous voici arrivés, je vais vous laisser seul avec lui et voir à la soupe de tous ces braves gens. Il ouvrit et me poussa dans une chambre, en criant : C'est une visite pour vous, M. Lazare, et la porte se referma derrière moi.

La brusquerie avec laquelle j'étais tombé au milieu de cette chambre, me permit de surprendre un imperceptible mouvement dans les rideaux du lit; je ne compris pas d'abord. Je n'avais encore vu personne, un grognement sourd parti d'une encoignure assez sombre, me fit tourner la tête. J'aperçus un personnage roulé par terre, à la façon des chats angoras. C'était M. Lazare.

ÎOC LA RESURRECTION

— Monsieur, lui dis-je, je suis désolé de troubler votre solitude, mais depuis quelques jours je marche les yeux fermés dans une intrigue dont vous êtes, je crois, un des principaux personnages. J'ai pris la liberté de pénétrer près de vous, espérant recueillir quelques renseignements sur ma position. Ne vous étonnez donc pas de ma visite et causons.

— Monsieur, je ne m'étonne jamais, répondit-il en dressant la tête. Je ne croyais certainement pas, il y a six jours, venir habiter cette prison en qualité de criminel célèbre. J'ignorais autant le crime que l'on m'attribue, que j'ignore en ce moment ce qui se passe au paradis de Mahomet. On m'a assuré que j'avais assassiné quelqu'un... une femme... une danseuse, je crois. Eh bien ! Monsieur, cela ne m'a pas étonné.

— Tant mieux pour vous, Monsieur, car co qui nous arrive à tous deux est fait pour déranger la tête la plus solide, et il peut résulter une funeste importance de l'accusation qui pèse sur nous.

— J'aime autant, reprit-il avec le même ton flegmatique, puiiqyff je suis prisonnier, ne pa§ être classé dans la série obscure et vulgairo de* criminels de dernier ordre, et si je suis exécuté, je

ne vois pas sans un certain plaisir que la presse s'occupera de moi.

— Nous ne voyons pas les choses du même point de vue. J'ai pourtant, comme vous, droit à l'intérêt et à la célébrité. On m'accuse d'avoir tué

quelqu'une... une femme une danseuse, je

crois.

— Vraiment, Monsieur ! asseyez-vous donc, je vous en prie.

Toutes ces pasquinades avaient été exécutées avec sang-froid et cérémonial. Je laissai aller M. Lazare, qui, après ce que tu as vu déjà, ne paraissait pas me prendre au sérieux. Il déploya pendant une heure un tel luxe de paradoxes que je ne pus trouver moyen de placer un mot sur Louisa. Je comptais bien prendre ma revanche un peu plus tard. Je le laissai s'enferrer dans une longue théorie sur l'abnégation des plaisirs mondains, et sur l'ennui et le dégoût que lui inspirait la race humaine.

— Comprenez-vous, Monsieur, me dit-il avec emphase, la joie qu'on éprouve à marcher vers un échafaud, ayant à ses côtés un bourreau vêtu de rouge ; puis, monter d'un pied ferme sur la fatale machine et dominer pendant une seconde ou deux, tout un peuple venu là pour vous et se mouvant à

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vos pieds, le cou tendu et la bouche béante?

— Parbleu, Monsieur, si je comprends. Je ne comprends que trop. Mais il est probable que vous serez le seul de nous deux qui jouirez de cet agréable spectacle.

— Et pourquoi donc, s'il vous plaît? dit-il en changeant de couleur et se dressant tout d'un coup sur ses deux jambes.

— Parce que j'espère bien que votre culpabilité sera clairement démontrée. Vous êtes trop galant homme pour démentir M,le Louisa, qui affirme par serment que vous êtes son assassin. Puisque c'est vous, ce n'est pas moi. Et, l'arrêt qui vous condamnera à la peine de mort proclamera implicitement mon innocence.

— Mon Dieul Monsieur, bien que je tienne assez à mourir innocent et persécuté comme Calas, me dit Lazare, je ne suis pas égoïste au fond Voulez-vous ma place?

— Monsieur, je ne veux pas vous en priver ; mais je saurai reconnaître votre civilité. J'irai vous voir passer. C'est dommage que vous ne soyez pas parricide, vous auriez ou droit à un voile noir et aux pieds nus. Etes vous pour les pieds nus?

Je vis que ces détails étaient horriblement désa-

gréables à Lazare , mais il m'avait fait poser, et la vengeance me rendait féroce.

— Je vais même, ajoutai-je, vous faire un offre qui vous prouvera à quel point je vous suis dévoué. Selon quelques physiologistes, la décapitation n'amène pas la mort immédiate, et la sensibilité subsiste encore pendant quelques minutes. Peutêtre seriez-vous curieux de faire des expériences. Dans ce cas, je me tiendrai au pied de l'échafaud et je vous ferai des signes

M. Lazare tomba sur une chaise sans pouvoir dire un mot. Je n'avais pas encore assez tordu le cœur de cet homme qui avait eu la prétention de se moquer de moi. L'autorité du chirurgie** ne me suffisait pas, j'eus recours à la statistique.

— Allons, Monsieur, du courage. Nous avons un statisticien très-célèbre qui s'est occupé de la longévité de la vie chez différents peuples. Il prouve par des calculs incontestables que la durée moyenne de la vie, chez les peuples qui vivent sous notre latitude, est de 25 à 26 ans. Vous avez de 24 à 25 ans? Eh bien! à un an ou deux près, ne vaut-il pas mieux profiter d'une occasion qui vous fait mourir d'une mort agréable.

— Monsieur, dit-il en se levant et parcourant la chambre à grands pas, j'ai passé l'âge. J'ai 28 ans,

— Raison de plus. — Comment, Monsieur, vous avez vingt-huit ans, et vous vous plaignez! vous avez dépassé le temps qui ne vous appartenait pas, vous avez détourné une parcelle d'existence à des jeunes gens riches d'avenir, à de belles vierges qui disparurent du monde avant l'âge, et vous vous plaignez! mais sachez-le bien, ils vous demanderont compte au tribunal de Dieu du temps que vous leur avez volé ! et les petits enfants qui sont en haut vous attaqueront en dommages intérêts !

— Dam, fit Lazare, avec mu ion de sombre résolution, si réellement il est indispensable de mourir à vingt-huit ans, autant vaut partir par ce chemin-là que par un autre. Au fait, pourquoi ne pas accepter sans murmurer le événements que le hasard nous envoie. — On use sa vie en efforts titaniques ; on se brûle le cerveau à échafauder des Babels gigantesques: puis un jour que tout sur la terre semble vous sourire, que vous entrez tout radieux dans l'Eldorado de vos rôves, le hasard, ce vieillard insoucieux de tout, qui n'a jamais rien regardé, qui n'a jamais rien entend*; te Hasard passe, il donne une chiquenaude à votre fantaisie, A tout disparaît! Si vous avez de la force et do la volonté, vous recommencerez en vous gardant

bien d'insulter le hasard, car il peut vous prendre sur son pouce et vous porter sur le trône de Golcondel

— Ou sur un échafaud, repris-je, d'une voix lugubre.

Cependant je le vis si abattu que j'eus honte de ma férocité, et j'eus un sentiment de joie quand Perdrizeaux vint me prévenir qu'il fallait regagner ma chambre.

Je me suis promené à travers un labyrinthe de corridors, et mon geôlier m'a introduit fort gracieusement dans ma chambre ; il ma dit que nous ferions le portrait dans l'ancienne classe de Jalobin. Je ne sais pas ce que c'est que la classe de Jalobin, mais, à coup sûr, elle ne peut pas être plus triste et plus sombre que mon affreux réduit.

En m'asseyant à ma table, j'ai trouvé tout ce qu'il fallait pour écrire, comme on dit dans les vaudevilles. C'était une attention délicate de Perdrizeaux. J'ai griffonné cette longue lettre que j'ai surchargée de détails qui ne précisent malheureusement rien. Je n'ai aucune nouvelles de Verrières. Je n'ai pas encore été interrogé, et j'ignore ce qu'on veut faire de moi. Si je devais être gravement compromis, je serais au secret et je ne pourrais te faire parvenir cette lettre. Je n'ai donc

t!2 LA RÉSURRECTION DE LAZARE.

plus qu'à espérer de sortir bientôt, et tu recevras proDablement, sous quelques jours de mes nouvelles au timbre de la poste de Paris. Adieu.

Amitié et souvenir.

valsntin RAYNAL

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