AV-J
FiG. 7. — OiSEAr PICORANT SUR LE SOI,. — Détail d'une grande amphore de style Dipyloii.
Louvre. Salle A, n" 516.
d'inexpérience de la part du céramiste. Le parti décoratif qu'on en tire devient assez puissant. Les yeux des volatiles sont visibles ; leurs ailes et leur queue ne forment plus une masse noire opaque ; elles sont faites de combinaisons linéaires plus ou moins variées.
D'une coupe béotienne ornée d'oiseaux volant se dégage un certain charme pour un œil d'artiste (fig. 6). Ce charme provient de l'habileté du décorateur à combiner les lignes dont chacune a son importance et est l'équivalent des notes dans la musique. Notes et Ugnes concourent ici ou là à créer une jolie harmonie, un bel ensemble artistique. Le thème simple et banal de l'oiseau picorant sur le sol est le symptôme d'une évolution : c'est un retour timide au naturalisme (fig. 7). D'un seul coup de pinceau, par une légère ondulation du cou du volatile, l'artiste a su approcher la vie d'assez près. Par
ailleurs, il se confine dans une rigidité géométrique presque désagréable (fig. 8). Là même où il tombe dans cette exagération, on sent qu'il n'a pas complètement dédaigné d'examiner la nature. Il prouve, par la raideur de ce grand cou tendu, qu'il a regardé voler des palmipèdes et des échassiers.
Malgré son caractère grossier, cette image évoque le souvenir de
l-'iG. 8. — OiSEAf VOLANT. — Fragment d'un grand vase dj style Dipylon. — Louvre. Salle A, n" 526.
certains passages de l'Iliade. Avec un peu d'imagination, on peut y voir un spécimen de ces oiseaux que l'hymne homérique fait pulluler et voler tumultueusement dans les prairies d'Asius :
'Aciw sv'Xetaûv'., Kaii^Tpîou oè[/.(pt ^U^zy.
B. — Style insulaire. — L'école chypriote au premier âge