‹ Le désert et le SudanChapitre 10 sur 43 · LE BELA0 EL DJBRID · texte numérisé non relu

LE BELA0 EL DJBRID

Don plus : un seul jardin en contient 600 pieds, mais OQ en réserve presque tous les fruits pour !*exportation. Je ne mentionne que pour mémoire la datte appelée monakhir (nez), aussi longue que le petit doigt, et qui passe pour supérieure à la datte deglé elle-même. La rareté des arbres qui donnent ce fruit le fait reserver à Tozer et à Nefta pour la table du bey de Tunis, et elle n'entre jamais dans le commerce.

La iroungha est aussi très-grande , mais le goût eu est médiocre. Le dattier ammeri est celui qui donne le premier ses fruits; le dattier lagou^ celui qui les donne le plus tard.

Voici rénumération des 35 espèces cultivées à Tozer et Nefta, telle qu'elle m'y a été donnée, en 1849, par les chefs de ces oasis :

Monakhir.

Mansour.

Deglé beida.

Fhal.

Deglé hamra.

Khaled.

Halig.

Ammeri.

Ftemy.

Khouad Atnmeri.

Saroti.

B^ou.

Goundi.

Khouad bejou.

Nefach.

Tozer zeit

ZersiDi.

Khouad toEerieit.

Lagou.

Gaasby.

Gern-el-Gbzal.

Khouad Gassby.

Cheddakh.

Bfoghous.

Khanna Groa.

Herra.

Ohers.

Troungha.

Gremsa.

Kenta.

Ktob.

Kentich.

Zabour.

Hloua.

12 CL1BIAT8 ÀFR1GAUS6.

Les dattes de Tafilet et de toutes les oasis du Maroc jouissent d'une certaine renommée.

Dans 1* oasis de Siwah on rencontre les espèces^ ap-

Soult&ny.

Kalby.

Sayd,

Ouaedy.

Freyeh.

Gazaly.

La datte soultany est de bonne qualité : elle passe pour aphrodisiaque. La datte sayd est exportée et vendue en Egypte. La datte ouaedy n'est donnée qu'aux animaux. La dernière espèce gazaly ne fournit que des sich.

A Sukkot, en Nubie, on Xrouve les espèces :

Kountela.

Kedeventa.

Berekawi.

Moursaye.

Bettamoudl.

Chidda.

Dogona.

La chidda est la plus volumineuse ; les meilleures sont la Bettamoudi et la Berekawi. Les dattes en masse (agoa) de Sukkot sont exquises : les fruits empilés sont petits ; le noyau en est mince et pointu comme une aréle. Ces dattes sont malheureusement rares et ne sont presque jamais exportées ; fesespèces communes sont en revanche très-répandues en Nubie. De Wadi-Halfa à Kbartoum, on ne compte pas moins d'un million de dattiers , payant au gouvernement égyptien un impôt d'un peu plus d'un million de piastres. Leurs produits sont vendus par les marchands

LE BELÀD BL DJCRID. 13

nubiens dans le Sennar , le Cordofan et le Darfour. J*aarais voulu citer ici les dattes de Médine et celles de quelques autres provinces de TÂrabic , mais dans un travail consacré uniquement à TAfrique , il ne m'est permis que d'en rappeler le souvenir. M. Pervilléa donné, sur celles de TYemen, les renseignements les plus précieux. Le dattier ne dépasse guère le 33* parallèle ; on l'aperçoit néanmoins sur quelques points des côtes méditerranéennes de l'Espagne, et dans le petit royaume portugais de l'ÂIgarve, la ville de Sylves en présente encore , comme une réminiscence de la domination intelligente de ses anciens maîtres.

La Sicile, la Syrie , l' Anatolie même ont aussi leurs dattiers. Mais jusqu'à quelle latitude les dattes mûrissent-elles : il est di'licile de le dire avec exactitude; tout dépend de la situation. Dans le Gharb , on en recueille jusque sous le 36* ; à Jaffa, sous une latitude bien plus basse, elles ne mûrissent jamais.

Le dattier a pour limite , au Sud dans l'intérieur des terres et dans notre hémisphère, le 12* parallèle. Sous cette latitude il donne^ comme la vigne et comme beaucoup de plantes de nos climats , deux récoltes annuelles : l'une qui, suit la saison sèche et se recueille en mai, présente des fruits peu charnus, assez riches en sucre ; l'autre, qui se récolte en août, après la saison des pluies, offre des fruits plus volumineux, moins sucrés , trop humides pour se conserver longtemps. Ces fruits sont toujours de mauvaise qualité.

Aussitôt la récolte terminée, les Djéridiens arrachent les anciennes feuilles; le dattier ne garde plus alors

ié CLIMATS AFRICAINS.

que la p^^ite flèche de feuilles nouvelles qui, en gran* dissant et en se dépliant , ombrageront la proc|»aine récolte.

La datte fournit un aliment précieux aux habitants des oasis. C'est pour eux un moyen d'échange avec le Rif, et surtout avec les Arabes , qui en consomment beaucoup. Lorsque je voyageais dans le Belad el Djeridi je recevais chaque matin, à mon réveil, de la part du- chef du village dans lequel je me trouvais, un magnifique régime de deglé, étendu sur un grand plat de bois, et flanqué d*une douzaine de galettes au beurre (ftir). Une grande friandise est d*en* lever le noyau de la datte et de le remplacer , soit par une amande, soit par un morceau de beurre frais. . La datte, employée avec des œufs, fournit à la cuisine arabe trois ou quatre de ses meilleurs plats* A l'époque de la récolte tout le monde peut entrer dans les jardins et satisfaire son appétit, à la seule condition de ne rien emporter.

Les fibres qui enveloppent le jeune régime, appelées leffpar les Arabes , servent à fabriquer des cordes rugueuses et peu solides , mais qui suffisent généralement à r usage que Ton en fait : fendu en deux ou en quatre, le dattier donne un bois de charpente passable , et qu'on emploie d'ordinaire à supporter les terrasses et à couvrir les liaisons. Comme bois de cbaufiage, il est excellent, dégage une grande chaleur et brûle très-lentement. Les noyaux de datte brûlent aussi très-bien, mais il n'est pas facile de les allumer.

On comprendra qu'un arbre si précieux soit de la part des Arabes l'objet d'une grand vénération.. Aussi

L8 BILAO SL DJBEID. 15

regarde-tr-on sa destruction prématurée .comme un crime; Tislamisme consacre cette idée. Le khalife Abou Beker, si simple au milieu des grandeurs qui Tenvironnaient sans l'éblouir , s'adressant à ses lieutenants qui allaient lui conquérir Flrak , leur défend de détruire les arbres fruitiers dont le peuple tire son alimentation. Moïse Favait défendu de môme : Ne coupes pas les arbres fruitiers , disait*il aux Israélites , parce que chacun dé ces arbres que vous voyez dans les champs, renferme la vie d'un homme (Deutéronome, XX, 19).

Ces généreuses paroles n'ont pas cependant été toujours présentes à la mémoire des guerriers musulmans ; ceux mêmes qui se prétendaient les élus de Dieu et les défenseurs de la foi , les ont souvent oubliées. C'est ainsi, qu'Abd-el^Kader ben mahi ed din détruisait en quelques jours la fortune et les espérances des habitants d'Aïn-Madhi, qui refusaient de lui ouvrir leurs portes. Les dattiers , en effet , sont un gage, que l'habitant des oasis ne peut soustraire à la rage de ses ennemis, et, si le précepte sacré ne les arrête pas , il faut qu'il se soumette ou qu'il se résigne à voir périr tout ce qu'il possède, et jusqu'à sa patrie; car il faudra qu'il abandonne un sol qui désormais, pendant plusieurs années, cessera de fournir à sa subsistance.

Rien ne peut donner une idée de la fraîcheur et de la beauté calme des oasis ; on croit que le contraste du désert en fait tout le charme. C'est à peine cependant, s'il y peut ajouter quelque chose. Au-dessous des dattiers plantés en quinconce , à une douzaine de

10 GLI1IAT8 AFRIGÀINS.

pieds les uns des autres , se groupent les abricotiers, les pêchers , les grenadiei^s aux belles fleurs rouges, des orangers chargés de fruits , le henné aux petites boules rougeâtres, et jusqu^au pommier de nos tristes climats. D'un dattier à l'autre s'élancent les capricieuses ramifications de la vigne. Le maïs, pliant sous ses lourds panicules , le blé , Torge, le 4rèfle ou le tabac remplissent tous les vides de ces admirables jardins, que les Arabes appellent Beda, et dont la plus gracieuse parure est encore cette aigrette d'un vert sombre qui couronne les dattiers, et se marie si admirablement à l'azur d'un ciel sans nuages. Pas un pouce de terrain cultivable , c'est-à-dire susceptible d'être arrosé, n'est perdu , et le village, relégué toujours à l'une des extrémités de l'oasis, sur un terrain stérile, domine le désert.

Nulle part le ciel n'est aussi pur que dans les déserts du centre de l'Afrique : l'atmosphère, à peine chargée de vapeurs , déverse sur le sol une lumière éblouissante ; tout ce que cette lumière rencontre brille et miroite avec un prodigieux éclat; tout ce qui reste dans l'ombre se détache des reliefs éclairés avec une vigueur extrême et forme autant de taches noires sur la surface blanche du désert.

Cette dureté dans le contrasta des plans éclairés et obscurs, ôte toute grâce, toute harmonie au paysage, qui conserve pour lui son étrangeté, sa grandeur, sa rudesse sauvage. C'est en Hollande, en Angleterre que les paysagistes ont toujours excellé le plus facilement dans leur art; ils l'ont dû principalement à l'atmosphère humide de ces contrées mtiritimes qui,

LE BBLAD EL DJBIIID. 17

revêtant la natare comme d'un voile de gaze, éteint Téclat des derniers plans, et fournit à Tappréciation des distances, à la profondeur du tableau, à Tharmonisation des tons, un puissant secours.

Le paysage africain serait Topposé du paysage hollandais : à Theure où la lumière est le plus intense, on ne saurait imiter cette nature bizarre, ce miroitement éclatant; ce n'est qu'au lever du soleil ou le soir après sa disparition , qu'il est possible de reproduire les principaux traits du désert, encore le paysage blesse-t-il des yeux européens, et parait-il invraisemblable à quiconque n'a jamais visité l'Afrique. L'aspect du désert, l'immensité de ses horizons, son uniformité, son silence impressionnent vivement celui qui le contemple pour la première fois.

L'Océan, les glaces du pôle produisent seuls sur notre àmeune impression semblable ; le sentiment de la solitude dans laquelle nous nous trouvons, la conscience de notre faiblesse, l'admiration que nous inspire une scène aussi grandiose que simple, tout tend à donner plus de gravité à notre esprit, plus déconcentration et de profondeur à nos pensées ; l'homme religieux le devient davantage, l'imagination du poëte s'exalte, rhomme studieux et réfléchi ne peut réprimer un sentiment d'orgueil en se rappelant qu'au milieu de ces solitudes étemelles, lui seul représente le roi de la création, le dompteur et le mattre de la nature; il croit visiter son empire, en étendre encore les limites, et ressent cette noble fierté qu'inspire la présence d'un péril bravé, d'un obstacle vaincu.

La solitude est une épreuve qui élève et qui for-

18 GUIIAT0 APtlGÀUffl.

tifte l'âme. Voyez rbomme du désert, rhomme du littoral maritimey celai qui habite les cimes neigeuses des hautes montagnes, et comparez-les aux habitants paisibles de nos ridies vallées, de nos plaines fertiles. La physionomie des premiers est grave, leur attitude est calme et digne ; les seconds au contraire sont gais, bruyants; leur esprit manque de profondeur, leur courage n'est ni patient ni réfléchi : L'audace et la persévérance manquent également à leurs entreprises.

Chacun des aspects que peut présenter le désert a reçu des Arabes un nom particulier* Ce nom diffère encore d'un pays à l'autre : il n'est pas le môme à Oaargla et à Tripoli, au Gordofan et dans le Bomou.

Le désert est habitable, /!q/!, ou inhabitable , khela , buissonneux, ftcttita, ou boisé, gkaba; pierreux, serifj ou couvert de rodiers énormes, tvarr. S'il forme un plateau élevé on l'appelle djebel (montagne), par opposition à la plaine maritime, êohel (pluriel, 90wa^ fctf/), ou nedjedj par opposition au mot Tehama. Le voyageur Lyon a fait connaître le premier les termes employés par les Tripolitains : les Égyptiens et les Nubiens en ont d'autres, tels sont ceux d'Almottr, diogabaf de barrieh^ de kharab, de raml et de rmdl. En examinant l'action du vent sur les sables, j'aarai Toccasion d'y revenir et d'indiquer quelle serait, selon moi, la division lapins naturdle à établir entre les aspects différents du désert.

Le dattier commun à la région des pluies hiver* nales et à la région sèche nous a fait franchir les li-

TBHPÉIATUlIfl AfRICAmES. 19

mites eeptentrionales du désert, c'est^à dire de la zooe privée de plaies, et dès lors aride. Le 1 7* parallèle qui marque la limite extrême des pluies estivales^ forme la frontière naturelle du désert et du Soudan : entre cette ligue et la limite des plaies hivernales , Toeil fa<tigué n'aperçoit plus que d'immenses plaines de sa^^ ble, des dunes sans c^se agitées par le vent, de vastes plateaux où la roche se montre à découvert, semée de débris schisteux aux couleurs sombres ; toute végétation semble avoir fui cette terre désolée pour se réfugier dans quelques vallées profondes sur les bords du Nil ou autour de ces sources saumàtres, qui donnent naissance aux oasis.

TEMPËRATURES AFRICAINES.

lèRff. - VifJiiiiM «ims, — OkanitSaiiifttitt«ail(liNai. — GNvanisiHi rocre le Désert et H Seidu.

Soumis au premier souffle des vents polaires humides encore des vapeurs de la Méditerranée, rafraîchi par les orages de Thiver, séparé du désert par des montagnes, le climat du littoral africain n*a rien d'excessif, et les Romains, qui seraient encoreenbien des choses nos maîtres, avaient su retrouver, dans les

20 CLUÀTS APRICàINS.

montagnes de la Numidie, le climat tempéré de leur patrie. Nos généraux ont rencontré leurs traces et ont proclamé avec raison la sagesse de ce peuple, aussi soucieux de la vie de ses soldats que du maintien de sa puissance ; mais dès qu'on a franchi la limite du désert, on ne touve plus cette gradation favorable qui sépare les rigueurs de l'hiver des ardeurs de Tété; plus de printemps, plus d'automne : l'énorme rayonnement d'un sol stérile sous un ciel toujours pur, amène des variations de température aussi considérables que subites. C'est pendant Thiver que du jour à la nuit ces variations atteignent leur maximum ; il m'est arrivé plus d'une fois de voir, sous le 17* parallèle et au mois de janvier, le thermomètre ne marquer au lever du soleil que + 5 et s'élever à une heure de Taprès midi, moment du maximum diurne, à + 35, ayant ainsi varié de 30 degrés en 7 heures. Le corps n'a pas le temps de se faire à ces brusques changements , le froid de la nuit paraît in* supportable et la chaleur du jour semble accablante; CCS deux températures n'ont par elles-mêmes rien d'excessif, mais le corps humain , capable de supporter les hivers du pôle et les étés du Soudan, ne résiste pas de même à la succession soudaine d'une nuit de France à une journée de l'Inde ; il n'en résulte cependant pas de maladies graves , mais un certain sentiment de souffrance le matin et de fatigue pendant le jour. L'été, qui est moins sain et dont les chaleurs sont très-fortes, semble moins rigoureux que l'hiver, parce que, si dans le jour le thermomètre s'élève quelquefois à 45' et à 48% il ne s'abaisse guère

TEMPÉEATURES AFRICAINES. 21

pendant la nuit au-dessous de SB"", et que la différence n'est plus dès lors que d'une dizaine de degrés. J'ai trouvé dans le Cordofan des températures plus fortes que celles mentionnées pour des latitudes égales par Denham et par les auteurs qui ont écrit sur le Sénégal. La raison en est bien simple, le Sénégal, voisin de la mer, le Bornou, touchant au lac Tchad et arrosé de nombreuses rivières , doivent au voisinage de ces grandes masses d'eau un certain abaissement de température : l'air s'échaufle beaucoup sur le sable et s'échauffe moins sur un lac. L'influence des eaux courantes est surtout remarquable; le Nil blanc en sera une preuve : au mois de mai , dans le Cordofan, par un vent de sud bien établi , j'observai à une journée et demie du Nil blanc J9%8, à midi. Deux jours après , à la même heure et le même vent continuant à régner , je n'avais à noter sur les bords du fleuve que + 45*. Il y aurait donc à conclure de cette observation qu'une différence de 5" existe souvent entre la vallée d'un grand fleuve et les vallées qui lui sont parallèles.

Le maximum de température de l'année se produit, dans le désert, dans une partie du Rif, en Egypte , dans le Soudan pendant les mois d'avril et de mai. Le journal tenu par Denham donne, pour ce maximum , à Kouka , environ 42 grades à trois heures de l'après midi; la moyenne mensuelle, à trois heures, est de 40 grades. Les observations faites entre une heure et une heure et demie eussent donné un chiffre plus élevé de peut-être 2 degrés. De plus la situation de Kouka est toute particulière, le lac

%2 CUHAT8 AriUGÀIllS.

Tchad, le Yeou n'en sont pas éloignés, et doivent avoir uiie grande influence sar l'état thennométrique de cette région. Je crois donc qu'on peut admettre comme maximum diurne du mois de mai, en thèse géqérale , et sauf déduction des circonstances locales, la température de 45 grades , que les vents du sud pepyent occ^ionnellement porter à 50.

C^tte tœipérature sera commune au Soudan et à la plus grande partie du désert, mais les pluies qui, dès le mois de juin , commencent à tomber au delà du dix-septième parallèle, ne tardent pas à l'abaisser. La moyenqe mensuelle de juin n'est plus que de 36 grades à Kouka , à trois heures de l'après midi ; à six heures du matin, la moyenne est de 28*

Pendant le mois d'août , lors des grandes pluies , on a : moyenne de trois heures du soir, 27 ; moyenne de six heures du matin, 24.

La variation diurne est insensible.

Décembre est le mois le plus froid ; on a alors à jKouka , comme moyenne de trois heures , 25 ; comme moyenne de six heures, 18.

Pans le désert, les variations sont triples dans cette saison , et l'on peut prendre comme moyenne de une heure et demie , 30 ; de six heures du matin , 8.

Le plus grand froid observé à Kouka est de 15%6 sous la date du 2 décembre , à six heures du matin. Un tableau inséré dans les notices statistiques sur les colonies françaises, donne les résultats suivants :

TBMP^EATGRBS JkFRICAIlfES.

tempiSratubes obserrés à

HAXniUII.

■mniuH.

■OTBinVE.

Saint-Louis

14' llo,50

Richard Toi

Damna

Bakel (1)

Corée

Il arrive quelquefois , pendant l'hiver, à Richard Toi , que le thermomètre , qui le matin était descendu à 8%75, monte à Tombre, dans la même journée, à 40*.

Les pluies qui rafraîchissent le Soudan exercent aussi une certaine influence sur la température de la région déserte , qu'elles n'atteignent pas. La végétation arborescente, à laquelle ces pluies donnent naissance dans le Soudan , contribue de son côté à rendre cette région moins chaude que les déserts qui en sont voisins.

t Les forêts d'une grande étendue, dit M. de Humboldt, empêchent les rayons solaires d'agir sur le sol ; leurs organes appendiculaires (les feuilles) provoquent l'évaporation d'une grande quantité d*eau , en vertu

(1) M. Hecquart , qui a commandé le poste de Bakel , y a éprouvé des températures bien plus élevées; il est à regretter que les observations météorologiques recueillies par lui niaient pas été publiées.

2i cuhats africains.

de leur activité organique , et augmentent la superficie capable de se refroidir par voie de rayonnement. Les forêts agissent donc de trois manières : par leur ombre, par leur évaporation, parleur rayonnement. » {Cosmos 9 1" partie.)

UFLICATIOH M U FLilCHI II.

Figur9 i'\ — Plan et coupe des apports et laisses de sable autour d'un

arbuste.

Dans la eoupe B talus placé en arriére de Varbaste;

b talus placé en avant et laisse de sable. Figur9 2. -* Plan et coupe des apports et laisses de sables dans l'intérieur et autour d'une tente.

Dans la coupe B monticule élevé dans Tinter leur de la tente;

h son talus;

e fossé au vent de la tente ;

d glacis de ce fossé;

G piquet;

c Fossé du piquet;

d glacis de ce fossé;

c laisse sous le vent de la tente ;

f tente; Figure 3. — Trombe et cône abandonné par la trombe;

B trombe;

b cône.

Figure 4. — Laisse indiquant un changement récent dans la direction du vent. — Plan.

B obstacle;

b direction du vent le plus ancien;

c direction du vent le plus récent;

d, e laisse du vent le plus ancien ;

e portion de laisse non enlevée par le vent le phis récent ;

d portion de laisse enlevée par ce vent.

VEDIT§. 27

Uv ttictiti. — Km actiM. — Mm. — Omov. — Treaba ieHMe.

la direction des vents ayant une influence énorme sur le climat de l'Afriqqe, je dois en dire ici quelques mots.

On sait que les courants polaires déviés vers Touest par la rotation de la terre , tendent sans cesse à remplacer, sous les tropiques, Tair échauffé qui se dilate et s'épanche dans les hautes régions pour gagner les pôles. C'est à cette circulation constante de Tatmosphère, modifiée seulement dans ses détails* par quelques circonstances locales , que doivent être rapportées nos observations.

En Afrique , Tinfluence des vents polaires est considérable, et la théorie en rend facilement compte. Nulle part , en effet , un continent plus développé audessous de Téquateur thermal ne présente des terrains plus favorables à un rayonnement excessif; nulle part de plus grandes masses d'air ne sont échauffées, soulevées, dilatées; nulle part une raréfaction plus grande n'appelle, sous Téquateur, Tair dense des pôles à remplir le vide qui se forme.

28 CLIMATS AFRICAIKS.

Les venls polaires soufflent du N.-E. dans rhémisphère nord , mais T inégal échanffement du sol de rAfrique et des plaines mouvantes de l'Atlantique les ramenant sans cesse vers l'intérieur du continent , ils soufflent principalement du nord sur le bassin oriental de la Méditerranée, et du nord-ouest sur le bassin occidental de cette même mer , et les côtes marocaines de l'Atlantique. Au Sénégal , cependant , le N.-E. règne une partie de Tannée, et on assure qu'il transporte dans l'Atlantique d'énormes quantités de sable , et met souvent les caravanes en péril.

Sur la côte du Sénégal, les vents passent au sud par l'ouest en juin, et de juin en octobre ils varient entre le sud-ouest et le sud-est, couvrant toute cette région des nuages formés sur l'Atlantique, et donnant ainsi naissance aux pluies estivales. Un phénomène analogue se produit dans les régions orientales du Soudan.

I^s vents y passent au sud par l'est; le sud-est domine dans le Sennar et le Gordofan de juin en octobre, et la mer des Indes est le réservoir qui fournit à cette contrée ses pluies annuelles. C'est pendant cette saison que règne, dans le golfe d'Oman, la mousson du nord-est , et dans le voisinage de Madagascar celle du sud-est. Au commencement de la saison des pluies , l'atmosphère est extrêmement chargée d'électricité; il y a toutes les nuits des éclairs, et les orages sont fréquents.

Les températures excessives d'avril et de mai sont dues au passage des courants d'air chaud qui se portent vers les pôles en s' abaissant à mesure qu'ils

s'éloignent de lear point de départ, et n'arrivent en Europe qu'après avoir perdu, sur la Méditerranée, leur extrême sécheresse et la plus grande partie de leur chaleur : nous les connaissons sous le nom de solano, siroco, et les Africains les appellent gmbli ou vent du sud, simoun y harmattan et khamsin à canse de leur apparition dans les cinquante jours qui suivent Téquinoxe du printemps. Ces vents soufQent sur chaque point dans une direction opposée à celle des courants polaires.

Le harmattan du Sénégal me semble être plus précoce que tous les autres ; sa direction ordinaire varie entre Test-sud-est et Test^nord-est ; je pense que celte dernière est celle qu'il acquiert le plus tard.

]'ai souvent , au mois de mai et de juin , rencontrée, par le 15' environ, des vents de nord dont la température ardente et la siccité faisaient de véritables simoun. La cause en est celle-ci : les courants d'air chaud se forment surtout dans la partie septentrionale du Soudan et dans la partie méridionale du désert, de l'équinoxe de printemps presque jusqu'au solstice d'été ; la ligne sur laquelle ils se forment varie sans cesseavec la déclinaison du soleil; dès que la déclinaison de cet astre est supérieure de quelques minutes ou peut-être d'un degré à un parallèle donné , l'air dilaté sous ce parallèle s'épanche à la fois vers le nord et vers le sud , et le khamsin devient, pour le Soudan, un vent du nord. La raréfaction produite appelle de ce côté l'air déjà moins chaud des régions équatoriales, et surtout celui des mers voisines.

Les pluies viennent en même temps rafraîchir le

Soudan et l'Afrique , tandis que du câté de la Méditerrannée, la victoire demeure aux vents du nord; rintensité même de son action a mis un terme au khamsin ; il n'en est déjà plus question vingt jours avant le solstice d'été , et Téquinoxe d'automne arrive sans qu'il ait reparu.

On sait que le vent, impuissant à changer l'aspect d'un terrain solide, à mouvoir les masses pesantes de nos rochers, soulève facilement le sable fin jeté par la mer sur toutes ses plages, le pousse en avant, Ten* tasse, en forme des collines, appelées dunes, dont le* sommet , chargé sans cesse de nouveaux apports, s'éboule ou glisse en avant , faisant avancer ainsi cha^ que jour la masse totale , qui bientôt envahit Tintérieur des terres, si des plantations ou des moyens mécaniques particuliers ne viennent pas entraver sa marche. La Hollande, les Flandres, le département des Landes offrent, en Europe, de remarquables exemples de ce fait , provoqué principalement sur leurs côtes par les vents de N.-O., d'O. , de S.-0.

Partout, à peu près, la direction des grands courants atmosphérique est perpendiculaire aux rivages, ou tend à le devenir dans leur voisinage. Entre les tropiques, les brises de mer soufflent parfois pendant la journée, et sont remplacées de nuit par celles de terre ; souvent les vents de mer sont généraux, comme cela a lieu sur une partie des côtes brésiliennes; quelquefois ils ne soufflent que pendant une saison de l'année ; tantôt ils forment une mousson bien déterminée, comme la mousson de S.-E. Dans la mer des Indes, tantôt ils se présentent seulement avec plus

de fréquence que tous les autres, et ne sont plus alors que le vent dominant de la saison , ou le vent principal de toute Tannée.

Le vent de terre dans les pays chauds ne détruit pas le travail des vents du large ; il ne repousse pas, ne renverse pas les dunes, parce que, étant formé par Tair échauffe qui s'élève et se déverse au loin y il se meut généralement dans une région plus élevée que celle parcourue par le vent de mer, plus froid, plus dense, et qui, dès lors, atteint à la surface de la terre le maximum de sa puissance.

On sait que sur la côte méditerranéenne de l'Afrique les vents de Nord, fréquents en toute saison, le deviennent plus encore pendant l'automne. Le continent africain, entre Tripoli et El-Arich, n'est séparé de la m^ que par une chaîne peu élevée, en avant de laquelle s'étend presque partout une large bordure terminée par des plages basses et sablonneuses, comme celles du golfe de la Syrte, des côtes de Libye et d'Egypte. C'est sur ces plages, couvertes sans cesse d'un saUe fin par la Méditerranée, que, sous l'influence du vent de Nord , se forment les dunes africaines , ou que s'entassent , au pied des montagnes calcaires, de vastes amas, d'immenses talus, qui souvent surplombent les roches placées devant eux, les couvrent , les débordent et les dépassent.

Les dunes énormes et sans cesse en mouvement d'El-Arich, sur la frontière d'Egypte et de Syrie, en sont un exemple remarquable et bien connu des voyageurs. Leur continuel exhaussement, leurs éboulements, le déplacement et l'altération de leurs som-

52 GLIMATâ AFRICAINS.

mets en changent si fréquemment l'aspect, qu'il est difficile aux gens môme d'El-Arich de se retrouver au milieu de cet inextricable dédale , lorsqu' après quelques mois d'absence ils regagnent leur pays.

Les Hollandais arrêtent le progrès de leurs dunes au moyen d'une plante dont les racines pénètrent et tracent fort avant, dans le sol mobile qu'elles retiennent ainsi. Le pin a été employé dans le mâne but par les habitants des Landes. Dans certaines contrées, les paysans sèment aussi , sur le sable des dunes, de petits morceaux de bois, dont l'effet, pour être moins efficace, est cependant assez avantageux.

Les populations du littoral africain , nomades ou éparpillées dans de rares oasis, n'ont jamais senti le besoin, ou n'ont pas encore conçu l'idée de s'opposer aux progrès de cette invasion. Le sable n'est arrêté nulle pact; et si, comme il y a lieu de le croire, l'Afrique est un des plus anciens continents du monde actuel, on ne doit pas être surpris de retrouver ces dunes à une distance énorme de la côte, dans toutes les parties du désert que la chaîne du littoral ne protégeait pas suffisamment contre elles (1).

Ce n'est pas tout : s'amoncelant sans cesse au pied des rochers, sur les flancs des collines, s'adossant aux plateaux du littoral, le sable a dû, sur beaucoup de points, les couronner, les recouvrir. Un vent modéré déverse dans la plaine le sommet aminci des dunes,

(1) On admet généralement en Europe que les dunes avancent de 20 à 35 mètres par année; il ne faudrait donc pas plus de 4 k 5,000 ans pour qu'elles s'avançassent de 25 lieues.

VKXTS. Tiâ

un vent violent le balaye et le chasse , l'enlralnant souvent à de grandes distances, le jetant sur d'autres montagnes, sur d'autres plateaux, ou le répandant dans la plaine.

La direction suivie par le sable sera, d'ailleurs, d'autant plus horizontale, que la force de motion sera plus grande. Dès que le calme s'établira ou viendra seulement a séparer deux rafales, c'est une véritable pluie verticale de sable qui se produira.

I^ parabole que le sable décrit en tombant peut l'amener sur le sommet de quelque colline, de quelque plateau élevé; dans ce cas, le vent ne tarde pas à l'y reprendre; il ne l'y laisse s'accumuler que dans les fentes des rochers , dans l'espace qui les sépare, dans l'étroit abri qu'ils lui présentent; partout ailleurs il s'en empare, le pousse, le charrie de nouveau, jusqu'à ce que, l'ayant enfin précipité dans quelque partie basse du désert il l'y abandonne pour toujours.

Le sable, tombeau milieu d'une vaste plaine, n'offre plus au vent que peu de prise; il y dessine ces vagues capricieuses que nous connaissons tous, et qui , comme les dunes, présentent, du côté du veut, un talus légèrement incliné, et se terminent , du côté opposé» par un talus plus escarpé. Ces petites vagues peuvent , avec le temps, former des dunes , mais dans les plaines presque toujours profondément déprimées du Sahara, ce phénomène est plus lent à se produire que sur les rivages. Dans les vallées qui courent E. et O. le sable est plus immobile encore ; à peine se ridet-il par les plus violentes raffales ; le vent passe audessus de hd en l'effleurant à peine. C'est dans ces

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parties basses, profondes, que le sable s'accumule sans cesse ; il y forme une couche d'autant plus épaisse que le niveau du sol primitif est plus déprimé. C'est ainsi que dans les vastes plaines du Sahara , généralement placées au-dessous du niveau de la Méditerranée, l'accumulation du sable tend chaque jour à diminuer leur dépression.

De ce que je viens de dire résulte une donnée pratique de la plus haute importance. Le sable , provenant des dunes, ne se fixant que dans les plaines : dans le désert , on peut dire à priori de tout terrain pierreux, qu'il est élevé, de tout terrain sablonneux qu'il est bas.

Le sol des plateaux et des montagnes, c'est-à-dire le sol antérieur, étant généralement imperméable , on peut presque toujours, dans la région des pluies hivernales et dans celle des pluies estivales, trouver de l'eau en creusant le sable ; on en rencontrera surtout si le sable est solide et foncé,

On voit enfin , que la division , la plus naturelle à établir entre les divers aspects de désert, sera la suivante :

Le Serir ou sol primitif non recouvert, comprenant les plateaux Serir et les montagnes Djébal ;

Le Sahaff plaines basses, vallées profondes, où le sol primitif est caché par le sable ;

Le Ghoud ou système de dunes , se mouvant sur les bords de la mer ou au milieu de plaines inmienses, exposées à Faction la plus énergique du vent.

Quelques portions du désert offrent aux troupeaux des nomades un maigre pâturage. Çà et là quelques

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