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DES FIXATIFS ET DE LA MANIÈRE DE LES EMPLOYER

Les fixatifs les plus employés sont : le fixatif au copal et le fixatif à la gomme laque.

Le premier se fabrique en mélangeant du vernis copal avec de l'essence de térébenthine ^ dans la proportion de 25 parties de copal pour 100 parties d'essence . Ce vernis fixe parfaitement le fasaiîi, mais il présente quelques inconvénients; d'abord l'odeur qu'il répand, et qui reste assez longtemps imprégnée dans le papier. Il raidit la feuille et jaunit le dessin, même lorsqu'on emploie du copal blanc. Mais coaime on peut le faire en quelques minutes, on s'en sert assez souvent.

Le fixatif qui n'est peut-être pas le plus employé, mais qui est certainement le meilleur, est celui que Von prépare en faisant dissoudre de la gomme laque blanche ou jaune dans Fesprit-de-vin (200 grammes suffisent pour un litre). On la pulvérise et on la jette

dans l'alcool, puis on agite de temps en temps le flacon, pour empêcher la gomme de se déposer au fond. Cinq ou six heures suffisent ordinairement pour une dissolution complète.

On secoue alors une dernière fois le mélange, et on passe au papier à filtrer. Bouché hermétiquement, ce fixatif conserve très-longtemps sa force.

La gomme laque blanche ne donne qu'une teinte imperceptible au papier blanc ; elle fonce très-légèrement la couleur des papiers déjà teintés.

La gomme laque jaune colore en jaune rougeâtre clair les papiers blancs; elle renforce la teinte des autres.

Certains dessins gagnent beaucoup à être passés à ce dernier fixatif : il leur donne une coloration chaude et dorée.

La méthode ordinaire pour fixer les fusains est excessivement simple : le dessin terminé, on l'attache aux quatre coins sur un cadre en bois légèrement incliné (à défaut de ce dernier instrument, on fait tenir la feuille par deux personnes), puis on trempe dans le fixatif un pinceau assez volumineux mais trèsdoux, un blaireau, par exemple, ou simplement un

tampon de coton, et on le passe sur Tenvers du dessin, mais sans appuyer ni donner de secousses, de peur d'effacer le fusain ou de déchirer le papier, devenu moins résistant . Peu à peu le papier s'imbibe, Tesprit-de-vin transsude et la surface du dessin devient luisante .

En retournant la feuille, si Ton aperçoit quelques plaques ternes, cela indique qu'à cette place le fixatif n'a pas très-bien traversé; il faut alors s'empresser de repasser le tampon de l'autre côté, avant que l'alcool ait eu le temps de sécher, car un papier, une fois passé à la gomme laque, devient presque toujours imperméable à une seconde couche de fixatif.

L'opération terminée, on suspend la feuille par un coin, et on la laisse sécher. Lorsqu'elle n'a plus qu'un reste d'humidité, on la met en presse, mais en la chargeant d'abord très-légèrement, sans cela on risquerait de la froisser et de lui imprimer des plis très-difficiles à faire disparaître.

11 ne faudrait pas s^inquiéter si le papier, après avoir été mis en presse, n'était pas très-bien tendu. Quelque temps de séjour dans un carton suffit pour faire complètement disparaître toutes les ondulations.

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Cèî'tâitts arilrfes font auâsi, quelquefois, recôuwr leurs fusains, une fois fixés, d'une couche de vefnis à tableaux ; je ne crois paâ que cela présente d'autre avantage que de permettre dé les nettoyer; d'ailleurs, ce luisant vitreux , ce noir brillant, donnent un aspect assez désagréable aux dessins.

Il fêst nécessaire, avant de terminer ce chapitre^ de; dire quelques mots des particularités et des obstacles que Ton peut rencontrer en fixant un dessin* Et d'abord j û vous avez pris un papier trop encollé^ il arrivera que, malgré tous vos efforts, vous ne pourrez faire traverser le fixatif, même en l'étendant d'alcool ou d'essence; .dans ce cas, on essaye quelquefois de tremper la feuille dans du lait ou dans de l'eau gommée; mais ce moyen altère toujours gravement le dessin, quand il ne le détruit pas entièrement. Au lieu de cela, il est un procédé infaillible : on prend une toile à peindre de la grandeur du fusain que l'on veut fixer, on verse à sa surface une couche de fixatif, puis, après avoir eu soin de replier légèrement les bords de la feuille en forme de cuvette, on la pose sur la toile. Au bout d'une heure ou deux, le papier a complètement absorbé le liquide et le dessin est fixé.

Certains papiers, au contraire (les papiers trop

minces, se laissent traverser si violemment^ que le fixatif entraîne le fusain et ne laisse plus, à la place du dessin, que des traînées noires et informes; on remédie à cela en prenant la précaution de charger très-peu le pinceau que Ton passe derrière la feuille.

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