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par les effets nouveaux du trémolo qu'il tira d'une quintette de sa composition. A la deuxième rencontre, le maître, piqué au vif, écoute patiemment, À son tour il se lève, emporte une partition de violoncelle de la fameuse quintette de Steibelt, la pose à l'envers sur le pupitre, en tire une phrase baroque. inharmonieuse, et, sur ce thème, brode la plus savante, la plus merveilleuse des improvisations, plongeant les auditeurs dans une stupeur admirative qui couvre de confusion le pauvre Steibelt définitivement battu. écrasé par la force prodigieuse d'un génie dont l'ampleur et les variations ont des étendues divines.
Ainsi d'ailleurs s'explique la vénération, l'adoration que lui prodigua sans compter Bettina Brentano, la pologiste de Gœthe, cette jeune fille dont le sentiment artistique était particulièrement développé et dont la culture était de beaucoup supérieure aux hommes de son temps.
Elle connut Beethoven au moment où le désespoir envahissait l'âme du grand homme, Cette infirmilé qui devait le retrancher du monde des sons commençait à ravager durement sa sensibilité maladive, Son humeur élait brusque, violente, el son abord devenail difficile, car il épiait sur le visage de chacun le moindre geste, la moindre émotion qui aurail pu dénoter la connaissance de son état ou laisser deviner un sentiment de pitié, Elle l'aborda un soir qu'il était toul entier à l'étude des Lieder, le si beau thème des poésies lyriques de Gœthe, el ee fut un enchantement mutuel, Lui, ravi d'être l'objet d'üne telle vénéralion de la part d'une jeune fille dont il sut distinguer Loute la haute personnalité, et qui se présentait en outre sous les
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dehors d'une ravissante et séduisante personne, car. dit Wegeler, « Beethoven n'a jamais eu un seul instant le cœur vide ».
Elle, subjugée par cette richesse nouvelle d'idées musicales et ee don qu'il possédait de s'élever jusqu'au sublime dans des improvisations où son génie excellait : :
«Lorsque je vis pour la première fois, écrit-elle à Gœthe, celui dont je veux vous entretenir, l'univers tout entier disparut à mes veux. C'est de Beethoven que je vais te parler, c'est lui qui m'a fait oublier le monde et toi-même, à Gœthe. Je ne sais comment m'exprimer, mais bien que cela paraisse incompréhensible et invraisemblable, je ne crois pas me tromper en assurant que cet homme est de bien loin en avance sur la civilisation moderne... »
Il est regrettable que Beethoven n'ait pas trouvé pour son théâtre les livrets qui convenaient à son génie, En dehors de Léonore Fidelio, écrit par Bouilly, arrangé par Sonnleithner, dont l'intrigue se prêtail au développement dramatique, et dont le succès fut d'ailleurs médiocre, les livrets suivants Roi Etienne, et les Æuines d'Athènes, sont d'une pauvreté inouïe, Kotzebue, qui les écrivit, s'en débarrassa rapidement el œuvre qu'il présenta au compositeur était impropre à faire jaillir la moindre élincelle d'enthousiasme, On peut se demander quelle œuvre impérissable aurait lécondé le génie supra-humain de Beethoven s'il avail pu trouver à sa porlée un poète digne de lui.
Mais aussi quelle réalisation merveilleuse nous offrent les sYmphonies, Le maître trouve dans ce cadre une ampleur et une étendue suffisante pour y loger
an
les ressources de sa virtuosité à faire naître dans les sons la douleur et la joie humaines.
Sans sortir du domaine de celle étude il est permis de témoigner d'une admiration enthousiaste pour une des œuvres du maître qui offre fous les contrastes, toutes les oppositions dont était meublé son génie.
D'une part, déboires domestiques, organisme usé, déchu, frappé d'une affection qui lui sera fatale, une sensibilité mise à l'épreuve par mille blessures, une âme fantasque, un caractère sombre, taciturne, inconstant et brutal au premier contact, et d’une autre, la neuvième symphonie, hymne à la joie et délire d'amour, symbôle de l'éternelle gaieté et de la puissance radieuse de la vie, ardeur frénétique vers la jouissance, cœur tendu comme un are à se rompre vers tout le bonheur de ce monde, celle symphonie où Wagner crut retrouver dans la finale une fête dyonisiaque, comme soufflée par un ivrogne.
Tout le génie, tout le déséquilibre dont est frappe l'élat mental du maître, lout ce désaccord entre l'œuvre el son psychisme, toutes ces oppositions, restent insolubles mais frappent l'esprit. A l'appui d'une imagination créatrice si ardente, Beethoven disposait d'une mémoire purement auditive :
« Quand une idée me vient, écrital, je lentends dans un instrument, jamais dans les voix. »
La profession qu'il exerçca dès son plus jeune âge et les longues heures d'étude sous la férule d'un preimier tuaître brutal, ne furent pas sans développer el exacerber une faculté d'une importance si capitale, On comprend mieux quel trouble profond apportèrent dans son aire mentale les prenners signes d'une
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