DE LA BARBARIE
peuples dont les idées oa le vêtement se ressemblent; ne recourons pas pour expliquer pn fait si simple à des hypothèses difficiles à défendre, à celle d'une origine commune , de migrations dont nous devrions en vain chercher la preuve dans le souvenir des hommes. Réservons notre surprise à Texamen de cette diversité, de ces nuances, de ces contrastes qui donnentà chaque peuple une individualité propre. Cest alors qu'il nous faudra prendre pour guides ('expérience et Tétude. Dans le premier fait nous devions clairement apercevoir l'action d'une cause plus puissante que toutes les autres , dans le second nous ne distinguerons qu'avec plus de peine celle des causes secondaires, opposées ou inégalés dans leurs résultats, inappréciables souvent, parce que le passé nous échappe et que le présent même nous est mal connu.
Ce que je vais dire éclaircira , je l'espère , cette question qui ne saurait plus en être une pour quiconque veut un instant y arrêter son esprit : mais avant d'entrer en matière il faut s'entendre sur les mots.
Je qualifierai dans ce travail certains peuples de barbares , non parce que leurs mœurs diffèrent des nôtres, mais parce qu'ils nous sont incontestablement inférieurs dans les sciences et dans les arts, que leurs institutions sont rudimentaires ou vicieuses, leur industrie grossière, et qu'après avoir partagé nousmêmes pendant des siècles leur ignorance et leurs erreurs , nous apprécions facilement et sans nous faire d'illusion la distance qui les sépare aujourd'hui do nous.
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100 CONSIDÉRATIONS 9 ÉTCÛES^ ETC.
Il D*est pas facile de dire où se termine la barbarie, où commence la civilisation ; si cependant Jes Grecs de l'antiquité sont pour nous des barbares , si notre civilisation même doit être taxée de barbarie par nos descendants, labarbariesera, à toutes les époques, Tesprit du passé végétant encore sur quelques points du globe , mais oublié ou maudit par les maîtres du monde, rois de Tintelligence et maîtres de la force.
Pour trouver entre les barbares et nous une ligne de démarcation bien tranchée, nous appellerons barbarie en Europe tout ce qui a précédé le siècle immense de Guttemberg et de Colomb.
Les barbares actuels seront pour nous, tous les peuples chez lesquels Tusage de Timprimerie ne s'est pas répandu, qui n'ont aucune notion exacte des sciences physiques et qui enfin ne connaissent point ou n'apprécient quMmparfaitement les armes à feu.
Nous distinguerons parmi eux le sauvage qui est l'homme primitif, inculte, qui ne fait usage d'aucun vêlement fabriqué, n'habite jamais de maisons bâties, n'a pas de théorie religieuse proprement dite; sa ressource ordinaire est la chasse.
Le nomade qui est pasteur.
Le barbare proprement dit, ou le barbare colonisé, supérieur par son développement au sauvage et au nomade qui n'arrivent à l'égaler qu'en renonçant comme il l'a fait lui-même à une existence vagabonde et précaire.
Je vais esquisser à grands traits ces trois types, effleurant ou négligeant ici quelques détails qui trouveront mieux leur place dans la partie de mon travail