‹ Le désert et le SudanChapitre 9 sur 43 · LE BBLAD EL D^BRID · texte numérisé non relu

LE BBLAD EL D^BRID

dattier toDs les soins qu'il exige, et qoe surtout il ue Tarrose pas.

Dans les oasis du Belad el Djerid , le dattier eit Tobjet d'une calture très-intelligente; il y est ëouvent planté en quinconce : un petit canal apporte v^h«^ chaque jour dans le fossé creusé autour de sa base Teau dont il a besoin. En dedans de ce fossé , un rem* blai de terre de deux pieds de haut entoure le pied de Tarbre et protège en les couvrant ses racines adventives.

Le dattier se plante de boutare , la bouture donne un arbre semblable à celui qui Ta fournie; il n'en est pas toujours de môme avec le noyau, et la croissance de l'arbre semé est très-lente. Au bout de quatre ou cinq ans le dattier planté, si c'est un arbre femelle, commence à donn^ des fruits ; on a soin toutefois d'en arrêter le développement afin de ne pas fatiguer le jeune dattier : ces fruits d'ailleurs ne seraietit pas de bonne qualité, souvent ce sont des avortons (sich), le noyau ne s'y est pas développé. Le dattier peut vivre jusqu'à deux cents et deux cent cinquante ans ; il est rare , néanmoins, d'en voir qui aient plus de quatre-vingts ans. Lorsqu'ils dépérissent on les saigne en trois en* droits, au printemps, au-dessous de la base des feuilles; la sève qui découle de ces blessures est reçue dans des vases retenus au-dessous par des cordes et qu'on vide chaque matin ; les trois vases peuvetit contenir une quinzaine de litres, et Técoulemënt ne cesse qu'après deux ou trois mois. Ce liquide j assez analogue par la couleur et par le goût au lait de coco et au vin de palme tiré de VeUns gtdnêemiiy porte dans

GUMATS APRICAUfS.

le Djerid le nom de lagmi ; il s^en fait dans les oasis une grande consommation. Chaque matin les enfants le vendent par les rues en criant : Lagmi mlihah la lagmi.

Au bout de vingt-quatre heures le lagmi entre en fermentation. On aide quelquefois cette opération en enfouissant profondément les vases qui le contiennent. Les juifs en font une eau-de-vie assez médiocre.

Dès le mois d'avril tous les dattiers sont en fleur ; c'est au mois de mars que sont recueillies les fleurs du dattier mâle (dokar); chaque régime est alors partagé en une multitude de petites grappes ou chatons que Ton attache aux régimes femelles.

La poussière blanche , le pollen des fleurs mâles , répand une odeur analogue à celle du sperme; les Arabes le croient en conséquence (peut-être est-ce avec raison) très-aphrodisiaque et mangent soit ce pollenfSoitlesfleurselles-mémeSy malgré la défense qui existe à cet égard , le nombre des arbres mâles étant toujours très-restreint relativement à celui des arbres femelles. Soit en effet que la nature forme plus de fe* melles, soit que les cultivateurs détruisent les jeunes mâles dès que leur sexe se déclare, c'est-à-dire de quatre à cinq ans , il n'est pas rare de voir des oasis ne posséder qu'un ou deux arbres mâles et l'on n'en compte d'ordinaire que cinq ou six pour mille arbres femelles.

La récolte des dattes se fait en octobre et novembre, suivant les espèces.

On jette les régimes du haut de l'arbre sur des nattes; la datte fraîche (tamr) est la meilleure; elle

LE BELAD EL DJEKID.

se mange sur le régime. I^ datte sèche (bêla) estgéné-* ralemeut égrenée; elle se conserve facilement lorsqu'elle a été exposée quelque temps au soleil et qu'elle a laissé suinter une partie du sucre qui s*y trouvait en excès et qui est recueilli par les Djéridieus, c'est le miel de dattes.

Les dattes sèches servent à la préparation de diverses pâtes ; leur chair, mélangée et pétrie avec de la farine, fournit un biscuit sain (bsissa), nourrissant et d'un goût agréable. La datte peut être employée à la préparation de Teau-de-vie; c'est en Egypte et en Nubie surtout qu'elle regoit cette application. Les Coptes font un grand usage de cette liqueur j trèsinférieure sous tous les rapports à l'eau -de-vie de raisins faite à Chio, qu'elle cherche à imiter et à remplacer.

Je pourrais citer plus de 60 variétés de dattiers, et je suis loin de les connaître toutes.

Les fruits de chacune de ces variétés diffèrent essentiellement sous le rapport de la forme qui peut être allongée, arrondie, ovale, cylindrique, etc., de la grosseur, delà couleur, qui peut être jaune, brune, rouge, blanchâtre , etc. La datte commence du reste par être blanche; elle devient rougeâtre, puis, en général , elle reste jaune. Les bonnes dattes sont transparentes ; celles d'Egypte, à l'exception toutefois de la qualité longue et jaune de Rosette, se mangent rouges ; elles mûrissent mal et ne sèchent jamais bien ; elles se corrompent facilement, et les vers s'y mettent vite.

La forme de la datte n'est en général que celle du noyau , et la vue du noyau suffit à reconnaître la

10 CLIMATS ▲PEICAnm.

qualité da fruit. L'avortement , résultat de Tatrophie du noyau, se reconnatt extérieurement à la figure réniforme du fruit qui se recourbe sur le noyau rudimentaire. Cette atrophie peut provenir on de ce que la fécondation n'a pas été tentée, ou de ce. que la qualité même de Tarbre s^opposait à cette fécondation.

Dans le Djerid , les dattes avortées sont appelées Ma halef et $ich; elles proviennent généralement des arbres ammeri et saroti; on les donne aux chevaux à défaut d'orge. C'est une nourriture indigeste et malsaine.

J'ai lu dans diverses relations , que les noyaux amollis par un long séjour dans l'eau, étaient donnés aux chameaux en remplacement du grain. On m'en a parlé quelquefois , mais je ne l'ai jamais vu faire et je crois que , tout en se donnant beaucoup de peine pour ramasser les noyaux, on n'arriverait pas à remplacer ainsi les aliments farineux, si nécessaires aux chameaux que l'on fait travailler.

Le degléy cultivé dans le Belad el Djerid , est le roi des dattiers. C'est celui qui atteint la plus grande hauteur; il n'est pas rare de le voir s'élever à 80 pieds : plus productif que tous les autres , il donne son fruit en octobre; 8 à 40 régimes, dont chacun peut peser de 1 S à 20 livres, le couronnent alors ; sa datte est allongée , un peu aplatie et ridée, d'un beau jaune plus ou moins foncé ; sa chair est transparente, et le goàt en est exquis. C'est le fruit que mangent les riches; les pauvres se contentent des autres variétés, et font surtout usage de la datte halig ^ qui est la plus commune de toutes. A Nefta le deglé n'est pas rare

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