‹ Le dernier volume des ouevres de VoltaireChapitre 41 sur 103 · LE BAILLI · texte numérisé non relu

LE BAILLI

C'est monsieur le chevalier de Boursoufle, c'est aussi le fils de mon parrain ; je ne serai pas assez osé pour instrumenter contre monsieur le chevalier.

LE COMTE

Vieux fou de baron I Écoutez : j'ai l'honneur, comme je vous l'ai dit, d'être ce comte de Boursoufle aux soixante mille livres de rente; il est vrai que ce pauvre diable-ci est mon frère, mais c'est un cadet qui n'a pas le sou ; il voulait faire fortune en me jouant d'un tour : il sera assez puni quand il me verra épouser à ses yeux mademoiselle Gotton-Thérèse de la Cochonnière et emporter la dot.

THÉRÈSE

Moi, de tout mon cœur; j'épouserai tous ceux que papa la Cochonnière voudra; ça ne fait rien, pourvu que ce soit un gentilhomme digne de mon nom, pourvu que j'aille à Paris et que je sois grande dame à la cour.

LE BARON

Hélas! monsieur le comte, je suis le plus malheureux de tous les hommes; le contrat est signé, monsieur Maraudin a pressé la chose, et même....

Tout ça ne fait rien, papa; j'épouserai encore monsieur le comte, vous n'avez qu'à dire.

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