C’est la théorie de Hogarth
EN QUOI CONSISTE UNE BELLE FORME
connaissance de F anatomie et de la structure du corps humain, où l’obliquité des muscles et la variété de leur position sur la rondeur des os leur donnent cette diversité de courbes. Et, comme les corps charnus et musculeux ont plus de formes convexes, et que celles-ci sont plus grandes que les formes concaves, tandis que les corps maigres, au contraire, ont moins de formes convexes et plus de concaves, le Corrège a préféré le terme moyen, sans s'écarter cependant de la vérité.
Réflexions sur le talent du Corrège.
Paillot de Montabert (177M849).
Il est facile par plusieurs moyens de vérifier si une figure ou un objet quelconque est disposé dans l’ordre optique qui constitue la beauté dans les distances ou écartements des lignes ou des parties; je vais en indiquer un qui me paraît fort simple, et qui consiste à supposer une ligne qui passerait par tous les points extrêmes de la figure. Si cette ligne produit une forme à peu près symétrique, il y a lieu de croire que la figure est disposée suivant le principe de l’unité dans les distances des lignes ou des masses, puisqu’aucun point extrême n'entraîne l’œil trop loin. Si, au contraire, cette ligne fictive était attirée trop loin hors du centre par une partie qui s'éloignerait trop de la masse principale, il est certain qu’il faudrait que cette ligne fictive, pour conserver son espèce de régularité, sectionnât ou retranchât la masse excédente, et alors l’œil abandonnerait cettemême masse et la rejetterait en-delà de l’unité de la ligne de circonscription.
Traité complet de la Peinture.
J.-A.-D. Ingres (1780-4867).
Les belles formes sont celles qui ont de la fermeté et de la
plénitude, et ou les détails ne compromettent pas l’aspect des grandes masses.
Pour arriver à la belle forme, il ne faut pas procéder par un modelé carré ou anguleux; il faut modeler rond, et sans détails intérieurs apparents.
Cité par Delaborde : Ingres (Plon, éditeur).
R. Tôpfifer (1799-1846).
Si l’office du trait est de saisir par l’imitation jusqu’aux caractères individuels, cette partie de l’art rentre aussitôt dans le domaine du sentiment autant que dans celui de l’étude, parce que celui-là seulement qui est organisé pour sentir ces caractères, pour en saisir les finesses, saura les imiter avec intelligence et les faire passer dans son trait. De celui-là seulement nous dirons qu’il a la bosse du dessin, comme du coloriste nous dirons qu’il a la bosse de la couleur.
Il n’en est pas ainsi du dessin académique. Il appartient à tous ceux qui y consacrent assez de temps pour l’apprendre. Il est tout d’étude. Il se raisonne, il se mesure ; en cela bon pour l’enseignement, exquis pour les écoles publiques, mais en cela aussi manquant de ce principe de vie qui doit animer toutes les parties de l’art, de ce souffle divin qui ne se laisse saisir ni mesurer, qui s’aide de l’étude, mais qui en est indépendant ; qui se rencontre, mais qui ne s’apprend pas.
Réflexions et menus propos.
H Lecoq de Boisbaudran (1802-1897).
Décomposer systématiquement en carrés, en angles et triangles toutes les formes de la nature jusqu’à la figure humaine, ne peut manquer d’altérer profondément chez les enfants, si impressionnables, la notion de la forme vraie. En supprimant ainsi toute grâce, toute flexibilité,, toute délicatesse,
EN QUOI CONSISTE UNE BELLE FORME
en imposant incessamment à l'attention de ces jeunes esprits des masses informes, des équarrissages grossiers, on a bientôt détruit dans son germe la fleur si délicate du sentiment de la beauté et de l'harmonie.
Ecrits sur l'Art (H. Laurens, éditeur).
J -D Régnier.
Dans la nature, les objets se détaehent sur leur fond, quoique le tranchant de leur contour existe réellement; mais ce tranchant de contour existe-t-L aussi nettement pour l'œil qui le regarde ? Il semble que non, car si l’on veut saisir le contour d’un objet, n’importe à quelle distance, plus près ou plus loin, l’œil ne saisit le contour net d’un objet que lorsqu’il fait abstraction du fond sur lequel l’objet se détache ; mais comme on ne peut pas reproduire un objet sans l’accompagner d’un fond, on ne doit pas le copier ou l’imiter sans avoir égard à son fond ; ce serait un résultat anormal.
Or, on ne peut pas regarder le contour d’un objet et voir en même temps le fond sur lequel il se détache, sans que le contour de l'objet qu’on regarde semble vaciller, même quand on ne le regarde que d’un seul œil, et cette vacillation augmente jusqu’à un certain point, à mesure qu’on regarde plus longtemps et plus fixement le même point de son contour et de son fond. Cet effet réside dans fœil et les maîtres anciens ont dû le connaître, puisqu’ils font si bien exprimé dans leurs tableaux.
De la lumière et de la couleur (1865).
F. -J -A Rracquemond (1823-19 14).
Le contour et la forme. — Il faut bien se garder de prendre le contour pour la forme. Il n’en est qu’un élément, figuré par le trait , qui lui-même n’est qu’une formule essentiellement conventionnelle et secondaire donnant aux arts la plus grande
liberté et qui leur appartient en propre. C'est par lui que la forme humaine, ainsi que toutes les autres formes, est modifiée à chaque fluctuation des arts, c'est par lui que le principe ornemental joint et accouple des êtres, des choses, dissemblables et incompatibles. Il construit les combinaisons de la fantaisie la plus absolue, qui deviennent indiscutables comme vérité, comme justesse de forme, lorsque le contour respecte, par le modelé, la conformité indispensable entre la nature et l'art.
Du dessin et de la couleur (Fasquelle, éditeur).
Jacques Blanche (né en 1862).
Une forme n’est jamais trop précise. Si on la trouve trop insistée , c'est que cette forme est mauvaise.
Notes sur la Peinture moderne (Revue de Paris, janv. 1913).
E. Carrière (1849-1906).
Les formes ne sont pas par elles-mêmes, mais par leurs multiples rapports.
Ecrits et lettres choisies (Mercure de France, 1909).
Sérusier.
La synthèse des formes. — La synthèse consiste à faire rentrer toutes les formes dans le petit nombre des formes que nous sommes capables de penser, lignes droites, quelques angles, arcs de cercle et d'ellipse : sortis de là, nous nous perdons dans l’océan des variétés.
Cité par Maurice Denis. Théories (Librairie de l’Occident, 1912).
Planche 111
WATTEAU. — Etudes ( Musée du Louvre).
Si l’on voulait faire comprendre à un débutant ce que c’est que l’esprit dans le dessin, il faudrait lui mettre sous les yeux quelques-uns des dessins aux trois crayons de Watteau. Les croquis ci-dessus, par exemple, n’évoquent-ils pas toute la grâce légère du XVIIIe siècle ?
Planche IV
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