‹ Le dernier volume des ouevres de VoltaireChapitre 81 sur 103 · SOHIER · texte numérisé non relu

SOHIER

* Le cardinal de Tencin est mort le 2 mars 1758, cinq jours avant cette lettre , dont la date devient certaine.

** Depuis le mois d'octobre 1757, à l'occasion de la paix

sunt omnes hvjusfarinœ homines. Je vous montrerai choses singulières quand je pourai avoir l'honneur de diner avec vous à mes petites Délices.

On va donc s'égorger plus que jamais en Germanie I Pendant ce temps-la, nous jouons la comédie, on la joue à Neufchatel, et on m'attendait à Nyon pour me donner Mérope. Il n'y a plus de plaisir qu'en Suisse. Mais le plaisir le plus flatteur est de vivre avec vous, monsieur, et c'est ainsi que pensent vos deux attachez Voltaire et Denis *•

entre la France et la Prusse, par Tentreniise de la margrave de Bareith et du cardinal de Tencin, dont la correspondance passait par les mains de Voltaire et du banquier Tronchin. Dans une lettre adressée à ce dernier et qui devait être communiquée à Voltaire, le cardinal, pour flatter le philosophe, s* exprime ainsi : « Le plan est admirable , je Tadopte en entier, à Texcep- » tîon de r usage qu*îl voudrait faire de moi en me mettant à la 3) tête de la négociation. Je n*ai besoin ni d'honneur, ni de bien, « et comme lui je ne songe qu'à vivre en évêque philosophe, » C'est sans doute par allusion à cette phrase, que Voltaire, dans notre lettre, dit que Son Étninence était un terrible mécréant.

* Cette lettre assez originale résume tout Voltaire. La première partie : c'est rhomme d'affaires, soignant sa fortune, s'occnpant du recouvrement de ses revenus pour s'assurer son budget; la deuxième : le glorieux satirique, charmé d'annoncer la mort d'un cardinal avec lequel il avait été mal, puis bien, et auquel il se plaît à décocher une épigranime en l'accusant d'impiété ; enfin la troisième : l'égoïste qui , sans s'inquiéter de ce qu'on va s'égorger en Germanie , se réjouit de passer son temps à jouer la comédie.

C'était le régime des rois! Assurer le budget, trôner, frapper à droite et à gauche, et se réjouir alors qu'on se bat.

Ainsi fait le roi Voltaire. Il s'amuse!

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