SÉNÈQUE
Dès sa plus tendre enfance, Beethoven fut un émotif. La vie mouvementée que le sort lui réserva fut le facteur de développement d'une sensibilité exquise. Son génie ne pouvait avoir une meilleure base, ear aucune des souffrances morales ne lui fut épargnée. Je ne crois pas que la surdité qui fut totale vers trentedeux ans apporta une grande transformation dans l'âme du maître, Elle exagéra le tempérament mélancolique, développa la tendance qu'il avait dès son jeune âge à se croire poursuivi de la haine des hommes.
La moindre difficulté l'embrumait de préoccupations hypocondriaques, il se réfugiuit dans le sein de cette nulure pour laquelle Charles Neate, en 1815, lui reconnait un amour inusilé, —— « Elle élail sa seule confidente, dit Thérèse de Brünswiek, — Chaque coup de passion faisait vibrer son cœur douloureusement et le rejelail désespéré dans une solitude ou évoluait une crise de tristesse, C'est probablement ainsi qu'il faut
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interpréter la pièce connue sous le nom de «Testament d'Heiligenstadt»., Si nous croyons les commenlateurs de la vie de Beethoven, il était à cette époque ISUZ très épris suivant sa manière, de Guiletta Guicclardi., Tout porte à croire qu'une rupture élait en cours au moment de la dépression psychique d'Heiligenstadt. Madame de Breuning, qui connaissait bien son Beethoven, avait l'habitude de dire à chaque incartade : « Er hat seine Raptus. »
Cette pièce est une éloquente et pathétique lamentation. Désespéré, Beethoven s'était réfugié chez la comtesse Erdôüdy à Ledlersee. La retraite était trop mondaine, il s'enfuit à Heiligenstadt, près de Vienne, d'où il écrivit le testament qu'on va lire. Il avait 32 ans.