‹ Le Déséquilibre Mental de BeethovenChapitre 16 sur 23 · EE ES · texte numérisé non relu

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dont la suffisance et la vanité élaient grandes, et ce dernier s'en vengea lourdement, I lui écrivit qu'on avait découvert à Berlin une lanterne pour les aveugles et notre Beethoven de s’en aller naïvement, rempli d'enthousiasme, semer cette effarante nouvelle chez tous ses amis au milieu de la risée générale.

Beethoven était simple et toutes ses idées morales fuyaient la complication et la crise de conscience, I avait dans ses discussions philosophiques des aperçus primaires catégoriques. Son admiration était naïve, sincère et profondément ancrée, Né catholique, il ne pratiqua plus après son adolescence et conserva dans ses opinions religieuses un doux monothéisme nuageux et sentimental. I adimirait Christian Sturm dans ses « Considérations sur les œuvres de Dieu dans la nature ». Sturm réflétait ses concepts moraux ou plutôt Beethoven admettait sans discussion comme un mystère son accommodation de Dieu à la nature.

Il plaçail.sans cesse auprès de lui un cadre où se trouvaient gravées ces lignes:

« Je suis ce qui est, Je suis tout ce qui est, ce qui à élé, ce qui sera: nulle main mortelle n'a soulevé mon voile; il est par lui-même et c'est à lui que tout doil son existence, »

Ses maximes avaient été recueillies par Champollion Figeac sur les murs d'un temple de la haute Egypte.

En politique, c'est un adnirateur des idées révolulionnaires, El, Schindler nous dit «qu'il ahmait les principes révolulionnaires, I 6lail partisan de la liberté illimitée el d@ l'indépendance nationale, I vou-

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lait que tous concurrussent au gouvernement de l'Etat ».

Il est hors de doute que ses idées libérales n'étaient pas conformes au régime de cette époque, et plus particulièrement de l'Autriche qui semblait exercer sur les autres Etats un véritable despotisme diplomatique. Si la Révolution française trouva dans Beethoven un fervent admirateur, au point que sa sonate pathétique fut dédiée au Général Bonaparte, représentant les armées de la République, cet enthousiasme porte l'empreinte du caractère de Beethoven, caractère d'une impressionnabilité extrême, enclin à trouver les solutions les plus primitives pour résoudre l'art du problème social, Disons, à sa grande louange, et pour l'unité de ses convictions, qu'il retira à l'empereur Napoléon l'hommage si généreusement octrové au libérateur des peuples,

Par contre, si lillustre maître était libéral en politique, il était pour la morale d'un puritanisme exagéré, Nous avons signalé précédemment combien le cœur de Beethoven était inflammable; mais ses passions étaient platoniques et malgré leur extrême vivacité, elles avaient dans ses idées sur les mœurs un frein irréductible,

I ne portait jamais ses veux sur une femme mariée: il était, à cel égard, d'un tel purilanisime, qu'il rompail avec ses amis dès qu'il leur connaissait des relations suspectes (D).

Ses puroles élaient mesurées, il avait l'âme en révolle devant les libertés de langage de son époque,

: 1 (1) WILDER, loc, cit.

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il avait horreur de la gaillardise, dans les lettres el dans les arts. Il en voulut à Mozart d'avoir « profané » l'art avec son «Don Juan ».

Beethoven, bien que conscient de son génie, n'en fut pas aveuglé au point de se croire bien au-dessus el délié des lois de nature, car son âme était simple el sans complication intellectuelle, IF avait pour les choses de l'amour la même difficulté de compréhension que pour les sciences mathématiques :

« IT avait, dit Romain Rolland, sur la sainteté de l'amour des idées intransigeantes. » Et Schindler, son anni intime, raconte: « qu'il traversa la vie avec une pudeur virginale sans avoir jamais eu à se reprocher une faiblesse. »

Aussi l'amour ne lui réussit jamais.

Nous trouvons dans ses lettres le reflet de ses sentiments :

« Recommandez à vos enfants la vertu: elle seule peut rendre heureux, non Fargent. Je parle par expérience, C'est elle qui m'a soutenu dans ma misère; c'est à elle que je dois ainsi qu'à mon art, de n'avoir pas lerminé ma vie par le suicide, »

(Lettre de Beethoven).

Ce purilanisme el ses conceptions d'un amour chaste joint à un caraclère que nous allons apercevoir plutôt fantasque, inégal el instable, le jelleront sans bénéfice et sans succès dans les débals amoureux.

Madeleine Hillimann, cantatrice de retour d'Halie, en pleine beauté, en pleine gloire, refusera Va main de Beethoven, éperdument amoureux, parce que, dit-elle, «trop laid et à moitié fou »,

L'étude de cet état mental se dessinera davantage

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