ES CT RAS
+ Pa D
CPE IT |
DR Sr
boissons alcoolisées, Il épousa Catherine Grandjean. Un de ses fils, Henri Abelard exerçait le métier de maître tailleur, Sa femme Catherine de Herdt lui donna douze enfants dont le troisième né à Gand est Louis Van Beethoven, le grand-père du Beethoven qui nous occupe.
Ce Louis Van Beethoven trouvant sans doute trop maigre le douzième qui lui était alloué au foyer et pris de l'humeur voyageuse, quitte le pays natal vers 1722, séjourne successivement à Gand, à Louvain et s'installe en 1732 à Bonn, alors sous la coupe de Son Altesse Sérénissime Electorale l'Archevêque de Cologne Joseph Clément.
C'était un homme de caractère, d’une intelligence musicale au-dessus de l'ordinaire. Il passa bientôt d'accessist au grade recherché de maître de chapelle de la cour.
Au moral scrupuleux dans son métier, travailleur, bon homme pratique doué de loutes les qualités de ses ancêtres : ordre, économie et travail.
Au physique nous avons de lui un portrait de Radoux, peintre de la Cour et, dit Victor Wilder : « Le » vieil artiste flamand était un homme de moyenne » aille, aux larges épaules et aux muscles saillants. » Sa figure énergique, un peu haute en couleurs, se » couronnailt par un front largement épanoui, sous » lequel s'abrilaient deux grands yeux noirs pleins » d'intelligence, » :
I épousa Murie-Josephe Poll, âgée de dix-neuf ans, eut d'elle plusieurs enfants dont les deux premiers morts en bas-âge, Pour le malheur de son ménage le maître de chapelle voulut tenir un commerce de vins.
Sa femme sous la poussée inéluctable de la fatalité, y contracta une passion immodérée pour les boissons spiritueuses. Son ivrognerie était notoire et son esprit en telle effervescence qu'il dut la faire enfermer à Cologne en béguinage, où elle termina en 1775 sa misérable existence.
Et cette génération frappera les suivantes d'une empreinte indélébile d’éthylisme.
Louis Van Beethoven mourut brusquement d'une attaque et cette mort brutale connue de l'illustre maître lui causera dans ses périodes de nosophobie les plus grandes craintes de finir « comme mon cher grandpère avec qui j'ai tant de ressemblance !» (Lettre au D° Bach, 16 août 1824.)
Il eût été difficile au grand Beethoven de se prévaloir de quelque ressemblance avec les autres membres de la famille dont la plupart élaient de pauvres êtres débiles, noyés d'alcool ou rongés de bacillose.
Tous ceux qui connurent Beethoven signalent, en effet, la grande similitude physique entre le grandpère et son illustre petit-fils.
Le grand-père était l'être normal, autant qu'il est possible de l'être et s'il a légué à son petit-fils certaines qualités dans le terrain musical, des mœurs austères et puritaines, une cerlaine tendance à l'idéologie religieuse, une similitude de traits et de corpulence, il serait vain de méconnaître la part principale du reste des descendants, part épuisée, pervertie anormalement par des apports meurtriers pathologiques.
Un des enfants du maître de chapelle, Jean, fut le père de notre Héros, Ce fut un triste Sire qui ne valait pas la corde pour le pendre, Il hérita dès son jeune
âge du vice maternel el si l'on en croit Victor Wilder (4) il fut toute sa vie une brute avinée et un débile malfaisant.
Ces fugues d'ivrogne vont rester greffées sur les élats psychiques de cette famille et l'instabilité mentale qui en découle passera du père à presque tous les enfants.
Le 12 novembre 1767, Jean Van Beethoven se marie avec Madeleine Kéverich, veuve en première noce de Jean Leymes. Elle était femme de chambre et la fille du « Coquus primarius » (maître queue), de son Altesse Sérénissime l'Electeur de Trèves.
Ce mariage humilia profondément le vieux maître de chapelle. Le rang qu'il avait acquis à la cour par son talent et ses qualités morales lui permettait d’autres espoirs. Il eut honte d'être le beau-père d'ume fille de la basse domesticité, il ne céda qu'en les obligeant à partir.
Et cependant Marie-Madeleine Kéverich était une très jolie fille, de grande taille et mieux élevée que son butor de mari, Sentimentale à l'extrême, mélancolique, douce, soumise, elle eut une préférence marquée pour son fils Louis dont la sensibilité était si proche de la sienne,
Elle apporta dans ce ménage son âme tendre, son
(4) Ce fut, dès son enfance, un esprit remuant et indiseipliné des leçons de son père et de l'instruction donnée en commun, il avait peu profité, Les lettres écrites de sa main font éclater, à chaque ligne, l'épaisseur et la grossièreté de son intelligence. I était encore tout gamin qu'il profitait de l'absence de son père pour disparaître pendant ? ou 3 jours de la maison paternelle: et le vieux Fischer, qui ne cherche pas à le noircir, nous apprend que de bonne heure, il apprit à lever le coude,
Le pire c'est qu'il avait l'ivresse mauvaise, (Vicron WILDER, pp. 16 et 17. BeeTnoven, loc, cit.) ,
REY a
goût de l’ordre, une grande délicatesse du cœur et ce fut sa meilleure part, car elle mourut phtisique. Elle s'éteignit dans des conditions dramatiques, presque dans la misère, après avoir appelé, et vu une dernière fois son Benjamin, accouru ventre à terre pour recueillir son dernier soupir et la lourde responsabilité de chef de famille.
Le ménage Jean van Beethoven eut 7 enfants procréés au° gré des désirs de l’ivrogne et probablement aux périodes de saturalion éthyliques.
Le premier mourut à 6 mois (1769).
Le deuxième (1770) est Louis van Beethoven, le grand maître.
Le troisième, Gaspard-Antoine-Charles, dont nous reparlerons, mourra phtisique en 1815.
Le quatrième, Nicolas-Jean, fut un vieil avare, un esprit vulgaire et borné que son frère Louis appelait « Caïn »,
Les autres filles ou garçons moururent en bas-âge.
Quotidie lacrymeæ, quotidie gémitus.