‹ Le déserteur,: drame en prose en cinq actesChapitre 4 sur 32 · SCÈNE I 1 L Mad. LUZERE,CLARY · texte numérisé non relu

SCÈNE I 1 L Mad. LUZERE,CLARY

Mad. L u 2 E ç. E.

Il m'attriste I — Je n'aime point à voir le chagrin dans le cceur de ceux même qui ne respectent point la sensibilité d'autrui : il «st vrai qu'il falloit une bonne fois l'écondui^-e^^

Quelle différence entre Durîmel et lui 1 Oh ma snère 1 c'est vous qui faites son bonheur et le mien. Le ciel même a , conduit ici ce français : il vous chérit comme moi; vous êtes témoin de notre tendresse. ^ Il paroît bien sincère : — tout ce qu'il dit peint l'honnêteté^ la vertu. ( D'un ton plus timide.) Vous êtes toujours décidée en sa faveur ? ^ Cela me fait tant de plaisir , que j'appréhende quelquefois de vous voir changer. Ce pays - ci e^t plein d'envieux. ...

Mad. L u z E R E.

Ma chère enfant , puisque tu l'as choisi , il est à toi : je le crois digne de ton amour. En te le donnant , qu'il m'est doux de satisfaire à la fois et mon cœur er ma reconnoissaucel ^ Viens ici. ( Elle la fait asseoir auprès d'elle ^ à la place quoccupoit M. Hoctau ; elle lui prend les mains , et lui dit affectueusement : ) Ma fille, il faut être avec ton époux , affable , complaisante; préviens le moindre nuagç qui pourroit obscurcir un seul de tes beaux jours. Nous, n'avons point la force en partage ; une douceur af&ctueuse, voilà nos seules arme^ : ^ fuis les inégalités, évite les caprices, ils sont lecueil de l'amour. ^ Sous le joug de l'hymen , des tortf ^ d'abord insensibles et légers 5 composent quelque- Ibis la matière dangereuse des discordes. ^ Il f^ut

mmmmmmmmmmtmmm

ni*ouvrîr toujours ton atne , a^n que mes conseils préviennent ou dissipent tout ce qui pourroic ressembler aux orages.

C L A R Y , embrassant sa mère* Ahl vous n'aurez pas cette peine-là.

( Btndant h couplet suivant^ M, Hoc tau rentre^ comme un homme qui a oublié de dire quelque chose ^important : la porte quil a laissée ou^ verte , lui facilite le moyen d'entrer sans itrd entendu ; et voyant madame Lu^ère et sa fille dans l'entretien le plus animée il se glissit ddns le cabinet pour les écouter. )

Mad. L u z £ R Ë.

3*en accepte l'augure, ma chère enfant;^ tu touches au moment où tu vas commencer un Heu bien doux , mais non moins sérieux. Les devoirs* d'épouse vont succéder à ceux de fille : Hs sont plus importans , plus étendus , plus a uguste s, ^ Elève ^ affermis ton courage , agrandis ton ame , disposesla à tout événement. — . J'ai promis à M. Hoctau que dans vingt-quatre heures Durîmel seroit toa époux.

C L A R Y , se retirant d'entre les bras de sa mlre^

étonnée et confuse.

Dans vingt-quatre heures l . . . Dieu l i . . vous m'avez toute saisie. — Je pense. ... Oh 1 c'est troptôt aussi.

Mad. L U Z E R E , lui souriant amicalement.

Pourquoi trop-tôt ? j'ai toujours pensé qu'on ne marioir q.ue trop tard deux personnes qui s'aiment. ( Plus sérieusement. ) Cette ville eiît en proie à Tétranger . . . vous avez besoin d'un protecteur. --LAR Y , baisant les mains de sa mère.

Avec quelle tendresse vous veillez sur* mon bonheur !

Mad, L u Z E a E*

Le voici qui vient fort à propos. Nous allqns U mettre au comWe de la joie. ( D'un air riant. ) Comme il va déraisonner 1

lo L E D É s E R T EU R,

C L A R Y 3 émut.

Je suts toute troublée. . . Je ne suis. . . Non, ^ jt ne puis que me sauver. ( Elle^ sichdppt. )

Page 1