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son d’une émotion tour à tour heureuse et pénible pénélrail jusqu'aux cœurs de ses auditeurs et c'était chaque fois un tel triomphe que, longtemps encore après lavoir entendu, ses admiraleurs se sentaient à son approche envahis par une mystérieuse el indéfinissable appréhension.
Cette habilité, cette facilité, cette aisance pour diversifier à l'extrême et par des formes si variées les phrases musicales qu'il développait, lui était particulière. De ses contemporains, aucun ne l'égalail Et ce lui fut une nouvelle source de misère, car les esprits médiocres sont enclins à haïr et à dénigrer tout ce qui leur porte ombrage.
Nous en avons quelques preuves, elles présentent pour nous un double intérêt; elles nous offrent des traits de son caractère, elles nous apportent un précieux témoignage sur la richesse de l'nagination du maitre.
Hnagination créatrice et puissante, plus intimement liée aux choses du cœur qu'aux choses de l'esprit, car Beethoven reste à jamais le maître de l'émotion. II se débarrassera d'ailleurs bien vite des règles de son temps qui pourraient brider son inspiration et lasser sa Muss dont les accents s'éléveront à des hauteurs inusitées et quelquefois incomprises de son vivant, Malgré toute la gloire qui s'attachait à Vienne au nom de Beethoven, cette auréole n'élait perceplible que pour quelques grands seigneurs, très cultivés, très épris de musique; el très avancés dans les domaines spéculatifs des arts (1); quelque bourgeois, entichés d'un art dont
(A) Le grand archidue Rodolph, Comte de Brunswiek, Prince Lichnowski, Comtesse Erdoedy, Baron Gleichenstein, ete.
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l'exacl entendement conférait dislinction et noblesse. Mais le peuple, la populace moyenne accueillaient souvent avec froideur les plus belles œuvres du maître. Son théâtre, son « Fidelio », n'eut point le succès qu'il espérait et ne connut jamais cet engouement que suscitèrent, dès leur apparition, les opéras à roucoulade de Rossini.
Les improvisations du maître, où il laissait libre cours à son imagination, élaient interprétées dans des circonstances où Beethoven semblait lire dans son pauvre cœur déchiré et fouiller dans les recoins les plus douloureux de son être.
Madame d’Ertman, dont le talent de virtuose la désignait comme une excellente interprète des œuvres du maître, venait de perdre un enfant. Le maître, connaissant l'attachement de cette mère, vint lui ren-" dre visite, mais ne pouvant exprimer de vive voix la grande part qu'il prenait à cette dure épreuve, s'assil grave et triste au piano. Il se mit à improviser ‘un adagio d'une telle mélancolie et d’une émotion si merveilleuse qu'en se levant, de grosses larmes coulaient de ses yeux, pendant qu'ils se précipitaient dans les bras l’un de l’autre, unis dans la communion de la douleur, du sacrifice et du beau.
Beethoven était vindicatif, d'un orgueil naïf et brulal, avec une telle conviction de sa grandeur et de sa force qu'il le fit cruellement ressentir à tous ceux qui osaient se mesurer à lui, Steibelt était alors un composileur très applaudi en France, A son passage à Vienne ses amis voulurent l'opposer à Beethoven, dans les salons du Comte Pries, La première épreuve fut une victoire pour Steibell qui parut éblouir les assistants
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