‹ Le dernier rendez-vousChapitre 17 sur 30 · AKTONY DE STLVERS A M. LE VICOMTE SÉRAPHIN* À PARIS · texte numérisé non relu

AKTONY DE STLVERS A M. LE VICOMTE SÉRAPHIN* À PARIS

Vendredi, 26 juin.

Monsieur, je vous écris aujourd'hui la tête libre et le cœur soulagé. Je suis à jamais dispensé de vous donner ce nom d'ami qui sonnait si faux à mon oreille. J'ai sous les yeux la preuve écrite d'une de vos trahisons. Vous me croyez faible et lâche. Vous avez bien raison, car pendant dix ans j'ai pressé sans rougir votre main dans la mienne, et j'ai fastueusement étalé devant tout Paris ma complicité dans vos attentats quotidiens contre l'honnêteté et la candeur des belles âmes que le sort nous jetait en proie.

Aujourd'hui, tout est fini. Je vous renie et je

vous méprise. Vous avez tenté de m'arracher Marie, un ange sur qui le ciel fait retomber bien cruellement le poids de mes fautes. Mais je suis maître encore de ce trésor, ceci soit dit pour modérer un peu votre joie de triomphateur. Mais vous affirmez que Lazare aime Marie d'Alton ; vous en en offrez la preuve à Louisa. Oh! tous voyez que je suis bien instruit I

Eh bien! c'est moi qui l'exige, cette preuve! Il me la faut ! Et demain, soit que vous ayez impudemment menti, soit que vous ayez dit vrai, nous nous battrons. Vos armes seront les miennes. C'est un duel à mort qu'il me faut. Je suis offensé ; mais je n'use de mes droits que pour choisir le lieu du combat. Ce sera le bois de Verrières. Vous m'y trouverez demain à dix heures. M. le comte Emile de la Serjonnière et M. d'Irun-Alcarv os seront mes témoins. J'accepte les vôtres, quels qu'ils soient.

Je vous adjure de venir à ce rendez-vous. Au nom du ciel, soyez exact, Séraphin. Je vous pardonne tout, si je puis vous tuer.

Comte Ant. de SYLVKltS.

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