SCÈNE VII
LE COMTE arrivant avec ses laquais habillés en pages; LE BARON àk fenêtre au-dessus de la porte.
LE COMTE
Voilà une assez plaisante réception , foi de seigneur ! Sur mon honneur, on nous ferme la porte au nez. Holà! hé! qu'on heurte un peu, qu'on sonne un peu; qu'on sache un peu ce que cela veut dire. Je m'attendais à des harangues et à des bouquets. Faut-il tout casser? Est-ce que ce n'est pas ici la maison du sieur baron de la Cochonnière?
LE BARON
Oui, c'est ici mon château, et c'est moi qui suis monsieur le baron; que lui voulez-vous, monsieur l'aventurier?
Vous devriez an peu vous douter qui je suis. Je m'attendais à être reçu d'autre sorte. Écoutez, bonhomme, je viens ici avec une lettre de monsieur Maraudin, et mon dessein était d'épouser mademoiselle de la Cochonnière; mais tant que vous me tiendrez ici à la porte, il n'y a pas d'apparence que nous puissions conclure cette affaire.
LE BARON
Ah! ahl vous veniez pour épouser ma fille! Fort bien. Ahl comment vous nommez-vous, s'il vous plaît?
78 M^" DE LA COCHONNIERE.
LE COMTE
Vous faites le mauTais plaisant, baron.
LE BARON
Non, non, je voudrais savoir comment vous vous noHHnez.
LE COMTE
Mais il y a quelque apparence que je me nomme le comte de Boursoufle; nous sommes un peu plus connu à la cour qu'ici.
THÉ&ÈSE se montraiit à une ienétre.
Papa, voilà un impudent maroufle qui prend le nom de mon mari.
LE BARON au comte.
Ecoute : vois-tu ces arbres qui ornent le dehors de mon château? si tu ne te retires, voilà où je te ferai pendre avant qu'il soit une heure.
Foi de seigneur, c'est pousser un peu loin la raillerie.
Allons, ouvrez, et ne faites plus le mauvais plaisant
II heurte.
LE BARON
Il fait violence, tirez, Jérôme.
On tire «n coup d'arquebuse d'une des meurtrières. UN PAGE.
Jami! on n'a jamaiis reçu de cette faç<Hi des gens de qualité; sauvons-nous.