‹ Le dessin des animaux en Grèce d'après les vases peintsChapitre 6 sur 40 · I,ION A TÊTE D'ÉPERVIEH COIFFÉ DU DISQUE ET DES DEUX GRANDES PLUMES · texte numérisé non relu

I,ION A TÊTE D'ÉPERVIEH COIFFÉ DU DISQUE ET DES DEUX GRANDES PLUMES

calcaire blanc. — Collection Dutuit, au Petit Palais, n" 306.

Bas-relief en

Le lion est une bête héraldique de grande allure (fig. 8i), une figure de blason, une image géométrisée, stylisée, comme lesChaldéens savaient déjà en faire au troisième millénaire avant l'ère chrétienne. Le dessin des membres antérieurs est fort curieux. La cuisse est beaucoup plus large que la partie inférieure de la patte. C'est là une

(i) MiLUNGEN, Vases de Cogliill, pi. 44.

(2) L,a scène est reproduite dans le Dictionnaire des antiquités, de M. Saglio, 1. 1, p. 695, fi.?. 834.

L'ÉCOLE CORINTHIENNE

construction de style oriental dont on trouve des exemples dans l'art ég\'ptien (fig. 82). La saillie formée par les doigts armés de griffes rétractiles est souvent trop forte (fig. 81).

KiG. 83. — TÈTE DE LION DE PROFIL. — DOl.iil d'un aryballe corinthien. — Collection Moiin, n" 1504

L,es Grecs trouvaient dans les exagérations de ce genre un moyen commode d'éviter la mollesse. Ils obéissaient, à cet égard, à des principes qui sont ceux de la caricature.

Fig. 84. — Protome de lion rugiss.\nt. — Peinture d'un bombylios corinthien. — Collection Morin,

Dans l'art corinthien la tête des fauves est très stylisée. Elle reste néanmoins très expressive. Les Grecs, et c'est une de leurs plus grandes qualités, savaient donner beaucoup de vie à une forme volon-

tairement figée. Ils savaient aussi éviter l'abstraction, ce périlleux écueil sur lequel échouent tant d'artistes qui font usage des formules conventionnelles. Bien des dessins plus réalistes, plus compliqués, plus poussés que ceux des vases corinthiens, sont cependant moins vigoureux, moins accentués, moins énergiques, moins puissants.

La tête du lion corinthien de profil obéit à un rythme violent. La gueule est largement ouverte, les canines sont prêtes à mordre, la langue pend. Le plissement de la peau du mufle, qui montre que le

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