‹ Le désert et le SudanChapitre 8 sur 43 · LE BELAD EL DJERID · texte numérisé non relu

LE BELAD EL DJERID

Soi HTdoneMit.— kbittler,sa caltiK, lovaiiétfe, ses isisn.— Aspect il Itart.

L'eau fournie par les pluies de l'hiver, en s'écoulant sur les pentes méridionales de l'Atlas du Ghariaa des montagnes de Derna , se perd dans les sables oii l'industrie de l'homme sait souvent la retrouver. Quelquefois elle reparaît au loin pour former une source, un ruisseau, un lac, un étang, que les chaleurs de l'été font disparaître et dont l'existence ne se révèle plus dès lors que par les efflorescences salines dues à l'action de l'eau sur des terres imprégnées de sel gemme. Tels sont les chott du Sahara, tel est celui de Nefta et de Tozer, visités par moi en 1849. Autour de ces sources , de ces ruisseaux , de ces lacs vient se grouper une population active , intelligente.

LE BELAD EL DJEEID.

Le dattier qui craint la plaie, mais dont le pied a besoin d'être arrosé sans cesse, fournit à ces populations une précieuse ressource. C'est ainsi que dans le désert chaque ruisseau, chaque étang donne naissance à un de ces tlots de verdure que nous appelons des oasis et que les Arabes désignent sous le nom de auah. Entourée de tous côtés par Tocéan de sable , Toasis n'a guère de voisins et son indépendance est rarement menacée. La commune s'organise dès lors en république et le pouvoir de ses chefs se mesure au nombre de leurs dattiers.

Quelquefois aussi, un archipel d'oasis forme une petite fédération. Les oasis de Tuggurt en sont un exemple , mais Tuggurt lui-même n'est que le noyau d'une ligue opposée à une autre ligue d'oasis voisines, et généralement, dans le désert, l'idée de voisinage entraine l'idée de rivalité et exclut celle d'alliance.

Le désert africain convient dans toute son étendue à la culture du dattier , car les limites extrêmes de cet arbre précieux sont dans l'hémisphère nord et dans l'intérieur des terres le 12* et le 37* parallèles; sur les bords de la mer il les dépasse facilement, sa limite méridionale surtout, et se montre quelquefois dans le voisinage immédiat de l'équateur. On le trouve parfois dans le désert; mais, comme je l'ai dit, le dattier ne donne de fruits que s'il est arrosé. Sa présence dans un lieu aride indique même toujours remplacement d'une ancienne aiguade; de plus, une certaine latitude, une certaine nature de terrain doivent lui convenir plus particulièrement que toute

6 CLIMATS APUlCAlKfi.

autre. kû^\ ne doit-on pas s'étonner de voir les oasis former au Stid de la digue montagneuse et en suivant le 33* parallèle, une longue chaîne que caractérise le nom de Beiad el Djerid, région des palmes, et qui s'étend des bOrds de l'Atlantique aux rives du Nil, parTafilet, Wargla, Tuggurt, Nefta, Tripoli, les oasis de Siwah et d'Audjelah ; jetant datas le sud quelques ramifications telles que le pays des Touaregs, Ghdamès, Ohaat, le Fezzan, les oasis Khardjeh et Dakhileh ; traversant enfin , du nord au sud , tonte la région du dattier , en s*attachant aux bords du Nil; car l'Egypte et la Nubie ne sont qu'une immense oasis, différant de toutes les autres par ses proportions , mais u'èb différant en rien par sa nature.

En Egypte, comme dans les oasis, l'eau est l'élément essentiel de la fertilité du sol ; comme dans les oasis l'arrosage est obligatoire et, sauf l'époque de l'inondation, a lieu par des moyens artificiels. [>e limon si vanté du Nil n'est sans doute pas dépourvu de toute propriété fertilisante , mais son mérite a été trdp vanté ; l'eau est le grand engrais des terres afrieaiiies. L'eau et le soleil suppléent dans les oasis du Sahara au limon du Nil, et les jardins de Nefta ne sont pas inférieurs à ceux de Rosette. Ce limon gras ilie parait d'ailleurs peu favorable au dattier qui ne donne nulle part, soit en Egypte , soit môme à Sukkot, en Nubie, des fruits aussi savoureux que ceux de Nefta. Il est vrai aussi que le riverain du Nil préoccupé de •es immenses cultures, de son riz, de son blé, de ses fèves , de son coton , de son sucre , ne donne pas au

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