‹ Le dernier volume des ouevres de VoltaireChapitre 39 sur 103 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LE BARON, LE BAILLI, THÉRÈSE, LE COMTE, LE CHEVALIER, Madame BARBE.

LE BAILLL

Oui, je suis venu en toute diligence, et je ne puis trop vous remercier de l'heureuse occasion que vous me donnez de faire pendre quelqu'un; je n'ai point encore eu cet honneur depuis que je suis en charge; je vous devrai toute ma réputation.

LE BARON

Corbleul vous êtes plus heureux que vous ne pensez; notre homme a des complices, et vous avez sept ou huit personnes pour le moins à qui il faudra donner la question.

LE BAILLL

Dieu soit louét je ne me sens pas d'aise. Instrumentons au plus tôt. Oii est le corps du délit? où est l'accusé?

96 M"« DE LA COCHOXXIÈRE.

LE BARON

Le voici, c'est ce coquin-là. Condamnez-le comme voleur de grand chemin, faussaire et ravisseur de fille.

LE BAILLL

Çà, dépéchons-nous. Votre nom, votre âge, vos qualités? Ahl Dieu paternel, qu'est-ce que je vois làl c'est monsieur le comte de Boursoufle, le fils de monsieur le marquis mon parrain. Ah ! monseigneur, mon bon patron I par quelle aventure étrange vous vois-je traité de la sorte ?

LE BAROK.

Ah! qu'est-ce que j'entends?

THÉRÈSE

Thérèse, en voici bien d'une autre !

BARBE

Miséricorde!

LE COMTE

Bailli , ce vieux fou de baron s'est mis dans la tête que je n'ai pas l'honneur d'être monsieur le comte de Boursoufle; il me prend pour un aventurier, et il est tout résolu de me faire pendre au lieu de me donner sa fille.

LE BARON

Quoi! ce serait en effet là monsieur le comte?

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