I/ÉCOLE RHODIENNE
Orient, notamment de celles relatives à la démarche des animaux.
riG. 28. — Fauve attaquant un daim. — (Emploi simultané du dessin au trait et de l'incision. Détail d'un vase de style rhodo-corinthien. — Louvre. Snlle E, n" 659.
Sur les bas-reliefs de l'Egypte et de l'Assyrie, tous les quadrupèdes
FiG. 29. — Taureau march-^nt l'amble. — Peinture d'un plat rhodien. — Lnuvre. Salle A, n" 306.
sont dans l'attitude hiératique et figée de V amble. Le peintre rhodien préfère le mouvement plus naturel, plus vivant, que les Mycéniens
LES ANIMAUX EX (ÎRÈCE D'APRÈvS EES VAvSES PEINTvS.
connaissaient déjà fort bien, et qui correspond à l'allure du trot, ou, si l'on veut, au temps fort du pas normal. Pendant que les deux jambes droites se touchent presque par le sabot, celles de gauche s'écartent et sont dans leur maximum d'éloignement (fig. 28).
Il faut avoir un œil assez exercé pour saisir ce mouvement sur nature.
Parmi les animaux peints par les Rhodiens, nous n'en avons trouvé qu'un marchant V amble, le taureau (fig. 29). Une figure comme celle-
FiG. 30. — Étude de tête de daim. — Détail d'une coupe rhodienne. — Louvre. Salle A, n" 302.
ci est très instructive pour l'archéologue. Elle montre clairement l'association de deux tendances opposées : l'une, héritière de Mycènes, cherche la vie et le mouvement et apparaît dans le dessin de la tête et surtout de la queue ; l'autre obéit, dans la pose des jambes, aux formules dogmatiques de l'Ëg^q^te, formules imposées par une inflexible tradition à laquelle les artistes furent soumis pendant de longs siècles.
Le peintre de Rhodes soigne tout spécialement la tête des animaux. Il en fait même des études isolées (fig. 30 et 31).
Il saisit admirablement le parti décoratif que l'on peut tirer d'une ramure de cerf dont les empaumures s'étalent comme des algues
I/ÉCOLE RHODIEXXE. 41
sur le fond d'argile du vase (fig. 32), d'une corne de bouquetiu avec
Fio. 31. — ÉTUDE DE TÈTE d'oiseau. — Détail d'un vase rhodien. — Louvre. Sallf A, n" 325.
sa belle courbure et ses volumineuses nodosités (fig. 33). Il se préoc-
FiG. 32. — Cervidé BROt-iAxi. — Détail d'une œnochoé rhodieiine. — Collection Morin, n" 2819.
cupe aussi de varier, dans leur forme, les taches réparties sur le corps
du daim et indique, au moyen d'une réserve bien comprise, le poil blanc de l'abdomen (fig. 34).
FiG. 33. — Bouquetin i>ais5;ani. — Détail d'une œnochoé rhodienne. — CoUeclion Morin, n" 2S19.
Mais, chose étrange, cet artiste si sensible à la forme, si raffiné
Fig. 34. — Daim paissant. — Détail d'une (tnuchué rhcxlit-nne. — Louvre. Salle A, n" 316.
dans l'exécution d'une tête ou de tout autre détail, s'écarte souvent
L'ECOLE RHODIEXNE. 43
des proportions réelles lorsqu'il dessine un corps de cervidé (fig. 27). Ce corps est fréquemment trop long par rapport à son épaisseur. Il y a là un canon spécial que l'on peut expliquer de deux façons : soit par la recherche d'un sentiment particulier d'élégance, la poursuite d'une idée propre aune race déterminée, soit par la préoccupation d'adapter la forme de l'animal à la surface à orner.
Les zones à décorer étant plus longues que hautes, les artistes
Fig. 35. — CorpE rhodiexxe ornée d'un lion rugissant. — Louvre-. Snlli- A, n" 330.
rhodiens adoptent une esthétique qui leur en fait bannir les animaux ayant de courtes proportions, et allongent les dessins de leurs quadrupèdes de telle sorte que ceux-ci concourent à former une œuvre homogène, à obtenir un ensemble décoratif où tout s'équilibre, où tout se tient.
La même préoccupation artistique se retrouve dans les ateliers de Corinthe et de la Béotie.
Bien que le fauve tienne une assez grande place dans l'art rhodien, on peut cependant dire que les peintres de Rhodes ne l'ont pas étudié d'après nature, mais d'après des intermédiaires orientaux. Les lions sont presque aussi stjdisés que cetix de l'école corinthienne. On sent,
en les examinant, l'absence complète d'études faites d'après nature
(fig-35).
Là où le céramiste rhodien se montre plus observateur de la
FiG. 36. — UÎNOCHOÉ RHODIENNE DÉCORÉE d' OISEAUX. — Louvre. Salle A, n" 322.
nature, plus près de la vérité, tout à la fois plus épris de réalisme et plus imprégné de poésie, c'est incontestablement dans ses études d'oiseaux.
Des oiseaux, il en avait sous les yeux. Il pouvait à son gré en examiner à fond les formes, les allures, les habitudes (fig. 36). Dans
L'ÉCOLE RHODIENXE. 45
cet ordre d'idées, il avait derrière lui toute une lignée d'artistes ayant fait leurs preuves, tant à l'époque où fleurissait le style géométrique
FiG. 37. — - Oie. — Détail d'une amphore rhodienne. — Louvre. Salle A, n" 326.
des îles que plus anciennement encore, au temps de la prospérité de la civilisation crétoise.
Sans s'être, semble-t-il, donné aucun mal pour cela, le peintre de Rhodes a su découvrir les traits essentiels et caractéristiques de ces humbles volatiles.
FiG. 3S. — Palmipède becquetant le sol. — Détail d'une œnochoé rhodienne. Louvre. Salle A, n" 315.
Ici, une grande finesse d'observation se manifeste dans le dandinement de l'oie, dans sa démarche un peu lourde, dans le port prétentieux de son chef (fig. 37). Là, des canards, voraces comme tous
leurs congénères, allongent le cou, cherchant leur nourriture dans les détritus jetés sur le sol (fig. 38). Ailleurs, d'autres volatiles ouvrent leurs ailes, prêts à prendre leur vol (fig. 39).
I"iG. 3g. — Oiseaux ouvrant leurs ailes. — Détail d'une œnochoé rhodicime. — Louvre. S<ilU- A.
En examinant de près ces oiseaux, une comparaison s'impose. Ils sont traités dans le même sentiment que les oies du Mastaba
Fio. 40. — Griffon a aile courbe. — Détail d'une œnochoé de style rhodien. — Louvre. Salle E, n" 658-
égj^tien de Meidoum qui date de la troisième dynastie (i). Toutefois, les oies de Meidoum sont encoremieux traitées, ce qui prouve que les
(i) Ou trouvera une bonne reproduction de ces oies dans Jean Capart, Les débuts de l'art en Egypte, p. 2 et 3, fig. i et 2.
L'ÉCOLE RHODIENNE. 47
Êg>T)tiens avaient acquis une grands perfection dans le dessin des animaux, bien avant l'éclosion de l'art grec.
Si nous passons du domaine de la réalité dans celui de la fantaisie, nous voyons les Rhodiens y évoluer avec autant d'aisance. Leurs animaux fabuleux sont de vrais chefs-d'œuvre. Un goût à la fois sobre et délicat règne dans les moindres agencements de ces figures allégoriques.
FiG. 41. — Griffon rampant. — Détail d'un vase xhodien. — Louvre. Salle A, n" 320.
Une des plus soignées paraît être le griffon exécuté sur la belle œnochoé donnée au Louvre par le peintre Lévy (fig. 40). Le céramiste devait avoir sous les yeux un très beau modèle fourni par des broderies ou des objets en métal ciselé. Le dessin des pattes, la disposition harmonieuse de l'aile, la flexibilité du cou, la belle ampleur du bec ouvert, tout révèle une merveilleuse habileté, tout est d'un grand caractère décoratif. Détail curieux, une hirondelle admirablement dessinée est perchée sur la queue du monstre. Elle nous montre le contentement que l'artiste éprouve à revenir à l'étude de la nature. Souvent, sur les œnochoés rhodiennes, le griffon rampe sur le sol, prêt à bondir. La souplesse féline du corps de la bête est fort bien rendue (fig. 41) (i).
(i) Le griffon est d'origine fort ancienne. On le trouve en Chaldée dès l'époque la plus reculée. De là, il passe en Crète, où il orne notamment le palais de Cnossos. Les Grecs le con-
Le sphinx est issu des symboles venus d'Egypte (i). Il est identique au griffon, sauf que le profil humain remplace la tête d'aigle (fig. 42). Mais ce profil nous surprend un peu ; ce n'est pas celui auquel a recours l'art grec en général. C'est un type que les Rhodiens ont dû emprunter à des modèles étrangers.
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Fig. 42. — Sphinx. — Détail d'unt: œ nochoC- rhodienne. — Collection Monn, n» aSitj.
La chimère inspire les Grecs du vu*' siècle. Ils l'emploient très habilement. La décoration de ce -.vx; en est la preuve (fig. 43). C'est bien le monstre que Bellérophon dut combattre sur l'ordre du roi de Lycie, et qu'Homère décrit ainsi dans V Iliade :
La tête est exécutée au trait pur. De la gueule, largement ouverte, sort un triple dard. La croupe est fortement relevée ; le train de derrière est formé de grandes et belles courbes. Les cuisses sont longues et les jarrets bas. La queue se termine par une tête de serpent.
servent sans Ini faire snbir de modification apparente et le transmettent aux Romains. Au moyen âge, il est souvent employé comme symbole décoratif. Les œuvres modernes où il se rencontre encore sont nombreuses et montrent notre attachement inconscient et perpétuel à ces vieilles formules.
(i) Cf. Ed. Potiier, Catalog. des vases du Lmivre, p. 163, et Heu7EY, Catalog. des figurines de terre cuite du Louvre, p. 8.
(2^ Iliade, cliant VI. vers iSl.
I/ÊCOLE RHODIENNE.
Sur le dos, un protonie de capridé se rattache mal à l'ensemble et apparaît un peu comme un autre animal dont le dessinateur aurait omis de tracer le corps et les jambes. Ce dessin montre bien que le
FiG. 43. — Chimère etJDavphix. — Peinture d'un plat rhodien. — Louvre. Salle A, n" 307.
motif oriental d'où les Grecs ont tiré cet animal fabuleux] est tout simplement le groupe plus ou moins enchevêtré du fauve dévorant une chèvre.
La chimère a peu évolué dans sa forme. Les détails d'exécution varient suivant les écoles et les ateliers. Mais le thème ornemental
reste le même, comme on peut s'en convaincre par l'examen de peintures exécutées sur les coupes attiques du vi^ siècle (fig. 44),
Fie. 44 — La Chimère. — Détail d'une coupe attique du vi« siècle av. J.-C, faite dans un atelier appartenant au groupe Iî.\ékias-.'\masis. — Louvre. Salle A, n" 478.
ou sur les plats de la décadence italiote (fig. 45). Le protome de
chèvre est toujours mal relié au reste du monstre.
Les Grecs ne sont jamais arrivés, comme ils y sont parvenus pour le centaure, à la formation d'un type de chimère bien compris et harmonieux, où le problème des difficultés des attaches soit ingénieusement résolu (i).
Fig. II. — Chimère a quatre têtes. — Fragment d'un plafond du xni"^ siècle ap. J.-C, trouvé à Metz en 1896, dans l'école supérieure des filles. — Musée archéologique de Metz.
(i) On retrouve la chimère dans certains mou.stres de l'époque médiévale. Un dispositif analogue à celui des dessins grecs existe dans un plafond du xiii"^ siècle qui est exposé au musée de Metz et provient d'une maison de cette ville. Il se complique toutefois d'une tête qui se grefïe par siircroît sur le poitrail du monstre fig. II).
L'ÉCOLE RHODIEXNE. 51
Le peintre d'animaux de l'école de Rhodes commence par être un naturaliste ; mais il est im naturaliste que le monde animal ne domine jamais. Il synthétise ses observations. Il emploie des formules simples,
FiG. 45. — La Chimère. — Peinture d'une coupe de la décadence. Italie méridionale, i\" siècle av. J.-C.
Louvre. Salle K n" 362.
élégantes, harmonieuses. C'est aussi un amoureux de la ligne, de la ligne pure et souple. Il évite à la fois la raideur et la mollesse. Enfin, et ce n'est pas le moindre de ses mérites, tout en subissant l'influence des modèles orientaux, il conserve son indépendance et sa liberté.
L'école corinthienne
Les peintres de vases de l'école de Corinthe avaient une véritable passion pour les animaux. Ce n'est pas à dire pour cela qu'ils les
FiG. 46. — Amphore corinthienne a décor zoomorphe. — • Début du vi' s. av. J.-C. — Louvre. Salle E
aient étudiés de très près. Le morceau les intéresse moins que le
parti décoratif qu'ils peuvent tirer des formes d'un animal (fig. 46).
Ils sont ionisants par le choix de leurs sujets, par leur goût pour
L'ÉCOLE CORIXTHIEXXE 53
les motifs orientaux, par leur recherche des formes lourdes et épaisses. Mais, dans leur technique même, ils ne se montrent plus tels. Ils n'adoptent pas les formules ioniennes rencontrées à Rhodes, ni celles des hvdries dites de Caere.
ii^S^^
FiG. 47. — S.\XGLIER.
- Détail d'un aryballe corinthien, vi» s. av. J.-C. — Collection Morin, n" 3024 (anciciuie collection I-arodion).
Le Corinthien, Grec du continent, stylise, géométrise, équilibre les masses, place dans des moules dont il joue avec une habileté consommée un certain nombre de motifs définitifs et donne ainsi à ses
KiG. 48. — Sphinx.
Décor d'un aryballe corinthien du début du vi'^ 5. av. J.-C. n» 2512.
Collection Morin
productions une variété plus apparente que réelle. Son ambition se borne le plus souvent à faire de l'ornementation. Onrer une surface, tirer parti des formes d'un vase, se conformer aux divisions architectoniques d'une poterie, cela seul lui importe. Il y a, dans son
art, une polyphonie analogue à celle que nous avons constatée dans le style Dipylon. Ses formules esthétiques lui ont survécu. Elles étincellent ici et là autour de nous. On les retrouve dans les étoffes, dans les tapis, dans les rideaux, dans les papiers-peints qui ornent nos habitations.
Malheureusement les fabriques de Corinthe ont négligé à l'excès la majorité de leurs produits (fig. 47-48). Les Corinthiens fabriquaient
FiG. 49. — I,iON DE PROFIL. — Détail d'un aryballe corintliicii des premières années du vi^ s. — Collection
Marin, n" 1504.
à la fois une très grande quantité de vases. Ils étaient marchands avant tout. La vente de leurs produits était leur objectif principal. La décoration des vases passait au second plan dans leurs préoccupations. Ils faisaient de la pacotille et n'avaient pas le loisir de pratiquer un art savant et raffiné.
Sur les poteries corinthiennes, les proportions des animaux varient en raison de la forme des. surfaces à orner. Il y a là un canon spécial que j'appellerai volontiers : « le canon variable d' adaptation ». On appliquait déj à un canon analogue dans les ateliers rhodiens, où
Iv' ÉCOLE CORINTHIENNE. 55
les céramistes allongeaientle corps des quadrupèdes, mais conservaient aux jambes de ceux-ci des proportions normales.
A Corintlie, on adopte constamment le canon variable d'adaptation. Si la surface à orner est horizontale et étroite, le dessinateur donnera à ses animaux des jambes très courtes (fig. 49). Si, au contraire, cette surface est verticale et large, il leur fera des jambes très longues (fig. 50). Le décorateur se soucie peu des proportions vraies d'un animal.
Fig. 50. — Fauve a tête de face. — Peinture d'un bouibylios corinthien. — Collection Morin, n" 472.
Pour orner convenablement son vase, et remplir tous les vides, il n'hésite pas à allonger, à raccourcir, à comprimer ou à étirer les quadrupèdes et les oiseaux. Ce procédé donne presque toujours des résultats peu satisfaisants. Les industriels devaient être seuls à en faire usage.
Est-il permis de s'imaginer que les grands peintres aient fait subir au monde animal de telles déformations? Non. Il est presque certain qu'ils ne s'écartaient pas des formes réelles et des justes proportions.
Que sont les peintures des poteries corinthiennes? De l'imagerie populaire et rien de plus. Les œnochoés de grandes dimensions sont couvertes d'animaux familiers analogues à ceux des bergeries de nos enfants. Les sujets sont toujours très simples. Les thèmes, peu
variés, se sont maintenus sans modification sensible, pendant tout le temps que dura la fabrication céramique corinthienne.
\ot
I"IG. 51. — OiSEAU.X El (JU-4DRUPÈDES. — Détail» d'une Ltiiochoé curinthicime du Louvre. Sa//f£, n" 423.
Des animaux de toute sorte : des cerfs, des biches, des bouquetins, des béliers, des taureaux, des sangliers, des oiseaux sont groupés sur le même vase (fig. 51). Quelques-uns ont la tête penchée comme s'ils cherchaient leur nourriture sur le sol. Les quadrupèdes se ressemblent
L'ÉCOI-E CORIXTHIEXXE.
au point d'être identiques, à certains points de voie. Leurs corps et leurs membres sont traités de la même manière. Les retouches en rouge violacé du cou et du ventre ne varient pas de l'un à l'autre. Les
FiG. 52. — TÊTE DE BÉLIER. — Détail d'un cratère corinthien. — Louvre. Salle E. n" û^S.
différences n'existent que dans les queues et dans les têtes, souvent dessinées avec soin. Cette tête de bélier, d'un galbe délicat, est une des meilleures œuvres corinthiennes (fig. 52).
Tout se réduit, pour l'ouvrier céramiste, à jongler indéfiniment avec un petit nombre d'images, de formules, de procédés.
Fig. 53. — S.\XGLiER.
Peinture d'un arvballe corinthien.
Louvre. Salle h, n" ^22.
Les vases corinthiens, comme le fait remarquer judicieusement M. Pottier (i), n'ont pas tous été fabriqués à Corinthe même. On en faisait dans des succursales plus ou moins éloignées de la métropole. De là certaines variantes dans le dessin des animaux. En voici des exem-
(i) Ed. Pottier, Cafalog. des vases du Louvre, p. 421.
58 LEvS ANIMAUX EN GRÈCE D'APRÈS LE.S VASES PEINTS.
pies t>'piques (fig. 53 et 54). Ces sangliers n'ont pas été exécutés d'après la formule ordinaire. Leur dessin est plus poussé, plus dé-
FiG. 54. — I,A CHASSE DTT SANGLIER DE CALYDuN. — Détail d'un ar\balle corinthien. — Louvre. Salle E.
taillé. Il émane directement des écoles de la Grèce asiatique. La silhouette est entièrement couverte de retouches et d'incisions. Les
KiG. 55, — Trot'peau de bœufs. — Détail d'un cratère corinthien. — Louvre. Salle E, n" 633.
muscles sont découpés comme ceux d'un écorché et rappellent certaines œuvres des Assyriens;
Ces idées générales exposées, il devient possible de passer en revue les diverses espèces d'animaux dessinées par les Corinthiens.
L'ÉCOLE CORIXTHIEXXE. 59
Bovidés. — Les Corinthiens ont placé les taureaux et les bœufs dans l'attitude de l'amble, comme l'ont fait les Êg>T)tiens et les Assyriens. Ils les ont quelquefois disposés en groupes et ont cherché, comme les Ioniens, à varier les attitudes (fig. 55). Leur louable tentative n'est pas couronnée d'un grand succès. Ils se sont égarés dans l'enchevêtrement des jambes : on en compte vingt-cinq pour cinq individus ! Les corps sont assez correctement rendus. Les têtes sont
Fig. 56. — TÊTE DE BOVIDÉ VUE DE FACE. — l'einluri' d'uu arybtille corinthien trouvé à Rhodes. — Louvre.
Salle A, n" 445.
de profil, sauf une qui est tournée de face. Le dessin de cette dernière n'est guère en progrès sur celui des vases mycéniens tardifs (fig. 12), quoiqu'il soit stylisé d'une autre manière. La même infériorité d'exécution se constate dans cette tête de taureau vue de face, peinte sur un aryballe trouvé à Rhodes (fig. 56). Comme ce bovidé est affreux ! Il l'est d'autant plus qu'on est naturellement amené à le comparer à ce superbe animal de profil qui orne un autre aryballe originaire du même pays (fig. 57). Ici, nous sommes en face d'une des meilleures productions de toute l'école. Elle est très puissante parce qu'elle est très vraie. Faut-il supposer que l'auteur de cette superbe image soit allé dans la campagne, comme le fera un Potter, prendre des croquis d'après nature? Il est plus juste de penser que cette
peinture est la copie d'un modèle d'atelier créé par un artiste ayant étudié de près la structure de l'animal.
Fie. 57. — Tai'kkau. — Détail d'un aryballe corinthien trouve à Rhodes. — Lnuvre. Salle A, n" 454.
Bètcs de chasse. — Les représentations cynégétiques sont fréquentes
FiG. 5S. — Ch.^sse .w cerf, — Décor du plat de l'anse d'un cratère corinthien. — Louvre. Salle £, n" 635
sur les vases corinthiens. Ici, c'est la chasse célèbre du sanglier de Calydon (fig. 54). Là, une chasse au cerf (fig. 58) qui rappelle cer-
L'ÉCOLE CORINTHIENNE
tains bas-reliefs assyriens. Ailleurs, c'est une chasse au lièvre, sujet d'origine orientale qui se rencontre souvent dans l'art grec (i). Tel un leitmotiv qui se répète à maintes reprises dans un opéra,
FiG. 59. — Jji. CHASSE AU LIÈV-RE.
Décor du plat de l'emboudiuri.- d'un cratère corinthien. Satie E., n» 635.
Louvre.
telle la chasse au lièvre revient sans cesse à travers les âges, comme un obsédant motif de décoration (2).
Tout à la fois bien naïve et bien amusante est cette chasse au Uèvre dessinée sur le plat de l'embouchure d'un grand cratère (fig. 59).
'IG. III. — L.i CHASSE .^U LIÈVRE,
— Manche de couteau en os. Travail gallo-romain. — Musée di Peronnc (Somme).
(l) Voy. Bulletin de correspond. hclUn., de 1893, P- -^7 ^t suiv.
(2) Ce motif se rencontre sur les monuments de la civilisation préhellénique, sur les poteries chypriotes et insulaires du premier âge du fer, sur les vases rhodiens, dans la céramique ionienne, sur les produits attiques en figures noires et en figures rouges (fig. 213), sur les vases de la décadence. Il survit à l'art grec, apparaît sur les monuments et les ustensiles étrusques et romains. Il entre dans la décoration d'objets de l'industrie gallo-romaine. On le rencontre notamment sur un verre à boire du m"' ou du iv« siècle, exposé au musée de Reims, et publié dans le Catalogue de M. Th. Hubert, p. 170, n» 4.720 et sur une bouteille de terre vernissée du même musée (Catatog. Habert, p. iSo, n" 4.83g). Il existe aussi sur un manche de couteau du musée de Péronne (fig. III). Il orne les petites frises en relief des poteries rouges de Jlégare, d'Arezzo et de la Gaule. Aux XV-XV!" .siècles, on le retrouve sur les faïences de Perse, sur les plats de Rhodes (fig. IV), sur les tapisseries, lescui- FiG. IV. — I.A CH.\ssE AU LIÈVRE. — Dc- vres, les ivoires sculptés, etc. Il s'impose aux maîtres
tail d'une faïence de Rhodes, xvi« s. ap. de la peinture et constitue le sujet d'un chef-d'œuvre
j-C. — Musée de Cluiiy. n" 2164. de Wouwermann conservé au musée de Madrid.
Deux chiens (on pourrait dire le même chien répété deux fois) courent à la rencontre de deux lièvres placés l'un derrière l'autre. Ces lièvres s'arrêtent brusquement, dressent les oreilles, font le gros dos. Le dessin de ces animaux indique une connaissance assez exacte des attitudes familières aux léporidés. Au-dessus de la scène, dans le champ, volent des oiseaux qui symbolisent la rapidité de la course.
FiG. 60. — Petit vase corinthien orné DE LA CHASSE AU LIÈVRE. — Collection Morin, n" 1474.
FiG. 61. — Vase de style corinthien orné d'une zone de chiens courant. — Collection Morin, n" 2418.
Il était facile, aux peintres grecs, de représenter des Hèvres dans leurs poses naturelles. Ces animaux foisonnaient autour d'eux. On en élevait même dans des enclos spéciaux (le .\7.Y0-:f09sî!;v des Grecs, le Leporarium des Romains).
Très nombreux sont les vases corinthiens de fabrication courante, aryballes et bombylios de peu de valeur, décorés d'une chasse au lièvre sommairement traitée (fig. 60).
Il est presque impossible, dans les compositions lâchées qui forment
L'ECOLE CORINTHIENNE
frises sur ces vases, de distinguer les chiens des animaux qu'ils poursuivent. Souvent même le peintre a omis d'y faire figurer les lièvres (i) (fig. 61).
Fig 62. — Chiens.
Détails de vases corinthiens. — Louvre. Salh' E (i, 2, 3. Cratère, n" 635; 4. Amphore, n" 640).
Canidés. — Les Corinthiens n'ont pas seulement dessiné le chien de chasse poursuivant des lièvres ou attaquant des sangliers, ils ont peint aussi le chien de la maison, le dévoué compagnon de l'homme. On voit ce serviteur fidèle attaché au pied du lit de banquet, attendant
(i) Les mêmes chiens courant existent dès le troisième millénaire avant notre ère, sur les poteries découvertes à Suse par M. de Morg.in (Voy. Compte rendu .-icadém., 1907, p. 403, fig- 3).
l'os que va lui tendre son maître (fig. 62). Un réalisme familier règne dans ces études et nous ramène une fois de plus à l'ionisme. Le gros chien couché (no 4) a de larges taches sur le corps et n'appartient pas à la même race que les autres. Le no 2 est dans une attitude prise sur le vif. Ces poses, expressives et vraies, sont identiques à celles adoptées par les primitifs du xv^ siècle.
Fig. 63. — Cav.u.ier coxduis.'^nt deux chevaux. — Détail d'un cratère coriiithitu. — Louvre. Salle E
Ë guidés. — Il existe à Corinthe, pour les céramistes, plusieurs façons de faire les chevaux. Ou bien l'on y dessine un animal sec et raide qui fait penser au type géométrique du Dipylon (fig. 63), ou bien on y représente un équidé dont les contours sont assez souples, les proportions justes, les jambes correctement tracées (fig. 64).
La comparaison entre ces deux figures suffit à montrer combien il serait dangereux ne ne pas tenir compte des pénétrations des styles,
L'ÉCOLE CORINTHIENNE
des croisements, des courants artistiques qui circulaient dans les ateliers.
Le dessin du cheval raide est gauche et disproportionné. Le corps est étroit, les jambes sont longues. La tête est courte et trapue. C'est le prototype, encore très imparfait, des chevaux attiques de
FiG. — 64. — Ephèbe a cheval. — Peinture il'une amphore corinthienne. — Louvre. Salle E, n" 6i6.
l'école d'Exékias. La queue de ces vilains chevaux est ornée soit de zigzags parallèles, soit de hachures placées dans divers sens. Elle n'est pas décorée de ces incisions disposées en arête de poisson que l'on trouvera plus loin sur les vases dits attico-corinthiens.
Le cheval souple est dû à une influence ionienne. Sa tête, volumineuse, est peut-être établie d'après des proportions empruntées à la nature. Sa crinière, composée de mèches alternativement noires et rouges, flotte au vent, obéit à un rythme décoratif qui a son charme
LEvS ANIMAl'X EN GRÈCE D'APRÈS LEvS VASES PEINTS.
Elle est plus gracieuse que celle du cheval raide dont les mèches sont exprimées par des traits rectilignes (fig. 65).
Sur quelques vases corinthiens (i) apparaît un troisième type d'équidé. Par la position de son cou très haut et très arrondi, il se
Fig. 65. — C.\v.\LiER ACCOMP.'VGxÉ d'un oiseau volant. — Détail d'uu cratère corinthien.
Salle E. n" 633.
Louvre.
rattache à la race égj^tienne figurée aussi sur les poteries des comptoirs grecs d'Egypte et sur les sarcophages de Clazomène (2).
Les divers chevaux peints sur les vases corinthiens sont souvent accompagnés de cet oiseau volant (fig. 65), symbole de la course rapide, que le céramiste associe à tous les animaux coureurs,
(i) Louvre. Salle E, n» 621.
(2) Cette forme du cou existe dans les représentations de chevaux égyptiens dès le 'S.ni'^ siècle avant Jésus-Christ sur les monuments de l'époque de Ramsès II.
L'ÉCOLE CORINTHIEXXE.
FiG. 66. — Coq corinthien. — Peinture d'une amphore. — Louvre. Salle E, n" 646.
FlG. 67. — .\IGLE. — Détail d'un aryballe corinthien. — Louvre. Salle E, n" 575.
notamment aux chiens et aux lièvres. Un volatile tout semblable à celui-ci se rencontrera plus tard auprès des chevaux d'Exékias.
Oiseaux. — Plusieurs espèces d'oiseaux parfaitement reconnaissablés, des coqs (fig. 66), des aigles (fig. 67), des canards (fig. 68),
FiG, 68. — Canard. — Détail d'un aryballL- corinthien, — Colleclioii Morin. n" 477.
des oies (fig. 69), des perdrix (fig. 70), sont figurés sur les vases corinthiens. Ces animaux sont très stylisés. Leurs grandes ailes, largement ouvertes, achèvent de leur domier une allure héraldique.
Fig. 69. — Oie. — Peinture d'un bonibylios corinthien. — Collection Morin, n" 1483.
Ces ailes ne sont pas toujours dessinées à l'échelle du reste de la bête. Fréquemment le décorateur les allonge pour couvrir toute la panse du vase (fig. 71). C'est une application du canon variable d'adaptation défini au début de ce chapitre.
I/aile corinthienne est une recette d'atelier dont les céramistes
L'ÉCOLE CORINTHIENNE
se servent, sans y rien changer, pour décorer des milliers de poteries. Elle est appliquée partout, non seulement lorsqu'on dessine des
FiG. 70. — PERDRrx. — t)étail d'un bonibylios corinthien — Collection de M . Margiu-rile île In Charlonie,
à Pans.
oiseaux, mais encore quand on représente des divinités ailées. C'est une surface noire (quelquefois recoquillée à l'exemple des figures
FiG. 71. — Oiseau duxi les ailes ont eiê .allu.vgees pour couvrir toute la panse du vase. — Peinture d'un arvballe corinthien. — Collection Marin, n" 2510.
orientales) coudée en accent circonflexe. KUe est ornée d'une bande transversale, également coudée, peinte en rouge violacé et accompagnée de deux traits burinés qui la cernent en haut et en bas. Elle
comprend une partie nue située au-dessus de cette bande et une partie située en dessous et couverte de lignes parallèles entre elles et perpendiculaires à ladite bande. Ces lignes servent à indiquer schématiquement les rémiges.
I"IG. 72. — Choueiti".. — Détail d'un bombylios corinthitn. — Collection Morin, n" 2732.
Les ailes des volatiles corinthiens, lorsqu'elles sont ouvertes, sont souvent vues de face tandis que l'animal dont elles dépendent est vu de profil. Cette combinaison mixte où la face est associée au
FiG. 73. — Skuphos orné d'vxe chouette. ■ — Décadence. Italie méridionale, iv= s. av. J.-C. — Collection
Morin, n" 513.
profil dans une même figure, familière comme on sait, aux peintres égyptiens, est une conséquence des principes mêmes de l'art archaïque. L'artiste archaïque veut tout dire ; il tient à ne rien sacrifier; il a peine à se résoudre à placer les ailes d'un oiseau dans une position telle que l'une soit cachée par l'autre.
L'ÉCOLE CORINTHIENNE
La chouette orne souvent les petits aryballes corinthiens. La tête de ce rapace nocturne est facile à dessiner. Quelques habiles coups de burin suffisent à rendre l'animal reconnaissable (fig. 72). Nos caricaturistes procèdent un peu de la même manière lorsque, par un petit nombre de lignes très bien appropriées à leur sujet, ils parviennent à exprimer l'allure caractéristique d'un être vivant. La chouette à tête de face est un motif qui revient souvent dans l'art grec. On le
I"iG. 74, — Cygne peixi au irait sur fond blanx. — Décor du plat de l'anse d'un cratère corinthien.
Louvre. Salle E, n" 626.
rencontre encore aux iv^ siècle, sur les produits de l'Italie méridionale (fig. 73).
La dualité de technique dont le dessin des équidés nous a déjà fourni la preuve se retrouve dans le dessin des oiseaux. A côté du style franchement continental, apparaît une facture plus souple, d'origine ionienne. Cette facture est parfaitement visible dans cette représentation d'oiseau disposée sur le plat de l'anse d'un cratère du Louvre (fig. 74).
L'animal est dessiné au trait sur fond blanc. Les contours sont gracieux, les formes vraies, les lignes très bien disposées.
-ji LES ANIMAUX EN GRÈCE D'APRES 1<ES VASES PEINTS.
Monde marin. — Les Corinthiens n'ont pas souvent songé à puiser leurs motifs de décoration dans le monde marin. Ils ont dessiné le dauphin et lui ont donné des proportions tantôt grasses et tra-
l'iG. 75. — Dauphin ir.\pu. — Détail d'un cratère corinthien. — Louvre. Salle E, n" 568.
pues (fig. 75), tantôt élégantes et allongées comme sur les vases attiques (fig. 76). Ils ont représenté le poulpe, cet octopode si fréquent dans la zoographie mycénienne. Mais ils l'ont stylisé autrement que les Mycéniens (fig. 77). Ils lui ont donné des bras plus courts et un
KiG. 76. — Dauphin allongé. — Détail d'un cratère corinthien. — Louvre. Salle E, n" 623.
corps qui n'est pas, comme celui des figures préhelléniques, étranglé vers le milieu. A la suite des Corinthiens, les Attiques ont repris le même sujet, mais en le transformant, en plaçant une tête de serpent à l'extrémité de chaque tentacule. Avec cette adjonction, l'animal
L'ÉCOLE CORINTHIENNE
n'est plus un poulpe, mais l'Hydre de Lerne,le monstre fabuleux qui fut terrassé par Héraklès (i) (fig. 78 et 79).
FiG. 77. — Poulpe. — Peinture d"un aryballe corintliien trouvé à Rliodes. — Louvre. Salle A , n" 442.
Tortue. — Sur le plat de l'anse d'un cratère, un céramiste corinthien a peint une tortue (fig. 8o).Ive reptile n'est pas très bien rendu.
I"IG. 78. — HÉR.'VKLÈS ET SON COMPAGNON lOLAOS COMBATTANT L'HYDRE DE I.ERNE. — Peinture d'une
amphore attique de style corinthien. — Première moitié du vi<" s. av. J.-C. — Louvre. Salle E, n» 851.
Ses écailles sont indiquées par des traits courbes et rehaussées, au
(l) Sur ce sujet M. Triipix, a publié en 1893, dans un livre dédié au professeur Overiux-k, Festschriftf fiir Overbeck, p. 144, un mémoire intitulé : Dcr Mykcnische Polyp und die Hydra.
74 I-ES ANIMAUX EN GRÈCE D'APRÈS LEvS \'ASES PEINTS.
riG. 79. — lîÉRAKLÉs El l'Hydre DE Lekne. — Peinture d'une amphore attique de style tardif, vi' ou v» s. av. J.-C. — Louvre. Salle F, n" 386.
FiG. 80. — TORItjE peinte sur LE PLAT DE L'AXSE d'UN CRATÈRE CORINTHIEN. — Loiiv/e. Salle E, n» 616.
L'ÉCOLE CORINTHIENNE. ■ • 75
centre, d'une tache N-iolacée. Ce dessin ne mérite d'attirer l'attention que parce que la tortue est rarement représentée sur les vases
ÊÊt
FlG. 8i. — Liox CORINTHIEN". — Détail d'un grand borabylios. — Louvre. Salle E. ii" 574.
grecs (i). Dans les innombrables figures du Répertoire de M. Salomon Reinach (2), on ne la rencontre qu'une seule fois, sur un vase de la
(i) Le lézard et le crocodile sont presque aussi rares que la tortue dans les images de la céramique grecque. L'un de ces animaux est représenté sur la coupe d'Arcésilas conservée au Cabinet des médailles (fîg. 134). On en voit d'autres sur quelques vases attiques du Louvre et sur une amphore corinthienne du musée de Berlin (Fritz HœbER, Griechischc Vasen, p. 40, fig. 22).
(2) Salomox Reinach, Répertoire des vases peints grecs et étrusques.
76 LES ANIMAUX EN GRftCE D'APRÈS LES VASES PEINTS.
décadence (i). Un jeune homme jouant avec une tortue (2) constitue la scène figurée sur ce vase.
Fauves. — Les formules les plus belles de l'art corinthien sont celles qui représentent les fauves. Elles sont peu nombreuses et comprennent : le lion de profil, debout ou assis, la lionne ou la panthère à tête de face.
FiG. 82.